Nous attendons quoi exactement, un enième messie?

"Il s'avère que ce ne sont pas uniquement les moyens qui manquent, il s'avère, et maintenant seulement, quel type d'individu quelqu'un est. C'est l'individu métropolitain qui est issu du processus de putréfaction et des contextes de vies mortels, faux, aliénés du système : l'usine, le bureau, l'école, l'université, et les groupes révisionnistes." Ulrike Meinhof

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On attend quoi pour abandonner les smart phones tout court, les articles pullulent pour nous expliquer en long et de travers que nous sommes surveillés, et nous continuons à acheter les moyens de notre propre surveillance?

Sans même remettre en cause la technologie qui pourtant n'a rien de comestible, ne fournit pas de toit à ceux qui n'en n'ont pas?

Besoin? Réellement?! De leurs technologies qui détruisent la planète?
Sans m^me assurer une alimentation saine parce qu'on peut commander du mac do en 1 clic?
Nous avions pourtant la paix avant les portables: les gens arrivaient à l'heure, ne pouvant pas prévenir en direct de leur retard, ils savaient lire une carte, établir un trajet, utiliser un appareil photo, nous étions bien plus libres, et surtout capables de s'organiser sans, nous nous manquions et c'était bon...
ça fait toujours ringard de dire c'était mieux avant, parce que les exemples toujours cités sont justement pas ceux que la technologie a pu améliorer.
Un peu de provoc: en quoi le retour à la bougie serait une catastrophe et pour qui surtout? Pour les fournisseurs d'énergie qui détruisent la planète au passage. 
Un coup de fil peut sauver une vie?
Mais combien de coups de fil ont gâché des vies? Et à quel prix ailleurs?

Ils fantasment un monde futur technologique sans m^me prendre en compte la fin des métaux (qui ne poussent pas...), en nous faisant perdre au passage 8000 ans de compétences de communication et d'organisation humaine de base...

 Quand mon smart sera foutu, je n'en rachèterai pas. Parce qu'au fond, ils misent tous sur le fait que nous en ayons besoin.

Un société humaine progresse quand ses propres individus la font progresser, il n'y a pas forcément de corrélation absolue entre un progrès technique et un progrès sociétal. "Science sans conscience n'est que ruine de l'homme." (Rabelais déjà en 1532)

L'invention de la machiner à laver n'a pas libéré les femmes, non, ce sont les femmes qui se libèrent elles mêmes, ou pas.

Est-ce que la révolution française aurait eu lieu si il y avait eu internet, c'est une question à se poser, quand le support devient le seul lieu révolutionnaire encouragé, où chacun vient poster sa petite formule révolutionnaire, moi compris, et reste sur sa chaise plus ou moins confinée, et ça ne date pas du covid.
Il y a les commentateurs qui vivent de leurs commentaires, et les acteurs qui savent déjà que ça ne suffit pas de commenter si l'on ne change pas déjà sa façon de vivre. Comme si savoir suffisait en plus...
Et quels acteurs...?!

"
Le comédien a de l’esprit, mais peu de conscience de l’esprit. Il croit toujours à ce qui lui fait obtenir ses meilleurs effets, à ce qui pousse les gens à croire en lui-même ! Demain il aura une foi nouvelle et après-demain une foi plus nouvelle encore. Il a l’esprit prompt comme le peuple, et prompt au changement.
Renverser, c’est ce qu’il appelle démontrer. Rendre fou, c’est ce qu’il appelle convaincre. Et le sang est pour lui le meilleur de tous les arguments. Il appelle mensonge et néant une vérité qui ne glisse que dans les fines oreilles. En vérité, il ne croit qu’en les dieux qui font beaucoup de bruit dans le monde !
La place publique est pleine de bouffons tapageurs et le peuple se vante de ses grands hommes ! Ils sont pour lui les maîtres du moment."

Ce sont ceux du bas qui portent ceux du haut, qui laissent faire et l'ignorance se cultive sur un mode industriel. Oui on a les hommes politiques que la majorité mérite, celle là m^me qui pensent que la télé suffit ou que d'être abonné à Mediapart suffira à changer le monde...
C'est un début, certes, de s'informer... Mais dans un dédale d'infos, c'est totalement illusoire. Et pour rien en faire et reprendre sa voiture en déconfinement...
Les libertaires se nourrissent d'anarchie, oui, ils ont déjà compris, mais ont-ils compris que se congratuler d'avoir raison seul dans leur coin change quoi que ce soit? non. Les capitalistes lisent Marx, la classe très moyenne se prend pour la bourgeoisie, et tant que ça va bien pour elle dans l'instant, elle ne tient pas à ce que ça change.
Ceux qui ont rien à perdre ont déjà compris, mais quand on les appâte à servir la soupe, combien d'ego se font prendre et ensuite se retrouvent à avoir à perdre quelque chose. La mémoire est à géométrie variable.

