Enquête personnelle des attentats du 13 novembre 2015 - Contribution No. 1

La plupart des présumés assaillants des attentats du 13 novembre 2015 sont morts et ne peuvent s'expliquer. L'enquête de la commission parlementaire ne fit pas la lumière sur les attentats. Après avoir publié cinq ouvrages sur quatre attentats majeurs, je me suis penché sur les attentats du 13 novembre et compte partager mes résultats avec les lecteurs.

Les attentats du 13 novembre 2015 se divisent en trois épisodes qui peuvent être étudiés séparément: Les attentats du Stade de France, ceux des "terrasses" (des cafés et bars dans le 10e et 11e arrondissement de Paris), et celui du Bataclan.

La méthode que j'ai choisi pour examiner le bien-fondé du récit dit officiel est d'étudier chaque épisode séparément d'un point de vue criminologique avant d'avancer, s'il est nécéssaire, une théorie quelconque sur l'identité des auteurs et leurs instigateurs, sur leurs motivations et sur la stratégie. Il s'agit donc de pour moi d'examiner soigneusement toutes les données factuelles entourant les circonstances des attentats, en épluchant tous les témoignages, reportages, images, enregistrements et rapports officiels disponibles au public. Comme membre du public, je n'ai donc pas accès à des documents tenus au secret de l'instruction. Comme je l'ai fait avec mes livres publiés, je n'utilise par principe que des documents disponibles au public et refuse d'utiliser des documents qui me sont fournis confidentiellement. Cette méthode permet à tout lecteur de vérifier mes propos, les données que je présente et mes conclusions.

Avant de continuer je voudrai quand-même mentionner que trois journalistes, pour des raisons que je ne connais pas, ont obtenu l'accès au dossier d'instruction duquel ils ont extrait les données qui leur convenaient pour étayer leur livre "Les Coulisses du 13 novembre".  Ces journalistes n'ont pas voulu expliquer sur quelle base ils avaient obtenu cet accès priviligié.  Mes questions écrites au parquet de Paris sur ce sujet restent sans réponse.

Aujourd'hui, je présente ici la permière version de mon examen de l'épisode dit du Stade de France. Ce texte est publié pour la première fois et est donc ouvert aux commentaires des lecteurs.

Stade de France : Analyse des faits

Le Stade de France dans la banlieue de Paris fut le lieu d’incidents curieux le soir du 13 novembre 2015, curieux parce que trois présumés kamikazes se seraient donnés la mort pour une raison qui reste inconnue. Puisqu’aucun texte officiel ne décrit les faits, je vais les résumer, tels qu’ils furent présentés par les médias:

Le soir du 13 novembre 2015 se déroula au Stade de France un match amical de football entre la France et l’Allemagne. Environ 80 000 spectateurs assistèrent au match, dont le président français François Hollande et le ministre des affaires étrangères d’Allemagne Frank-Walter Steinmeier.

N’ayant pas pu rentrer dans le stade pour perpétrer un carnage, trois terroristes islamiques portant chacun une ceinture explosive, se firent exploser en dehors du stade. Toutefois, selon les toutes premières informations diffusées le soir-même vers 22 h 26, par exemple sur BFM TV, basées sur l’évaluation de l’état-major de la police, il s’agit d’explosions de grenades.

A 21 h 19 une première explosion retentit à hauteur de la porte-D du stade. À 21 h 22, une deuxième explosion se produit à proximité de la porte-H. À 21 h 53, une explosion — la troisième — retentit près d’un restaurant McDonald’s rue de la Cokerie, à quelques centaines de mètres du stade.

Le match s’acheva à 22 h 53. Alors que l’évacuation débute, un mouvement de panique fit refluer, à partir de 22 h 58, un grand nombre de spectateurs vers l’intérieur de l’enceinte.

La première explosion causa la mort d’un kamikaze et d’un passant, identifié comme Manuel Colaço Dias, un chauffeur de car. Les explosions causèrent des blessures, en partie graves, à des dizaines de personnes.

Les kamikazes furent par la suite identifiés comme Bilal Hadfi, citoyen français habitant en Belgique et deux individus présumés syriens. Les kamikazes semblent avoir agi sous l’inspiration ou la directive de l’Etat Islamique (Daech) coordonnant leur action avec celle des deux autres équipes de terroristes agissant dans Paris même. L’Etat Islamique revendiqua les attaques.

Brodant autour du récit officiel, les médias ont ajouté leur grain de sel. Le Figaro Online, par exemple, sous la plume de Christophe Cornevin et Paule Gonazlès, nous informe le 28 décembre 2015 qu’un « précieux témoin » dont l’identité n’est pas révélée, aurait raconté à la police que « trois inconnus chuchotant en arabe s’étaient insinués entre 20h30 et 20h45 dans la file d’attente située à l’entrée de la porte N [du stade] avant de se faire refouler. » La déontologie du journaliste? Ni vu, ni connu!

Nous allons structurer notre analyse des faits autour de cinq questions élémentaires et sept questions complémentaires.

Les questions élémentaires seront les suivantes:

1. Quand exactement eurent lieu des explosions aux alentours du Stade de France?
2. Où exactement eurent lieu ces explosions?
3. Où mourut Manuel Dias?
4. Qui déclencha les explosions?
5. Quelle est la crédibilité des témoins et la fiabilité de leurs témoignages?

Les questions complémentaires seront les suivantes:

6. Quel pourrait avoir été le motif des présumés kamikazes?
7. Quelle est la fiabilité des revendications attribuées à l’Etat Islamique?
8. Quels ont étaient les causes et effets du piétinement massif qui eut lieu lors d’un reflux de milliers de personnes vers le stade?
9. Des armes à feu étaient-elles utilisées ce soir autour du Stade de France ?
10. Qu’est-ce qui mena la police à entrer dans le McDonald’s avec des fusils à pompe et chercher un suspect avant la troisième explosion?
11. Qu’est-ce qui explique la rapidité extraordinaire avec laquelle la hiérarchie des forces de l’ordre a été informée sur la première explosion, présumée celle d’une bonbonne à gaz?
12. Que montrent les images de la vidéosurveillance?

Quatre personnes en particulier, dont trois musulmans, témoignèrent sur leur face-à-face avec des présumés kamikazes aux abords du Stade de France : Omar Dmougui, Salim Toorabally, Bley Mokono et Aca Pavlovic. Chacun de ces témoins fut interviewé plusieurs fois par les médias. Un seul d’eux — Omar Dmougui — fut auditionné par la commission d’enquête parlementaire. Il y avait d’autres témoins, mais seuls deux acceptèrent de raconter aux médias leur expérience en révélant leur patronyme et leur témoignage n’ajouta que peu aux témoignages des quatre témoins déjà cités.

En annexes (postés séparément) se trouvent des analyses détaillées des témoignages de chacun des quatre témoins majeurs.

