La crise du Vivre-ensemble

« Danger », « fragmentation » de la société française, « guerre civile » ces derniers mois, Jean-Pierre Chevènement interroge sur le devenir du Vivre-ensemble. Des fractures sociales aux fractures identitaires, rien ne semble arrêter la tendance à la fragmentation, et l’effritement du pacte républicain. Récit.

Tensions sociales et hétérogénéisation de la société

L’élection présidentielle de 1995 est restée dans toutes les mémoires. Evénement politique d’anthologie, elle a vu triompher Jacques Chirac, candidat du RPR, sur Lionel Jospin et Edouard Balladur, et ce au terme d’une campagne époustouflante. De l’avis de tous les observateurs, elle restera dans les mémoires comme la démonstration éclatante de l’habilité politique de Chirac : donné perdant pendant de long mois, celui-ci remontera progressivement la pente électorale et s’imposera avec 52% des suffrages. La clé de cette remontada hors du commun est bien connue : c’est la fameuse « fracture sociale ». Théorisée par le sociologue de gauche Emmanuel Todd en 1994, ce concept désignait alors l’existence d’une « coupure » entre une France des classes populaires et une France des élites éduquées. Cette idée nouvelle du champ politique fait rapidement son effet et devient l’arme maîtresse de la chiraquie. La réalité à laquelle elle correspond est mise en exergue par la remontée électorale du président du RPR. Plus ce dernier parle de « fracture sociale », plus les Français se disent prêt à voter pour lui. On connaît la suite : Chirac accède finalement à l’Elysée, mais fait preuve d’une inactivité totale quant à cette problématique.

Déjà, cet épisode met en relief les premières préoccupations quant au développement d’une France à deux vitesses. En 2018, c’est-à-dire à peine 25 ans plus tard, les tensions sociales éclatent définitivement au grand jour. Le mouvement des Gilets jaunes cristallise la désespérance sociale, et devient le symptôme le plus emblématique du fossé qu’il existe entre catégories populaires/moyennes et classe élitaire. En novembre 2018, la mobilisation atteint son paroxysme : chaque samedi, plus de 3000 sites sont bloqués par les manifestants, dont le nombre varie selon les sources (287 000 selon le ministère de l’Intérieur / 1,3 millions selon France Police – Policiers en colère, syndicat policier). Des milliers de personnes sont blessés, aussi bien parmi les mobilisés que du côté des forces de l’ordre. Le mouvement s’impose vite comme étant un mouvement par procuration : 75% des Français soutiennent les Gilets jaunes lors des premiers mois, ce sera près de 50% à la fin [1]. Pourtant, malgré ce plébiscite populaire, le traitement médiatique réservé à la mobilisation est désastreux. Les médias télévisés et une partie de la presse écrite n’hésitent pas attaquer violemment les « poujadistes » en s’enfermant dans des caricatures manichéennes. Éric Le Boucher, directeur de la rédaction économique des Echos, n’hésite ainsi pas à qualifier les manifestants de « gens éternellement égalitaristes, immobilistes et aigris » [2]. Les unes des principales chaînes d’information tournent autour des dégâts matériels : bris de vitrines, voitures abimées, radars vandalisés, … il n’est question que du « manque à gagner », et jamais du malaise profond des Gilets jaunes. 

Le pouvoir en place n’est pas plus tendre à l’égard de la mobilisation. Benjamin Griveaux, aujourd’hui candidat à la mairie de Paris et alors porte-parole du gouvernement, qualifie indirectement les premiers contestataires de « gars qui fument des clopes et roulent au diesel » [3]. En mars dernier, Emmanuel Macron qualifie le mouvement de menace pour la République : « Ce sont des gens qui veulent détruire la République, au risque de tuer » ([4]). Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, donne, lui, des consignes très fermes aux forces de l’ordre afin de réprimander les cortèges. Les conséquences sont sans précédents pour une pareille mobilisation : 11 morts (directement ou indirectement), des milliers de blessés, et des mutilations en tout genre (œil crevé, mains arrachées, …). 