Dès que tu "réussis" ta vie dans ce monde en perdition, tu as déjà perdu.
NNDL et les zadistes du monde entier l'ont compris. Jusqu'à ce que que certains en tirent encore profit à leur seul avantage au final.

Faut-il renoncer à militer? Est ce que militer suffit?
Les militants depuis 1945 défendent les droits acquis par le CNR alors que ceux ci ne cessent pas de disparaître un à un. Il est donc permis de douter sérieusement que les modes de militance soient efficaces. Ou alors c'est pour faire une sortie et voir les potes qui luttent le week end?
Si militer est se donner bonne conscience, nous passons à côté de son but premier, qui est de changer la société.

Améliorer une société qui boite, est ce utile? Pourquoi ne pas changer de jambes pour que ça marche, et pour tous.

Mais non, seul l'occident serait à sauver? à quoi servent les frontières quand il y a des milliards d'arbres à planter de tout urgence?
et qu'à attendre qu'un gouvernement s'en occupe, c'est ne rien faire en attendant.

Pas brillant le patriarcat, des mecs décideurs depuis 1 siècle et demi, sans l'ombre d'une intelligence sensible qui pense aux conséquences qu'on voit déjà et signe peut-être la fin de l'humanité qui n'aura pas réagi... comme un lapin pris dans les phares d'une modernité, d'un progrès qui n'en est pas un.
C'est m^me un recul d'avoir à travailler plus pour qu'ils gagnent plus.Pas de partage du travail, les moyens de productions ont été privatisés, m^me la française de jeux est devenue privée... Le loto, un comble...
Le symptômes sont pourtant visibles?!
Nous creusons nous même nos propres tombes!

Sauf là où certaines femmes sont aux commandes. (pas les christine lagarde qui ne sont que des complices du patriarcat, comme il y a des femmes complices de prédateurs)
Et là je pense à la présidence en Nouvelle Zélande, je pense à l'Islande de 2011...

Il est bien possible de faire autrement, mais non, ils préfèrent donner l'argent qui permettrait pourtant une transition écologique à la hauteur de l'urgence écologique, aux économies pourtant moribondes à sauver.

à sauver pour qui? Pour quoi? Jusqu'à quand?

Que les militants s'activent concrètement, ne plus attendre ceux qui ne daigneront pas comprendre à temps, quoi sinon que de donner l'exemple au lieu de le prêcher?!

"Les effets de la division du travail entre vie professionnelle et vie privée, de la division entre travail manuel et travail intellectuel, les processus de travail hiérarchiquement organisés, toutes ces déformations psychiques de la société marchande, cette société métropolitaine passée au stade de putréfaction et de stagnation, apparaissent.
Mais c'est ce que nous sommes, c'est de là que nous venons. Nous sommes l'engeance des procès d'anéantissement et de destruction de la société métropolitaine, de la guerre de tous contre tous, de la concurrence, de chacun contre chacun, du système où régnent la loi de la peur, de la contrainte, du rendement, le carriérisme, la division du peuple en hommes et femmes, en jeunes et vieux, en étrangers et allemands, où régnent les luttes de prestiges.
Et c'est de là que nous venons de l'isolement, de la maison individuelle de série, des cages à lapins, des cités en béton, des banlieues, des cellules de prisons, des recoins des cellules de prisons, des asiles et sections spéciales.
C'est de là que nous venons du lavage de cerveau par les médias de la consommation du châtiment corporel, de l'idéologie de la non-violence, de la dépression, de la maladie, du déclassement, de l'humiliation et de l'insulte, de tous les exploités de l'impérialisme.
C'est de là que nous venons de la prostitution de la bourgeoisie, de l'emprisonnement dans l'éducation bourgeoise et l'éducation prolétaire, jusqujà ce que nous ayons compris la détresse de chacun de nous, comme la nécessité de nous libérer de l'impérialisme, comme étant la nécessité de mener la lutte anti-impérialiste.
Que cela dépend de nous si l'oppression se perpétue, si nous nous prolétarisons, si nous abandonnons la double vie et luttons."

 

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