Hollande à l'Estaque ...

Lettre ouverte à Samia Ghali

Madame le Maire,

Vous m'avez fait parvenir ce mercredi 7 octobre, par vos services, un mail m'invitant à être à vos côtés demain, à l'occasion de la visite du Chef de l’État et de la ministre de l’Éducation Nationale, au lycée professionnel de l'Estaque.

Je ne serai pas présente, Madame le Maire, et je tiens à vous en exposer publiquement les raisons.

Outre le fait que le mail m'est parvenu aujourd'hui à midi, à la fin de ma matinée de cours à mon collège, me plaçant de facto dans l'impossibilité de prévenir ma hiérarchie et mes élèves d'une absence, je ne me sens nullement concernée lorsque vous dites souhaiter votre majorité municipale à vos côtés. S'il est vrai, Madame le Maire, que sur bon nombre de dossiers, je me reconnais dans les interventions de certaines de vos adjointes, je n'en appartiens pas moins au groupe Front de Gauche. Je m'oppose de façon claire et catégorique à la politique du gouvernement dans tous les domaines : santé, travail, fonction publique, assurance-chômage, accueil et droit des étrangers, éducation...

Et s'il est un domaine qui me concerne directement, c'est bien ce dernier. La ministre Najat Vallaud-Belkacem impose sa réforme du collège, à marche forcée. C'est sans précédent. Une grande majorité de la profession s'y oppose. Opposer les disciplines et les « savoirs pratiques» comme l'a fait la ministre est une ineptie. L'enseignement des langues anciennes et des langues régionales est condamné à disparaître. L'autonomie des établissements va accroître encore les inégalités entre les territoires. Après la calamiteuse réforme des rythmes scolaires, celle du collège va achever de mettre à terre l'école de la République.

Les élu-es socialistes s'honoreraient en faisant savoir à ce président qu'il se fourvoie gravement.

Nous ne l'avons pas élu pour qu'il fasse une politique de droite, qui cajole les grands patrons et aggrave les inégalités sociales.

On ne peut pas, Madame le Maire, affirmer à Marseille être aux côtés de celles et ceux qui craignent chaque jour pour leur avenir, et continuer à cautionner la politique anti-sociale de Messieurs Hollande et Valls.

Demain, je serai à mon poste, près de mes élèves, dans les quartiers Nord. A continuer de faire mon métier.

 

 

Veuillez recevoir, Madame le Maire, l'expression de mes cordiales salutations.

 

 

A.Rioualen Chevassu, conseillère d'arrondissements du 8e secteur de Marseille, militante du PG

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.