1. Quand exactement eurent lieu des explosions aux alentours du Stade de France?

Selon le Rapport final de la Commission d’enquête parlementaire (que je citerai simplement comme « le Rapport final »), la première explosion eut lieu à 21 h 17 (Tome II, p. 104) ou à 21 h 20 (Tome II, p. 103). Ailleurs le Rapport place cette explosion à 21 h 19 (Tome I, p. 42-43, Tome II, p. 269). La Commission n’expliqua pas ces divergences. Selon le livre « les Coulisses du 13 novembre » (voir bibliographie), « il est 21 h 17 quand retentit la première explosion, à moins de 150 mètres en face de la porte-D, sur le trottoir de l’avenue Jules-Rimet, entre la baie vitrée de l’Events, bar a cocktails et restaurant à la française, et un stand installé à un ou deux mètres de cette baie. » (p. 57-58) Le procureur de la République, François Molins, annonça le soir du 14 novembre 2015 que la première explosion retentit à 21 h 20 et que la deuxième explosion se produisit près de la porte-H à 21 h 30 [1].

Si on se base sur le film du match de football qui débuta vers 21 h [2] entre la France et l’Allemagne, seules trois minutes et douze secondes s’écoulèrent entre les deux premières explosions : La première explosion se fit entendre à 16’22” et la deuxième à 19’34” à partir du coup d’envoi du match. Le film contredit l’affirmation du procureur, selon laquelle la deuxième explosion eut lieu 10 minutes après la première (voir ci-haut). Mais vu la facilité avec laquelle il est possible de manipuler une vidéo (couper, supprimer et insérer des séquences de sons et d’images) et les coupures visibles sur le film, sa valeur probatoire est minimale.

Selon le Rapport final, la deuxième explosion eut lieu à 21 h 22 (Tome I, p. 42-43, Tome II, p. 269). Les auteurs des Coulisses affirment, quant à eux — sans toutefois citer des sources — que la deuxième explosion eut lieu exactement à 21 h 20’22” (p. 59) et que la première explosion eut lieu à 20 h 17 (p. 57). Toutes ces informations se contredisent entr’elles et ne permettent pas une détermination définitive des temps des deux premières explosions. Pour des raisons qui deviendront plus évidentes par la suite, la commission n’a fait aucun effort pour déterminer les temps précis.

2. Où exactement eurent lieu ces explosions?

La commission n’a pas précisé dans son Rapport final où exactement les explosions avaient eu lieu. Elle se contenta de désigner approximativement les endroits, quoiqu’elle devait avoir accès aux détails précis.

Trois mois après les incidents, la commission n’avait apparemment pas encore reçu des précisions où chacun des présumés kamikazes trouva la mort. La plupart des médias affirmèrent savoir immédiatement que le nom du troisième kamikaze était Bilal Hadfi et qu’il se fit exploser près du McDonald’s. Mail Online du 15 novembre [3],  le Telegraph et Le Parisien du 17 novembre [4], affirmèrent cependant, qu’il était le deuxième kamikaze et se fit exploser devant la porte-H du stade. La chaîne de télévision luxembourgeoise rtl vacilla entre les deux versions.[5] Ici encore la Commission ne leva pas la confusion.

Selon le professeur Fréderic Adnet, directeur du SAMU 93, la troisième explosions aurait eu lieu « au niveau d’une file d’attente du McDonald’s » et provoqua « le plus grand nombre de cas d’urgence absolue. » (Rapport final, Tome II, p. 259). Selon le Rapport final, le premier bilan fait après les deux premières explosions était de six urgences absolues (UA) (Tome I, p. 44) alors que le bilan final du Stade de France s’élevait à sept UA (Tome I, p. 46). Les chiffres fournis par la Commission ne correspondent pas à la déclaration du professeur Adnet, selon laquelle la troisième explosion provoqua le plus grand nombre de cas d’urgences absolues.

3. Où mourut Manuel Dias?

La seule personne civile qui aurait été mortellement atteinte par une explosion aux abords du Stade de France est Manuel Colaço Dias, 63, un chauffeur de car (Rapport final, Tome II, p. 11). L’agent de sécurité Omar Dmougui, auditionné par la Commission, affirma avoir été témoin oculaire de la mort de Manuel Dias (voir analyse détaillée de son témoignage en annexe). Selon le témoignage d’Omar Dmougui, Manuel Dias succomba à la suite de la deuxième explosion qui aurait eu lieu près de la porte-G, à laquelle Omar Dmougui fut affecté (Tome II, p. 36). Le procureur de la République annonça par contre durant sa conférence de presse, samedi, le 14 novembre 2015 à 19 h, que la deuxième explosion avait eu lieu près de la porte-H (et non pas près de la porte-G) et ne causa que la mort du présumé kamikaze.[6] Il annonça aussi que deux corps avaient été découverts près de la porte-D, dont un appartenant à un passant, plus tard identifié comme Manuel Dias (et non pas près de la porte-G). Quant à Mme Sophie Dias, elle confirma devant la commission que c’était son père qui trouva la mort près de la porte-D, le site de la première explosion (Tome II, p. 11). Philippe Galli, préfet de Seine–Saint-Denis, écrit sur le site du Ministère de l’Intérieur que le corps du chauffeur de car, M. Dias, « s’est trouvé juste à côté du premier kamikaze. […] Les deux corps étaient totalement déchiquetés alors que des personnes à cinq mètres n’avaient que des blessures légères par rapport à ce qui aurait pu se produire. »[7]

Il s’agit ici de contradictions majeures entre les affirmations du procureur de la République, du préfet de Seine–Saint-Denis, confirmées par Mme Dias et celles du témoin Dmougui.

La commission parlementaire ne trancha pas sur la question. Elle laissa donc planer le doute sur la crédibilité du procureur de la République et du préfet de Seine–Saint-Denis. La raison pourquoi la commission maintint cette confusion est simple : En ignorant les affirmations du procureur de la République, du préfet de Seine-Saint-Denis, et de Mme Dias, la commission évita de se voir dans l’obligation de qualifier Dmougui un faux témoin. Une telle désignation aurait soulevé des questions extrêmement embarrassantes pour la commission : qui avait invité Omar Dmougui, lui seul parmi les témoins du Stade de France, à témoigner devant la commission ? Comment fut sa crédibilité vérifiée? Pourquoi la commission ne fit-elle pas d’effort pour vérifier sa présence au Stade de France et corroborer son récit par des tiers ? Et comment pouvait Dmougui échapper aux effets injurieux de l’explosion ?

4. Qui étaient les personnes qui déclenchèrent les explosions?

Si l’on se base sur le récit semi-officiel, il s’agit de trois kamikazes islamistes, dont un jeune français de 20 ans qui vivait en Belgique (Bilal Hadfi) et deux syriens qui seraient arrivés en France parmi de nombreux réfugiés. Tous les trois auraient agi au nom de l’État islamique.

Il serait donc intéressant d’examiner comment ils ont été identifiés.

Présumant, à titre d’argument, que les incidents n’étaient pas anticipés par les services de sécurité français, la première démarche aurait été d’identifier leurs corps déchiquetés.

Selon le Rapport final (Tome I, p. 62), la première dépouille fut « identifiée » le soir même du 13 novembre à 23 h 55 comme appartenant à Ahmad Al Mohammad. L’identification se basa sur un faux passeport syrien retrouvé en état lisible « sur » l’un des hommes du commando du Stade de France. Ailleurs, le Rapport final indique que ce faux passeport avait été découvert « à proximité » de son corps (Tome I, p. 286).