Gilets jaunes sur la place de l'Etoile, à Paris Gilets jaunes sur la place de l'Etoile, à Paris

 Ces scènes de guérillas urbaines, en métropole française, ont achevé de rendre visibles les tensions sociales intenses qui traversent le pays : entre périphéries/centres-villes, entre classes élitaires/classes moyennes et populaires, entre gagnants/perdants de la mondialisation. Les individus se sont séparés et ne vivent plus ensemble : la fracture sociale a pénétré le temps et l’espace.

A ces dissensions sociales, on a peu à peu ajouté l’augmentation du taux d’hétérogénéisation de la société française. Les vagues successives d’immigration que connaît la métropole depuis des décennies ont eu pour effet d’installer de nouvelles lignes de fractures communautaires. Rappelons que selon les chiffres de l’INSEE, 6,5 millions d’immigrés vivent en France, soit 10% de la population totale. Il faut aussi prendre en compte le fait qu’on ne connait pas précisément le nombre d’immigrés en situation irrégulière sur le territoire, ce qui peut faire gonfler drastiquement le chiffre précédent. Selon le ministère de l’Intérieur, près de 256 000 titres de séjour ont été délivrés en 2018 (chiffre qui explose depuis 2013) [5].

Dès lors, le nombre tend à affaiblir les structures intégratrices, qui sont peu à peu dépassées. L’intégration républicaine ne fonctionne plus. Or, près de la moitié des immigrés vivant sur le territoire français sont nés en Afrique [6], et sont donc issus d’une culture éloignée de la culture française. Si on ajoute à cela un contexte économique et social tendu, ponctué par un chômage de masse, en particulier dans les banlieues, zones d’installation privilégiées des entrants, la résurgence des tensions communautaires semble inévitable. Des espaces se « ghettoïsent », notamment en région parisienne, dans le Nord de la France, et dans le Sud-Est. Les banlieues, couramment désignées sous le nom générique de « quartiers », connaissent une forte concentration de personnes d’origine immigrée. Des cultures étrangères s’importent sur le territoire national, ce qui n’est pas dérangeant par nature, mais dans le contexte actuel, favorise rivalités entre populations autochtones et populations issues de l’immigration, rendant caduque le pacte républicain. Des villes sont devenues le symbole de ces tensions : Trappes (fief électoral de Benoît Hamon) est emblématique ici. Cette ville de 32 000 habitants, qui compte près de 70% de musulmans, fait cohabiter 40 à 50 nationalités différentes entre elles. Une église côtoie 5 mosquées et des boucheries exclusivement hallal (informations rapportées dans une note à l’intention de Jean-Jacques Urvoas en 2016, alors ministre de la Justice) [7]. La radicalisation islamiste y est très forte, sur fond de trafic de drogue et d’un taux de chômage autour de 20%.

Les premières tensions communautaires visibles sont d’ailleurs apparues à Trappes. Les fameuses « émeutes de Trappes », en juillet 2013, ont été rapportées par de nombreux médias et ont fait l’objet d’un procès qui a attisé les passions de tout bord. Un soir de ramadan, une jeune femme de 21 ans convertie à l’Islam, portant le voile intégral, fait l’objet d’un contrôle d’identité par la police. L’interpellation se passe mal : la femme en question aurait lancé « Allah va t’exterminer ! » [8], son mari s’y oppose violemment et est emmené en garde à vue pour la nuit. Le lendemain, le commissariat de Trappes est pris d’assaut par une foule nombreuse réclamant la libération de ce dernier. Une émeute s’ensuit très vite, qui tourne mal pour les policiers présents. L’action collective s’avère être motivée par la solidarité religieuse, islamique en l’occurrence. Cette même note destinée à Jean-Jacques Urvoas en 2016 se termine sur les mots suivants : « Les émeutes de Trappes de juillet 2013 sont les premières en lien avec une contestation religieuse en France » [9].