Quant au faux passeport du deuxième présumé kamikaze, portant un nom semblable (Mohammad Al Mohmod), le Rapport final indique seulement qu’il ne fut découvert que le lendemain (Tome I, p. 286). Le délai entre ces trouvailles n’a pas été expliqué. Dans un premier temps, les autorités informèrent les médias que le deuxième passeport était égyptien[8]. Apparement, les autorités auraient trouvé sur les lieux un passeport appartenant à Waleed Abdel Razzak, ressortissant égyptien de 27 ans, qui fut gravement blessé lors d’une des explosions et le soupçonnèrent initialement être « le kamikaze [9] ». Son nom ne figura pas initialement sur la liste des blessés traités dans les hôpitaux de Paris [10]. Une telle confusion n’est pas concevable, à moins que la dépouille du présumé kamikaze ne présenta aucun signe de lésions causées par une explosion et qu’une décision avait été initialement prise de désigner M. Abdel Razzak comme « le kamikaze ». Selon Amnesty International, une personne du même nom, Walid Abdel Razzak, aurait accusé la police égyptienne en 2010 de jeter le corps torturé de l’étudiant Ahmed Shaaban dans un canal [11]. Seuls des militants courageux pour les droits de l’homme oseraient émettre une telle accusation en Egypte. Est-ce la même personne? Aucun média français ne mentionna son cas. La Commission parlementaire ne le mentionna pas non plus. Depuis novembre 2015, on n’a plus des nouvelles de M. Abdel Razzak. Son silence est troublant.

On comprend bien, dès lors, qu’il n’est pas possible de déterminer avec certitude les identités des présumés kamikazes qui ont trouvé la mort lors des deux premières explosions. La Commission parlementaire ne demanda pas à consulter leurs passeports qui survécurent les explosions pour examiner leur condition.

Quant au troisième présumé kamikaze, Bilal Hadfi, il aurait été identifié grâce “à la comparaison des traces papillaires faite par Interpol”(Rapport final, Tome I, p. 65). On ne sait pas quand et comment Interpol s’était procuré ses traces papillaires.

D’après des sources de sécurité belges qu’on ne peut vérifier, Bilal combattit avec Daech en Syrie au printemps de l’année 2015 [12]. Quoique bien informés sur son voyage en Syrie, les services de sécurité belges prétendent l’avoir perdu de vue après son retour en Belgique fin août 2015, alors qu’ils avaient pu déterminer que Salah Abdeslam le chercha le 30 août 2015 à Kiskoros en Hongrie [13]. Seighild Lacoere, porte-parole du Ministère de la justice belge, déclara au Washington Post: « Nous savions que Hadfi était parti pour la Syrie et est de retour. » Pendant deux semaines, les services de sécurité l’ont mis sur écoute la ligne téléphonique de la maison où il vivait à Molenbeek. »Mais quand il n'a pas été trouvé à la maison, ils ont dû arrêter les écoutes, conformément aux exigences légales ", dit-elle [14]. Simple carence?

Encore faut-il se demander si les trois présumés kamikazes avaient déclenché les explosions par eux-mêmes. Notons que personne n’a aperçu leur gestes fatals.

Certaines questions concernant Bilal Hadfi restent, pour ce moment, sans réponse:
1. Qui l’a radicalisé?
2. Qui a organisé son voyage en Syrie?
3. Qui a renseigné les autorités sur son voyage et sur ses activités en Syrie?
4. Pourquoi ignoraient-elles les autorités belges sa radicalisation après avoir été averties par son école [15] ?
5. Pourquoi la famille de Bilal dut attendre plus que six semaines pour obtenir sa dépouille [16]?

Notons particulièrement le désintérêt des autorités belges et françaises, de la commission parlementaire et des médias à identifier les personnes qui ont radicalisé Bilal et facilité son voyage en Syrie. Aucun de ceux-là n'a été nommé ou inculpé.

5. Crédibilité des témoins

(a) Témoin Omar Dmougui

Omar Dmougui fut le seul présumé témoin du Stade de France que la commission parlementaire auditionna. Il n’a pas été révélé qui l’avait choisi et chaperonné, comment sa crédibilité avait été vérifiée et qui l’a préparé pour son témoignage. Dmougui raconta qu’il travailla comme agent de sécurité sur la porte-G du Stade de France, et aurait empêché un kamikaze de pénétrer dans le stade. Sa prestation devant la commission, en partie filmée, montre une personne blafarde dont le discours est balbutié et sans expression. Une analyse plus détaillée des témoignages de Dmougui se trouve en annexe.

  1. Personne ne confirma la présence d’Omar Dmougui aux abords du Stade de France le soir du 13 novembre 2015.
  2. Dmougui affirma devant la commission parlementaire que le 13 novembre 2015 était pour lui “un jour comme un autre”, alors que selon Le Parisien qui l’a interviewé auparavant, Dmougui travailla ce soir-là «pour la première fois au Stade de France.”
  3. Dmougui dit qu’il a survécu à la deuxième explosion qui aurait eu lieu près la porte-G, à laquelle il fut affecté, alors que toutes les autres sources placent cette explosion près de la porte-H.⁠
  4. Dmougui décrivit un “papa, type européen” qui aurait péri devant ses yeux lors de la deuxième explosion, alors que la fille du décédé, Mme Sophie Dias, ainsi que le procureur de la République et la presse,⁠ affirmèrent que M. Dias fut atteint par la première explosion près de la porte-D.
  5. Dmougui raconta au journaliste du Parisien que des secouristes l’ont allongé “tout près des restes du kamikaze », alors que dans l’interview filmée de BFM TV, il dit qu’il s’était soi-même allongé à côté d’une victime, le « papa, type européen », qui lui demanda de lui aider et mourut après cinq minutes.
  6. Dmougui raconta à la commission qu’entre la première explosion et sa rencontre avec le kamikaze se seraient écoulées 15 à 16 minutes, alors que la commission détermina qu’entre les explosions seules trois minutes se seraient écoulées.
  7. Dû à sa proximité physique au présumé kamikaze, telle que Dmougui lui-même avait établie, il était pratiquement impossible pour lui d’avoir échappé à l’explosion sans lésions, sauf si son histoire est factice.
  8. Dmougui raconta à la commission que son titre de séjour en France expirerait dans les prochains jours et qu’il ne sait pas «ce qui va se passer». Il insinua de la sorte son désir d’avoir sa situation en France régularisée. Son désir fut vite exaucé: Il obtint la citoyenneté française,⁠ reçut une médaille de la sécurité intérieure de la main du ministre de l’intérieur⁠ et une pension à vie comme un ancien combattant.⁠ Cette triple contrepartie fut accordée à Omar Dmougui sur la seule base de ses dires.