Enfin, tout le monde garde le souvenir des émeutes de 2005, qui ont fait suite à la mort de deux jeunes pourchassés par la police à Clichy-sous-Bois. Les affrontements ont principalement opposé les forces de l’ordre à des communautés issues de l’immigration, causant la destruction de 300 bâtiments, de 10 000 voitures, et la mise en place de l’Etat d’urgence [10].

Dans les coulisses du pouvoir politique et médiatique, les inquiétudes quant à la « ghettoïsation » et le développement d’un communautarisme islamique importé sont grandissantes. François Hollande, cité dans Un président ne devrait pas dire ça, n’hésite pas à dire que la France a « un problème avec l’Islam, c’est vrai, nul n’en doute ». Et de poursuivre « Je pense qu’il y a trop d’arrivées, d’immigration qui ne devrait pas être là », « Comment peut-on éviter la partition ? Car c’est quand même ça qui est en train de se produire : la partition » ([11]). Encore plus récemment, Gérard Collomb a tenu les propos suivants lors de sa démission du ministère de l’Intérieur en octobre 2018 : « Je suis allé dans tous ces quartiers, des quartiers nord de Marseille, au Mirail à Toulouse, à ceux de la couronne parisienne Corbeil, Aulnay, Sevran […] et le terme de reconquête républicaine prend là tout son sens parce qu’aujourd’hui dans ces quartiers c’est loi du plus fort qui s’impose, celle des narcotrafiquants et des islamistes radicaux ». Et le maire de Lyon de conclure : « On vit côte à côte et je le dis, moi je crains que demain on ne vive face à face, nous sommes en face de problèmes immenses » [12].

Ainsi, fractures sociales et fractures communautaires progressent en République française. Ces deux problématiques différentes participent à l’affaiblissement d’un même enjeu : celui du Vivre-ensemble. Les citoyens se séparent, n’habitent plus ensemble, et ne connaissent tout simplement plus. La cohésion sociale s’effrite, et par là-même le lien social se distend. La communauté nationale perd de son sens et ne fédère plus les individus, mais des communautés qui ne partagent plus grand-chose en commun. Une question s’impose naturellement : comment en est-on arrivé là ?

 L’archipelisation, source du malaise ?

Tenter d’apporter une explication à ces phénomènes sociaux ne peut être qu’un processus incomplet. Une grande diversité de facteurs ont nécessairement participé à cette crise contemporaine du Vivre-ensemble. Toutefois, il est indéniable que le phénomène d’archipelisation que connaît la société française a une responsabilité importante dans l’effritement de la cohésion sociale.

Vivre-ensemble renvoie au fait, pour une communauté d’individus nécessairement différents, de cohabiter côte-à-côte. Cela suppose un référentiel commun qui soit au-dessus des particularismes, et donc qui transcende le repli identitaire. Le vivre-ensemble est la condition sine qua non à toute forme de communauté humaine : sans consentement de chaque individu à déléguer une part de sa souveraineté personnelle au groupe, il n’est pas de cohésion sociale possible.

Or c’est précisément ce qui nous manque aujourd’hui : un référentiel commun qui unisse individus et groupes au-delà des revendications identitaires, sociales, culturelles, ethniques, et qui produise du lien social.

En clair, une société ne fonctionne uniquement si elle produit du lien social ; la somme des interactions générées forme ce qu’on appelle le Vivre-ensemble.

Or, depuis environ 50 ans, les politiques publiques ont fait la promotion de l’individualisme, et ce contre toute forme de holisme. Les grands appareils verticaux, c’est-à-dire des structures hiérarchisées de masse, ont tous été progressivement mis à mal, jusqu’à ce qu’il n’en reste que des miettes : partis politiques de masse (PCF), syndicats, Eglise, armée, … Ce phénomène est très loin d’être anodin. Ces appareils verticaux avaient en effet un rôle bien précis dans la vie sociale ; au-delà des considérations idéologiques qui leur étaient propres, ils participaient à l’enracinement et l’intégration des individus, qui se constituaient alors groupes. Au travers de ces structures, les citoyens entretenaient ainsi des relations entre eux, se rencontraient et se mélangeaient, et créaient donc du lien social. Un exemple très parlant ici est celui de l’armée. Le service militaire obligeait autrefois tous les hommes de 20 à 25 ans, de nationalité française, à effectuer 10 mois de service aux armées. Quelque fut le milieu social, l’origine, la religion, l’appartenance ethnique, chaque jeune homme était contraint de suivre cette initiation au métier des armes. Ce moment était l’occasion pour des citoyens aux expériences individuelles différentes de se rencontrer et de se côtoyer : le service militaire obligatoire était un exemple emblématique de phénomène créateur de lien social, participant de manière incontestable au Vivre-ensemble. Pourtant, il fut aboli en 1996 par Jacques Chirac, officiellement pour des raisons budgétaires et de professionnalisation des armées [13].

Jeunes hommes lors de leur service militaire (vers 1900) Jeunes hommes lors de leur service militaire (vers 1900)

Aujourd’hui, ces appareils verticaux sont réduits à peau de chagrin : le Parti communiste, par exemple, est passé de plus de 550 000 adhérents après-guerre [14] à près de 47 000 aujourd’hui. Concernant l’Eglise catholique en France, seulement 4,5% des Français se rendent à la messe au moins une fois par mois contre 20% en 1972 (selon l’IFOP). Le nombre de prêtres catholiques a quant à lui été divisé par deux entre 1995 et 2015 [15]. Le déclin de ces structures holistiques, parmi tant d’autres, ont impacté durablement l’ordre social en République française. Les citoyens ont été ramenés à leur simple individualité, laissés face à eux-mêmes, engendrant au passage une crise du sens chez nombre de jeunes. Résultat, les différentes catégories sociales ne se côtoient plus comme avant, de même que les différentes communautés issues de l’immigration ne s’intègrent plus comme avant : les instances d’intégration républicaine, comme l’école publique, sont les victimes collatérales de ce phénomène.

Les attaches se perdent et la désaffiliation s’impose. Notre société ne produit plus autant de lien social dans une période où cet enjeu est crucial. La conséquence naturelle est celle du repli communautaire, voire identitaire. Il est dans la nature de l’homme de se rapprocher de ceux qu’il connaît et avec qui il partage des valeurs communes. Ainsi, le bourgeois aisé aura tendance à fréquenter des citoyens issus du même rang social, qu’il aura rencontré dans les écoles privées ou bien dans les quartiers chics. L’immigré marocain se rapprochera lui, tout naturellement, des individus issu d’une culture proche de la sienne. Il est indéniable que ce phénomène n’est pas nouveau, mais là où il était atténué dans le passé par le biais du passage à l’armée ou encore par un militantisme politique de masse qui transcendait les classes sociales, il prend une dynamique plus inquiétante aujourd’hui.

Surtout, en l’espace de quelques décennies, a été détruite la forme de solidarité la plus puissante qui ait été inventée par l’homme : la nation. La nationalité est ce référentiel commun, pour lequel chacun délègue une part de sa souveraineté, afin de se constituer communauté. A l’heure actuelle, on assiste à la tendance inverse. Chaque groupe tend à porter son propre étendard dans le débat public : il n’existe que par sa différence avec autrui. Sa spécificité le conforte dans une position victimaire qui affaiblit la cohésion sociale. Des Harkis qui luttent pour obtenir reconnaissance et réparation de l’Etat français, aux mouvement féministes qui portent des revendications quasi-exclusivement unisexes, chacun y va de sa musique. Chacun se définit par rapport à ses revendications, et se présente comme tel, au lieu de se penser d’abord comme membre d’une communauté nationale. La France particulièrement a une conception élective et politique de sa nation : pour s’agréger au peuple français, il faut le vouloir, le « plébisciter » selon le mot Renan. Or, le phénomène inverse est en marche ; lorsque l’appartenance à la nation devient secondaire, celle-ci perd plus ou moins sa raison d’être.  