L’audition de Dmougui présenta la commission avec de frappantes contradictions and invraisemblances, qui auraient dû suffire pour le taxer de faux témoin. Il n’en fut rien. Omar Dmougui passa une grande partie de l’année 2016 dans un hôpital militaire où il reçut un traitement psychiatrique. Après un an de traitement dans cet hôpital, dans lequel il ne côtoya que des militaires, nous apprenons qu’il « ne peut pas dormir, ne peut pas manger. Il est nourri artificiellement [17]. »

(b) Témoin Salim Toorablly

Selon la presse, un agent de sécurité au nom de Salim Toorabally, originaire de l’île Maurice, aurait empêché un présumé kamikaze de se faufiler dans le Stade de France [18]. Toorabally aurait, par son acte, empêché cette personne de se faire exploser parmi les nombreux spectateurs du stade et causer un vrai carnage. En reconnaissance pour son acte il fut déclaré héros par la presse [19],⁠ décoré par le ministre de l’intérieur [20],⁠ invité à tenir des conférences aux Etats-Unis⁠ [21] et reçut même un prix des mains du directeur d’Interpol [22].⁠ Une analyse plus détaillée des témoignages de Salim Toorabally se trouve en annexe.

Salim Toorabally raconta que le soir du 13 novembre 2015 était la première qu’il travailla au Stade de France [23], comme ce fut le cas d’Omar Dmougui.

Toorabally raconte à qui veut entendre qu’il refoula un présumé kamikaze vers 20 h 15 et l’empêcha de rentrer dans le stade sans ticket puis le perdit de vue. Selon Le Monde [24] et Libération [25], les présumés kamikazes ne seraient partis de Bobigny qu’à 20 h 29 en direction du Stade de France. Ce trajet devrait prendre au moins 20 minutes. Si les informations publiés par ces journaux sont fiables il s’en suit de toute évidence que les présumés kamikazes ne pouvaient pas se trouver sur les lieux à 20 h 15. Salim Toorabally aurait donc refoulé quelqu’un d’autre ou inventé son récit.

Alors que Toorabally fut ignoré par la commission parlementaire et que personne n’ait corroboré son récit et sa présence aux abords du Stade de France, les grands médias du monde – des médias américains, britanniques, suédois, allemands, belges, français et ceux de l’île Maurice – l’ont célébré sur ses seules dires comme un héros qui aurait empêché un carnage, un rôle auquel il se prête avec complaisance.

(c) Témoin Bley Bilal Mokono

Bley Bilal Mokono, candidat aux élections du PS, raconta aux médias avoir côtoyé et frôlé deux « kamikazes » dans une brasserie aux abords du Stade de France le soir du drame. Mokono dit avoir frôlé ces « kamikazes » en allant ou revenant des toilettes de cette brasserie [26]. Il était là en compagnie de son fils Ryan et de son ami Rachid Temal, membre du bureau national du PS. Mokono raconta initialement que l’explosion eut lieu à 10 ou 15 mètres de distance. Plus tard il estima la distance à 3 mètres. Il se considère miraculeux pour avoir survécu l’explosion. Il affirma plus tard avoir aperçu trois « kamikazes , dont Salah Abdeslam. Il affirma qu’il était le seul témoin de la première explosion aux abords du Stade de France.

À ma connaissance, Mokono n’a pas été confronté aux photos des personnes qu’il avait frôlés dans la brasserie. Il n’a pas été auditionné par la commission d’enquête. Il a été, par contre, interviewé au moins une douzaine de fois par des puissants médias français et étrangers, parfois longuement. Dans ces interviews, son rôle politique et ses relations avec les hautes autorités gouvernementales furent occultés. Il fut présenté comme un citoyen ordinaire qui se trouva par hasard au lieu d’un attentat.

Une analyse fouillée des témoignages de Mokono, se trouve en annexe. De cette analyse se dégagent seize contradictions et anomalies qui mettent en doute la crédibilité de Mokono.

(d) Témoin Aca Pavlovic

Selon Sébastian Thomas, journaliste du Parisien, Aca Pavlovic (son prénom se prononce Atsa) un franco-serbe, et sa femme, ainsi qu'une partie de leur famille, qui normalement vendaient des écharpes et des drapeaux à l'entrée du Stade de France, furent gravement atteints par l’explosion d’un des présumés kamikazes près du McDonald’s. M. Thomas interviewa Aca Pavlovic plusieurs fois, pour la première fois trois semaines après l’incident, alors que Pavlovic se trouva dans un hôpital [27].

Pavlovic dit qu’il avait suivi des yeux une personne au comportement étrange aux alentours du McDonald’s et pense que c’est bel et bien cette personne qui se fit exploser par la suite. Pavlovic ne fut pas, à notre connaissance, confronté au corps ou à la photo de cette personne pour l’identifier.

Initialement, Pavlovic estima la distance entre le kamikaze et soi-même à deux-trois mètres [28]. Plus tard, il estima cette distance de près de 30 mètres [29]. Il dit aussi avoir été atteint par une trentaine de boulons [30] mais raconta que les docteurs le considèrent comme un miraculeux puisque aucune veine, aucun tendon et aucun os n’avait été touché [31].

Selon Aca Pavlovic, des agents de police approchèrent le McDonald’s avec des fusils à pompe avant la troisième explosion, montèrent au premier étage du restaurant pour chercher un suspect et évacuèrent les clients du McDonald’s vers la rue [32]. Son récit suggère que la police non seulement soupçonnait où se cachait un présumé terroriste mais en évacuant les clients du McDonald’s vers la rue, les mettaient en danger. Sa description a été corroborée par deux témoins indépendants [33].

Ce témoignage explosif fut occulté par la commission parlementaire et ne suscita aucune réaction de la police. Une analyse plus détaillée des témoignages de Aca Pavlovic se trouve en annexe.

(e) Témoin inconnu

Selon un « précieux témoin » désigné comme tel par le Figaro du 28 décembre 2015,

trois inconnus chuchotant en arabe s'étaient insinués entre 20 h 30 et 20 h 45 dans la file d'attente située à l'entrée de la porte N [du Stade de France] avant de se faire refouler. Sur un cliché, il a notamment reconnu la personne qui portait un passeport au nom d'Ahmad al-Mohammad, qui se fera exploser à 21 h 17 au niveau de la porte D, mais aussi... Salah Abdeslam, qui a conduit selon toute vraisemblance le commando en Renault Clio jusqu'à Saint-Denis.

On n’a plus entendu parler de ce « précieux témoin » ni de trois arabes qui s’étaient « insinués » dans une file d’attente située à l’entrée de la porte N. Qui inventa ce témoin?

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Trois de ces témoins furent dûment récompensés par les autorités françaises pour leurs services rendus à l’Etat (les témoignages). Le quatrième, Aca Pavlovic, fut ignoré.

• Omar Dmougui obtint sa citoyenneté française, le statut d’un ancien combattant et fut décoré par le ministre de l’intérieur
• Salim Toorabally reçut une promotion médiatique mondiale, des invitations outre-atlantique pour tenir des conférences sur la sécurité, fut décoré par le ministre de l’intérieur et honoré par le directeur d’Interpol
• Bley Bilal Mokono obtint un emploi de conseiller technique dans le ministère de l’intérieur.


6. Quel était le motif des présumés kamikazes?

Le fait que les trois présumés kamikazes explosèrent au-delà des foules et ne causèrent que la mort d’une seule personne, tracassent plus d’un.

Ainsi un certain enquêteur, resté anonyme, exprima ce que de nombreux observateurs se demandent : « Il n’y a aucune logique… S’ils voulaient faire le plus de dégâts, ils auraient dû agir à l’arrivée ou à la sortie des spectateurs. Là, on a l’impression qu’ils se font sauter sans raison. C’est assez incompréhensible. » Ce sentiment fut partagé par un agent de sécurité, qui pria aussi de rester anonyme : « Le mec s’est fait péter devant nous. Mais pourquoi ne s’est-il pas avancé vers nous ? S’il s’était fait sauter une demi-heure avant, ça aurait été un carnage [34]. »

Certains pensent que les présumés kamikazes ne connaissaient pas les lieux et pensaient s’infiltrer aisément, même sans billet, dans le stade. Une autre explication serait qu’ils arrivèrent trop tard pour se faire exploser au milieu des spectateurs qui se patientaient devant les tourniquets pour entrer. Une troisième explication est que leur but aurait été de faire diversion afin de faciliter l’opération des équipes dans Paris même.

Les présumés kamikazes auraient facilement pu attendre la fin du match pour se faire exploser parmi les foules sortantes ou au moins se faire exploser dans les restaurants où ils étaient aperçus. Leur action n’a pas retardé le déploiement des forces de l’ordre et des secours vers les sites des attaques dans Paris. Le comportement des trois présumés kamikazes ne semble pas indiquer qu’ils s’apprêtèrent à tuer quiconque.

La commission n’a pas examiné l’hypothèse selon laquelle les explosions pourraient avoir été déclenchées par télécommande. Or aucun témoin ne vit un présumé kamikaze s’apprêter à se faire exploser. Les images de la vidéosurveillance auraient pu résoudre cette question. Mais elles n’ont jamais été consultées ou ne permettent pas à étayer le récit officiel.

7. Quelle est la fiabilité des revendications faites par l’Etat Islamique?

Aucun journal français ne signala d’où provenait la prétendue revendication des attentats par l’Etat islamique. Le Figaro Online indiqua que la revendication fut découverte quelque part…sur le internet. Allez figurez où!

Puisqu’il n’est pas possible de vérifier la provenance de revendications attribués à l’Etat islamique et donc leur authenticité, il n’y a aucun intérêt à s’attarder à les analyser mot-à-mot.

La réticence des médias à dévoiler la provenance de ce document ne devraient pas étonner ceux qui connaissent la matière. Mail Online révéla le 14 novembre 2015 que ce sont les experts de SITE Intelligence Group qui les premiers auraient « vu » le texte de cette revendication [35]. SITE Intelligence Group, situé non loin du quartier général de la CIA, est un bureau de renseignement privé géré par l’israélienne Rita Katz. Time Magazine, de son côté, raconta que SITE aurait « découvert » la revendication de l’Etat islamique cachée « sur la plateforme de Telegram. » SITE a également publié « un enregistrement audio de la déclaration en arabe, conformément aux communiqués précédents [36]. » L’Etat islamique n’envoie donc pas ses messages directement aux agences de presse, mais s’assure de leur distribution par une entreprise privée israélo-américaine. Cette coopération semble à première vue insolite. De nombreux médias européens sont d’ailleurs abonnés aux services de cette entreprise israélo-américaine, qui seule connait ses vrais fournisseurs.

8. Quels ont étaient les causes et effets du piétinement massif dont faisaient état des témoins?

Sept personnes firent état d’un mouvement de panique et d’un piétinement massif lors du reflux de quelques milliers de spectateurs vers le Stade de France après le match. Il s’agit de Abdelaziz Boucenna, [37] Emmanuel Schmitt, [38] Simon Hunter, [39] Frédéric Pizzuto,[40] Tino de Susa, [41] Bernard Lion et Antoine Girard [42] et Steve McCurry [43]. Dans un long reportage diffusé par 66minutes le 14 novembre 2015, le journaliste Bernard Lion de l’Equipe commenta ainsi sur ce reflux :

J’ai vu des choses que je n’ai jamais vues de ma vie, des femmes se faire piétiner, des personnes plus âgées qui étaient moins mobiles, se faire renverser, se faire piétiner, piétiner ; des enfants se faire piétiner, c’était des visages (sic) d’apocalypse, et là, une peur mais parmi les gens qui était incroyable, parce que les gens hurlaient comme s’ils avaient vu le diable ou la fin du monde [44].

Ce témoignage n’a jamais été répété. Certains témoins évoquèrent comme raison pour le reflux vers le stade des rumeurs que des terroristes ont été aperçus avec des mitraillettes. Pendant ce reflux, de nombreuses personnes auraient été piétinées et blessées. Ces informations ont été largement occultées par les médias et ignorées par la commission parlementaire.

Le Rapport final de la Commission nous informe sur ce reflux:

Alors que l’évacuation débute, un mouvement de panique fait refluer, à partir de 22 h 58, un grand nombre de spectateurs — 2000 à 5000 — vers l’intérieur de l’enceinte. D’après le responsable du pôle sûreté et sécurité de la FFF, « un groupe de spectateurs est revenu dans le stade, par le secteur Sud, à la suite de l’explosion de pétards près de l’autoroute A86, en allant vers le RER D.  […] Ils attendront [sur la pelouse] 20 à 25 minutes, le temps pour les forces de police de trouver l’origine des explosions (!), avant que les stadiers ne les fassent progressivement sortir, dans le calme, en « ratissant » la pelouse. (Tome I, p. 46)

La Commission n’a pas cité une seule source pour étayer son affirmation que les spectateurs avaient reflué au stade à la suite d’une « explosion de pétards. » Elle ne mentionna pas le piétinement.
Une autre explication pour ce reflux a été proposée par deux Villeneuvois, Christophe Daniel et Valérie Raspaud. Ils racontèrent à la Dépêche du Midi :

Après le match, les gens ont commencé à sortir du stade en suivant les indications. Puis “on a entendu les premiers cris de terreur des personnes qui passaient à côté de l’endroit où les kamikazes s’étaient fait exploser. Il y a alors eu un reflux vers l’intérieur du stade : on a cru que des terroristes revenaient avec des bombes ou avec des fusils. [45]

Qui avait demandé aux spectateurs de passer « à côté de l’endroit où les kamikazes s’étaient fait exploser », déjà clôturé par la police ?

Le témoignage d’une autre personne, Francine, tend à corroborer celle des Villeneuvois. C’est seulement à la fin du match que Francine dit avoir réalisé qu’il se passait quelque chose de grave : « Sur les écrans [du stade], on nous indiquait de rejoindre uniquement les sorties nord et ouest du stade. En remontant les escaliers, on est alors tombé sur des gens qui revenaient en courant : ils criaient ‘il y a des kamikazes, ils sont cagoulés et armés.’ Il y a eu un vent de panique. Des enfants et des adultes pleuraient. Nous sommes redescendus vers la pelouse. Il y avait des consignes en ce sens. [46] » Qui étaient les personnes cagoulées et armées qui avaient inspiré cet effroi et causèrent la panique ?

9. Autres blessés occultés

Le président de la Commission, M. Fenech, écrit dans le Rapport officiel, en ce qui concerne les victimes aux abords du Stade de France:

On a parlé d’un mort, mais trente personnes étaient présentes, dont huit ont été grièvement blessées. Elles ont été oubliées pendant plusieurs semaines. Avec l’aide de journalistes, de la population qui s’était mobilisée, et des militaires, nous avons retrouvé la trace de ces victimes défavorisées, des Roms ou des SDF, qui n'avaient pas été enregistrées tout de suite. (Tome II, p. 25)

Cette information soulève des questions: Pourquoi ces personnes n’avaient pas été enregistrées le soir du drame? Les secouristes ne s’occupèrent pas de ces blessés? Qu’est-ce qui explique qu’aucun journal n’en parla? Où exactement se trouvèrent ces victimes lors des explosions? Pourquoi aucun d’eux n’a témoigné?