Il y a peu, le très médiatique directeur de l’institut de sondage IFOP, Jérôme Fourquet, tirait la sonnette d’alarme sur le sujet. Dans un livre au titre éloquent, L’archipel français, il synthétisait les résultats de ses travaux à la tête de l’institut d’opinion. L’auteur pointait du doigt la « naissance d’une nation multiple et divisée ». Selon Jérôme Fourquet, la fragmentation de la société française s’explique par la déliquescence des instances de structuration sociale comme l’Eglise, le Parti Communiste Français, ou encore la matrice républicaine de gauche. Il en résulte un processus d’archipelisation : La société est comme un ensemble d’îlots relativement proches les uns des autres mais néanmoins séparés. A l’image des iles d’un archipel, les groupes vivent à l’écart les uns des autres tout en entretenant des rapports entre eux. Le directeur de l’IFOP conclue en osant ce pronostic : « On est encore à une espèce de phase d’équilibre instable où les différentes générations coexistent démographiquement, mais au rythme du renouvellement, nous allons sans doute assister dans les années qui viennent à un basculement d’une très grande ampleur » ([16]).

La République française n’est plus une et indivisible mais multiple et divisée. De l’archipelisation à la confrontation, il n’y a qu’un pas, qu'il ne faudrait pas franchir.

 

[1] https://www.cnews.fr/france/2019-10-16/mobilisation-blessures-arrestations-un-de-gilets-jaunes-en-chiffres-840398

[2] https://www.marianne.net/debattons/editos/gilets-jaunes-haine-classe-tyrannie-riches

[3] https://www.rtl.fr/actu/politique/wauquiez-le-candidat-des-gars-qui-fument-des-clopes-et-qui-roulent-au-diesel-selon-griveaux-7795365377

[4] https://www.ladepeche.fr/2019/03/16/macron-hausse-le-ton-contre-les-gilets-jaunes,8072958.php

[5] https://www.sudouest.fr/2019/10/08/que-represente-reellement-l-immigration-en-france-voici-les-principaux-chiffres-6670179-6116.php

[6] https://www.sudouest.fr/2019/10/08/que-represente-reellement-l-immigration-en-france-voici-les-principaux-chiffres-6670179-6116.php

[7] https://www.valeursactuelles.com/societe/trappes-lislamisme-vaincu-la-republique-60974

[8] https://www.lepoint.fr/societe/trappes-le-voile-integral-en-proces-09-12-2013-1766367_23.php

[9] https://www.valeursactuelles.com/societe/trappes-lislamisme-vaincu-la-republique-60974

[10] https://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/10/25/01016-20151025ARTFIG00142-des-emeutes-urbaines-sans-precedent.php

[11] https://lesobservateurs.ch/2018/08/29/macron-prepare-t-il-la-partition-des-musulmans-de-france/

[12] https://www.nouvelobs.com/politique/20181004.OBS3399/l-avertissement-de-collomb-la-loi-du-plus-fort-a-pris-la-place-de-la-republique.html

[13] https://www.la-croix.com/France/En-1997-Jacques-Chirac-sonne-fin-service-militaire-2018-05-17-1200939605

[14] http://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/2015/05/1945-l-apogee-du-parti-communiste-francais-par-roger-martelli-l-humanite-8-mai-1945-l-espoir.html

[15] https://www.nouvelobs.com/societe/20160726.AFP2844/l-eglise-catholique-de-france-en-chiffres.html

[16] https://www.lepoint.fr/societe/exclusif-la-france-le-grand-bouleversement-27-02-2019-2296870_23.php

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