Un écart considérable existe entre le faible nombre de tués (une seule personne) et celle des blessés. Selon le Rapport final, le bilan définitif du Stade de France était — outre les quatre personnes décédées, dont trois présumés kamikazes — « sept urgences absolues et 52 urgences relatives. » (Tome I, p. 46). Même ce chiffre ne correspond pas à celui mentionné plus haut concernant les victimes Roms ou SDF (« huit grièvement blessées »). Selon Les Coulisses, il y aurait même eu « une centaine » de blessés au Stade de France, « dont 20 graves. » (p. 61). Combien d’eux furent blessés par le piétinement ? Pourquoi était-il si difficile à déterminer les chiffres précis des blessés et désigner les endroits précis où ils furent atteints?


10. Des armes à feu étaient-elles employées autour du Stade de France ce soir ?

Deux témoins qui se trouvaient au Stade de France prétendent avoir entendu des fusillades.

• Agnès Dumont est citée par le New York Times comme suit : « Nous avons entendu quelque chose qui ressemblait à une bombe détonante ainsi qu’une fusillade. » Agnès Dupont était au match avec son mari et ses deux jeunes enfants. [47]

• Mark Cowan qui travaille pour le British Council à Limoges, fut cité par des journaux britanniques comme suit : « Une fois les explosions déclenchées, nous étions enfermés à l’intérieur [du stade]. C’était de la pure terreur. Nous ne savions pas ce qui se passait et ce qui allait se passer ensuite. Nous pouvions entendre des coups de feu dans le restaurant où une autre attaque avait eu lieu. J’étais juste paniqué et terrifié. [48] »

Selon « les Coulisses » , un des blessés « témoignera devant les policiers qu’un homme armé d’une kalachnikov a fait feu dans le Quick transformé en poste médical. » Les auteurs commenteront ce témoignage comme suit : « Ceux-ci sont terrorisés. À tel point que leur cerveau leur joue des tours » (p. 171). Notons que le témoignage de la personne blessée, accusée par les auteurs des « Coulisses » de fabuler, a été corroboré par le témoignage indépendant de Mark Cowan (ci-haut). La commission a ignoré ces témoignages, qui auraient dû susciter un examen rigoureux.

Un Libanais de 30 ans qui s’est fait partie civile dans le procès de Jawad Bendaoud, mais dont le nom ne figure pas dans le compte-rendu des audiences, témoigna au tribunal le 31 janvier 2018. Lui aussi mentionna des coups de feu aux alentours du Stade de France: « Quand j’ai commencé à entendre des explosions ou des tirs dans la nuit j’ai cru que ça venait du même endroit, du Stade de France. » [49]

11. Qu’est-ce qui suscita la police à entrer dans le McDonald’s avec des fusils à pompe, chercher un suspect et évacuer le restaurant quelques minutes avant la troisième explosion?

C’est à Aca Pavlovic que revient le crédit d’avoir eu le courage de raconter l’histoire suivante sous son propre nom (voir aussi l’analyse détaillée de ses témoignages).

Pavlovic raconta qu’il avait vu des policiers s’avancer avec des fusils à pompe vers le McDonald’s et monter au premier étage du restaurant à la recherche d’un individu suspect. Ils auraient ensuite évacué les clients du restaurant, tout cela avant la troisième explosion qui eut lieu à l’extérieur du restaurant.

Avant d’accuser Pavlovic de fabuler, notons que son observation a été confirmée par deux autres personnes, indépendantes l’une de l’autre. « Les Coulisses » (p. 171-172) citent un dénommé Ivan qui retourna au McDonald’s avant la troisième explosion. Il raconta que « des policiers, les armes à la main, pénètrent soudainement dans l’établissement, montent à l’étage, à la recherche d’un individu suspect. »

Un troisième témoin, Stéphane, fut cité par le journal britannique The Telegraph du 14 novembre 2015, c.-à-d. au lendemain des incidents. Stéphane fit la déclaration suivante :

J’attendais au comptoir [du McDonald’s] pour faire une commande, lorsque deux policiers armés furent irruption. L’un courut à l’étage avec son arme tendue, tandis que l’autre est resté au rez-de-chaussée et observa les gens qui s’y trouvaient. Puis les agents de sécurité ont demandé à tout le monde de partir. Les gens sont donc sortis rapidement. Je suis allé à mon l’hôtel et en entrant dans ma chambre, j’ai entendu la troisième explosion. J’ai regardé dehors et j’ai vu des gens courir dans la rue et crier. [50]

Stéphane dit qu’il essaya de comprendre pourquoi l’agent de police est monté à l’étage avec son arme en main. Le kamikaze était-il là-haut ? Ou était-ce juste un contrôle aléatoire après les deux premières explosions ? se demanda-t-il.

Présumant qu’il ne s’agit pas de trois fantaisistes, la question se pose : que fit la police au McDonald’s avant la troisième explosion et qui cherchait-elle au premier étage ? Pourquoi évacua la police le restaurant ? Quelle relation y avait-il entre cette intervention policière et l’explosion qui eut lieu quelques minutes plus tard à proximité ? Avant même de considérer les raisons qui menèrent la police au premier étage du McDonald’s et à l’évacuation du restaurant, deux questions majeures se posent : pourquoi la commission d’enquête ignora-t-elle ces témoignages explosifs ? Et pourquoi la police garde-t-elle le silence sur cette intervention ?

12. Qu’est-ce qui explique la rapidité extraordinaire avec laquelle les plus hauts niveaux des forces de sécurité ont été informés sur la première explosion, présumée celle d’une bonbonne à gaz?

Selon le Rapport final de la commission (Tome I, p. 43), la première explosion retentit à la hauteur de la porte-D du Stade de France à 21 h 17, 21 h 19 ou 21 h 20. La direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) était déjà avisée par radio à 21 h 19 [51]. Celle-ci diffusa l’information au cabinet du préfet de police de Paris et aux états-majors des directions actives de la préfecture à 21 h 21 [52]. L’information parvint simultanément à la brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) et au service d’aide médicale urgente de Seine–Saint-Denis (SAMU 9 [53]). Notons, qu’à cet instant, comme l’indique le rapport (Tome I, p. 43), « la notion d’attentat n’est pas encore évoquée — il est question de l’explosion d’une bouteille de gaz. » On déduira donc que c’est à cause d’une présumée explosion d’une bonbonne à gaz que l’information monta immédiatement jusqu’au cabinet du préfet de police de Paris. Est-ce d’usage de transmettre sur le champ de tels faits divers au plus haut niveau ?

Selon le Rapport final, le directeur de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP), Jacques Méric, fut informé à 21 h 23 par le chef de la salle de commandement de sa direction de la survenue « d’explosions [pluriel – E.D.] aux abords du Stade de France. » (Tome I, p. 44). Même si la deuxième explosion se produisit à 21 h 22, c.à.d. une minute auparavant, il est fort improbable qu’une information sur des explosions (en pluriel) puisse avoir atteint M. Méric en l’espace de 60 secondes, et certainement pas si cette explosion n’eut lieu qu’à 21 h 30 (ce que le procureur de la République affirma le 14 novembre).

S’il est étonnant qu’un soupçon d’une explosion d’une bonbonne à gaz soit communiqué sur le champ au préfet de police de Paris, il est encore plus étonnant que la BRI (Brigade de recherche et d’intervention) avait été informée immédiatement de cet incident. La mission de la BRI inclut-elle l’intervention aux cas d’accidents de cuisine ?

Dans une audition tenue à huis clos le 10 mars 2016, dont les propos furent cependant publiés dans le Rapport final, Georges Fenech, le président de la Commission, s’adressa à Christophe Molmy, chef de la BRI, en ces termes : « À 21 h 19, puis à 21 h 21, le 13 novembre, monsieur Molmy, vous avez été informé de l’explosion de deux kamikazes au Stade de France. » (Tome II, p. 170). Selon le président de la Commission, M. Molmy fut donc informé que deux kamikazes s’étaient explosés au Stade de France avant même que la seconde explosion eut lieu à 21 h 22 ou à 21 h 30.

Christophe Molmy ne contredit pas les affirmations de Georges Fenech. Il préféra faire comme s’il ne réalisait pas leur portée, et répondit sans préciser quand exactement il fut informé des explosions :

J’ai en effet été informé par mes collaborateurs. […] Les fonctionnaires qui travaillent au sein de ces services se connaissent, se parlent et, bien évidemment, dès les premières explosions au Stade de France, ils se sont appelés, si bien que, par ricochet, après quelques minutes, j’ai été avisé de la première explosion. Comme tout le monde, j’ai espéré qu’il ne s’agissait que d’un accident — de l’explosion d’une baraque à frites par exemple — ; mais, dès la seconde explosion, les premiers éléments laissant penser que des kamikazes étaient impliqués, nous avons pris conscience qu’il s’agissait d’attentats. (Tome II, p. 170)

Plus tard, Christophe Molmy avança une nouvelle version comment il avait été informé. Il fut cité par « les Coulisses » (p. 55-56) comme suit : « Quand notre dépiégeur de permanence à Saint-Denis m’a téléphoné pour me prévenir juste après la première explosion qu’il s’agissait d’un kamikaze, j’ai tout de suite compris qu’on passait un cran au-dessus. »

Selon le Rapport final (Tome I, p. 44), se basant sur la chronologie établie par la direction régionale de la police judiciaire [de Paris] (DRPJ), la salle d’information et de commandement de la DRPJ apprend à 21 h 30 par la DSPAP que trois explosions ont eu lieu au Stade de France, alors que la troisième explosion n’avait eu lieu qu’à 21 h 53. Encore une communication prématurée ?

S’agit-il ici de bavures semblables à celle révélée par la BBC le 11 septembre 2001 ? Ce jour-là, la BBC informa le public vers 17 h (heure de New York) que le gratte-ciel WTC No. 7 à New York s’était effondré, alors qu’il était encore intact et même visible à l’horizon derrière la correspondante de la BBC à New York. Ce bâtiment ne s’effondra qu’après 24 minutes. Cette bavure prouva que son effondrement avait été anticipé.

Si la chronologie publiée dans le Rapport final de la commission parlementaire, citée ici, est correcte, elle indique que la police et la BRI avaient anticipé les incidents. La portée de cette conclusion est évidemment bouleversante.

13. Que montrent les images de la vidéosurveillance?

Le 16 novembre 2015, nous lisons dans un des journaux du Midi (l’Indépendant) à propos du Stade de France :

Grâce aux caméras de surveillance, dont les images sont en cours d’analyse, les enquêteurs tentent de reconstituer le parcours des trois hommes, de trouver comment et quand ils sont arrivés, ce qu’ils ont fait, de savoir si l’un d’entre eux a tenté de pénétrer dans l’enceinte.

D’après les « Coulisses » (p. 53), les caméras automatiques de la vidéosurveillance tournent en permanence et ont une vision lointaine. Certaines peuvent même être controlées à la main par un opérateur, lui permettant, à partir de la salle de contrôle du stade, de zoomer sur un point ou une personne en particulier.

Philippe Galli, préfet de Seine–Saint-Denis, écrit sur le site du Ministère de l’Intérieur qu’après avoir entendu, lors du match, « un énorme bruit » qui ne ressemblait pas à celui de pétards, il monta immédiatement au PC Sécurité du stade. Là, un des officiers présents lui montra « des images vidéo d’un individu se faisant exploser à la porte-H, soit la deuxième explosion. » [54]

Les auteurs des « Coulisses », qui, selon leurs propres dires, possédaient un accès privilégié à l’intégrale de la vidéosurveillance, tracent dans leur livre avec précision les déambulations des présumés kamikazes aux alentours du Stade de France. Ici un petit exemple (p. 59) :

Au même moment, sur les images des vidéos on retrouve Mohammad al-Mahmod. Il semble errer seul sur l’avenue Jules-Rimet quasiment vide. À 21 h 19 min 15 s, il se tient devant la porte-H, reste immobile cinq secondes, puis marche vers la porte-G, s’arrête, regarde vers les tribunes. Il s’approche d’un rassemblement d’une vingtaine de personnes devant la porte puis s’éloigne et repart vers l’entrée H.

Malgré ce système puissant de vidéosurveillance et sa valeur probatoire, la commission parlementaire ne s’est pas prévalu de ces images pour déterminer avec précision le déroulement des faits et vérifier la présence des protagonistes sur les lieux. Le secret maintenu sur ces images indique que leur publication pourrait ébranler le récit officiel et causer une crise politique.

Conclusions

De cette analyse il découle, qu’il ne reste pratiquement rien de concret et de vérifiable sur ce qui se déroula aux abords du Stade de France le soir du 13 novembre 2015, sauf deux faits : (1) trois explosions avaient bel et bien eu lieu près du Stade de France ce soir, dont les auteurs et circonstances restent largement occultés ; (2) quatre corps furent découverts aux sites des explosions et un nombre indéterminé de personnes a été blessé en raison d’explosions, du piétinement et possiblement de coups de feu. Tout le reste est flou, voilé et ignoré.

Avant même de commencer son travail, la commission parlementaire présuma que les auteurs des attentats étaient des islamistes (p. 11). Il ne resta à la commission donc qu’à assembler des détails et témoignages étayant cette thèse et rejeter tout ce qui risquait de l’infirmer. Cette démarche fut calquée sur celle de la commission d’enquête sur les attentats du 11 septembre 2001. Elle aussi était contrainte de présumer la thèse officielle, celle des 19 kamikazes islamistes agissant au nom d’al-Qaida, avant même d’entreprendre son travail. Le mandat des deux commissions, celle des États-Unis et celle du parlement français, exclut à l’avance toute hypothèse différente de celle avancée par le gouvernement respectif. Pourtant, une enquête menée de bonne foi n’est pas censée écarter a priori des hypothèses, furent-elles dérangeantes pour le pouvoir.

Même en se cantonnant à l’intérieur de la thèse officielle, la commission parlementaire n’entreprit aucun effort,

• pour expliquer la présence et les actions de la police au McDonald’s avant la troisième explosion ;
• pour expliquer le reflux massif et paniqué de spectateurs vers le stade ;
• pour vérifier la fiabilité des témoignages sur des coups de feu aux alentours du stade ;
• pour vérifier la crédibilité de Omar Dmougui et la fiabilité de son témoignage ;
• pour déterminer si les trois présumés kamikazes avaient causé leur propre mort ;
• pour expliquer la rapidité avec laquelle les forces de l’ordre ainsi que la BRI furent informées de la deuxième explosion au Stade de France avant qu’elle eût lieu .

Ces carences ne peuvent pas être le fruit du hasard ou le résultat d’incompétence. Pour que les 30 membres de la commission s’accordent comme un seul homme à fermer les yeux, il est fort probable qu’on leur a ordonné de le faire. Cette carence collective ne peut s’expliquer que par une raison d’Etat impérieuse et inavouable à laquelle ils devaient se soumettre et se taire.

Sources (le chiffre précédé par ** renvoira à une copie du document sauvegardée sur mon site internet)


1 François Molins, Conférence de presse, 14 novembre 2015 à 19h00. Rapporté par les journaux. Par exemple, «Le déroulé exact des attentats du 13 novembre», Libération, 14 novembre 2015, **468
2 https://www.youtube.com/watch?v=nVIeyG9ocVg
3 Ian Gallaher, Martin Beckford and Martin Robinson, “ Revealed: Two of the Jihadis sneaked into Europe via Greece by posing as refugees and being rescued from a sinking migrant boat - and survivors say one of the attackers was a woman”, Mail Online, 15 November 2015, **515
4 Pascale Egré, Eric Pelletier, Stéphane Sellami et Florian Loisy, Attentats de Paris : huit hommes et une nuit barbare, Le Parisien, 17 novembre 2015, **518
5 Ibid.
6 François Molins, Conférence de presse, 14 novembre 2015 à 19h00 (voir plus haut)
7 Les attentats du 13 novembre, Stade de France, Ministère de l’intérieur (sans date), **504
8 14 Attaques à Paris : Un terroriste français identifié au Bataclan, DNA, 14.11.2015, **168
9 Farid Y. Farid, The Family Of A Man Injured In The Paris Attacks Is Upset He Was Framed As A Suspect, Buzz Feed News, 16.11.2015, **513
10 Ibid.
11 Amnesty Urges Egypt to Investigate Alleged Police Killing, Voice of America (VOA), 15.11.2010, **514
12 Ben Farmer, Who is Salah Abdeslam and who were the Paris terrorists? Everything we know about the Isil attackers, The Telegraph, 18.3.2016, **235
13 Jean-Charles Brisard and Kevin Jackson, The Islamic State’s External Operations and the French-Belgian Nexus, CTC Sentinel, Nov./Dec. 2016, Vol. 9, Issue 11, **294
14 Steven Mufson and William Booth, How officials may have missed their chance to stop Paris terror suspects; Belgian authorities were aware of several of the men believed to be involved in the Paris attacks, Washington Post, 19 November 20, **516
15 La descente aux enfers de Bilal Hadfi, kamikaze du Stade de France, L’Express, 19 novembre 2015, **509
16 Merwane Mehadji, Attentats de Paris : la mère d'un des kamikazes réclame la dépouille de son fils, Le Figaro, 28 décembre 2015, **511
17 Martina Meister, Attentate von Paris, Welt Online, 13.11.2016
18 **260
19 **233, **264, **265., **459
20 **498
21 **265, **453
22 **265
23 **265
24 Soren Seelow, Simon Piel et Emeline Cazi, “De Molenbeek à Paris, sur les traces des terroristes du 13 novembre”, Le Monde, 31 décembre 2015, **522
25 Célian Macé et al, “Salah Abdeslam, la fin de cavale d’un terroriste ‘flambeur’”, Libération, 18 mars 2016, **521
26 Les miraculés du Stade de France: Bley Mokono et Rachid Temal, Telif TV, 15.11.2015, **441
27 Voir: aca-1.mov (et la transcription de l’interview en annexe)
28 Voir la transcription de l’interview en annexe.
29 Voir autre interview avec Le Parisien: aca-2.mov
30 Voir: aca-2.mov
31 “Aca, rescapé de l'attaque du stade de France, livre un récit poignant: ‘Même les médecins n'y croient pas’”, rtl info, 15 décembre 2015, **473
32 Voir aca-1.mov (et la transcription de l’interview en annexe)
33 Ivan (Les Coulisses, p. 171-172) et Stéphane (Rory Mulholland and Luke Heighton, 'It was a bang like I'd never heard before'; Witness to the first suicide bombing at the Stade de France may have come face to face with one of the attackers, The Telegraph, 15.11.2015 , **467) Voir aussi point No. 10 ici-bas
34 Attentats : le mystère du Stade de France, Le Parisien, 16.11.2015, **266
35 Jay Akbar, Was Paris terror revenge for Jihadi John? ISIS executioner's drone death may have accelerated attacks on France, experts say, MailOnline, 14 November 2015, **524
36 Jared Malsin, ISIS Attack on Paris Suggests a Change in Strategy, TIME Magazine, 14 November 2015, **523
37 John Leicester and Samuel Petrequin, Quick thinking may have averted massacre at Paris stadium, Associated Press International, 16.11.2015
38 «Elle a vécu des moments horribles», L’Est Républicain, 25.11.2015
39 Imogen Calderwood and Tom Wyke, The moment French president was told 'The country is under attack’, Mail Online, 16.11.2015
40 Romain Chiron, «Attentats du 13 novembre 2015 à Saint-Denis: la douleur toujours vive des victimes», Le Parisien, 14 novembre 2015
41 «Deux Bourbonnais se trouvaient à Saint-Denis pour le match de l'équipe de France”, La Montagne, 15 novembre 2015
42 Ouest-France, 16 november 2015
43 Norah O’Donnell, “Paris Under Attack”, CBS News, 14.11.2015
44 66minutes.mov
45 Jérôme Schrepf, Attentats : « On a eu de la chance, on a gagné nos vies » La Dépêche [du Midi], 17.11.2015, **502
46 Le Parisien, 14.11.2015 5:00 pm CET
47 Andrew Higgins and Milan Schreuer, Unleashing a hail of gunfire, attackers ‘did not give anybody a chance’, The New York Times, 16.11.2015
48 Sophie Barley, Mark Cowan, from Stockton, has described the "sheer terror" at hearing the explosions outside the stadium on Friday, Mirror, 16 November 2015, **492
49 Compte-rendu des audiences du procès de Jawad Bendaoud, Mohamed Soumah et Youssef Ait-Boulahcen, Association française des victimes du terrorisme, (p. 102) **296
50 Rory Mulholland and Luke Heighton, 'It was a bang like I'd never heard before'; Witness to the first suicide bombing at the Stade de France may have come face to face with one of the attackers, The Telegraph, 15.11.2015 , **467
51 Rapport final, Tome I, p. 43
52 Ibid.
53 Ibid.
54 Les attentats du 13 novembre, Stade de France, Ministère de l’intérieur (sans date), **504

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