À COUFFE D'OPPROBRE

L'ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voilà l'équation.                                         Ibn Roshd.

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Que demande-t-on au musulman, aujourd'hui, massivement accoisé, rencogné,remis, nonobstant rendu responsable de l'abomination qui se trame en son nom et des dévastations qui lui sont suscitées, à l'ourdissoir des valeurs inversées ?

Que lui veut-on ce "musulman", de quoi chercherait-on à l'ébourgeonner qui n'ait été en "nous" à l'échelle qui nage à l'échelon mordu ?

À quel affreux souci, le mande-t-on à l'épouillage instant aux portiques qui brûlent à la ruilée d'en face ?

À quel débarquement d'arcanes et d'équerres truquées, appelle-t-on ce "musulman"cet "Étranger à ce monde" passant, traversant, quand il est ce qu'il est, quand on le laisse l'être, à lui-même et à l'autre, un remède théurgique aux maladies de l'âme, Perdrix écarlatée aux nécrosés du lien, à discrétion des cibleurs que la Paix exaspère, passé le seuil sanglant de leur empire ?

Voyons donc :

Premièrement, de se perdre de façon caméléonesque dans une société d'assignations, à défaut de s'abstraire à vue d'œil, de fétuquer au foehn, de s'éclipser aux surgies, de s'effacer à la survenue absolue.

Secondement, de se condamner. En tant que musulmanan, ou supposément tel, à chaque crédo extorqué, à chaque effondrement d'accord, à chaque tragédie, à la posture, à l'imposture, à l'Assenée d'État, à résigner sa désapprobatio, à l'abominable passe de rôle consistant à (s'entendre) condamner à l'Index, à l'encan, a capella, au quanquan, ce qui devrait s'abominer spontanément.

Atterré de condamner contraint, d'avoir l'air de condamner, de pateliner, en somme, à l'escobarderie d'une oligarchie rageuse qui, toute négociation sabordant, s'est acharnée, depuis Sarkozy, à l'encanaillement de la politique, ruinant peut- être à jamais tout crédit diplomatique. 

D'être l'aliénataire assujetti  à une Institution justicière, expéditive, qui tient en haute suspicion une part de sa population, l'entité fractale, la partie la plus à la peine d'elle-même d'elle-même, confessionnalisée à volonté, quelle que soit la teneur de sa tempérance, de sa mitigation, voire même de son indifférence à l'observance religieuse,

Stupéfié de se sentir soumis à l'assignation objurgatoire, de subir l'évidement de sa novation civile, à l'évitement de suite, au revirement de l'autre, au virement du visage avisable, en assentissant à disparaître d'un paysage aseptisé, d'un lieu commun sanctuarisé, d'une sphère siffleuse, d'un désemboîtement du pas, à l'enclenche d'un cycle cinglé d'apocalypses, à son déchirant cinglement de conscience.

Sortir, à l'oblique crachin, aux giboulées, à la girie, comme Escargot de sa Coquille, glosée carapace communautaire par Sieur Lièvre endêvé de levrauder au flou; doublement hélixique et exilique, aux numismates de l'instant.

Espèce forlancée à quel métier d'infamation étatique, à quelle sordidité d'intérêts, à quelle ignobilité d'alliances ?

Sidéré d'intégrer le simulacre d'aménité, la gesticulation participative d'un pouvoir tétûment belliqueux à son endroit, et s'y employant, de martialité diligente, de manière à vous dilacérer à l'exposition du monde comme un embarras sociétal, sorti du débarras d'oublis, tranquille, comme curiosité continue, un Cas, toujours un Cas, l´Inca gaffé à quelque renfoncement, renâclant à ressortir de République républicarde; la rustine spéciale d'un concensus hystérial et glaciaire.

Condamner à condamner, et ce faisant à se condamner multiplement, soit :

Condamner contraint, autrement dit à être condamnable comme tel, 

Condamner votre Nuance à la niveleuse, à vous exfiltrer de votre citoyenneté ( pour peu qu'elle vous fut consentie )

Se condamner à l'endosse de la tortueuse duplicité du Je Suis/Je )ne) Suis pas, et de rempiler à l'intolérable, comme juge/justicier et, finalement justiciable, puisque vous n'auriez condamné que condamner à condamner, c'est-à-dire, comme Fennec coursant sa queue, à Goupil, à l'or des sablières, pour vous mettre en examen de votre propre chef, à l'Exposition sociake, guantanamisé à cela, à une aporie circulaire, aux girouettes rubigineuses qui se calent sur vous.

Lors que, là aussi, le fameux "nommer les choses" devenant fourroir de velléités au n'importe quoi, vous, simple citoyen, d'acabit présomptif, d'olfaction lointaine, dirait-on, laissé à l'abrasive épreuve d'un "état d'urgence", subodoré éternitaire, le terrorisme sauvagement insaisissable, "fondu dans la masse" se nourrissant, biologiquement, du Terrorisme d'Etat(s) - coalisés -, n'ayant ni l'information plénière de ce qui se passe, ni capacité décisionnaire, la décantation s'opérant, au temps qu'il faut, vous n'auriez pas à condamner, sinon illusoirement, comme vous perdre au fracas de Simulacre au simulacre ( de justice ) qui de tout temps quand "on est en guerre" ( depuis toujours et pour longtemps, cf. quatrain de sonnet ) foire en impasse d'acception.

Lors qu'il ne s'agit pas de cela, mais, d'être plus que cela, mieux que ça ! le citoyen arrimé à l'homme, à rétablir l'adéquation à soi.

L'Humain plénier, horrifié de ce qui a lieu, ici, A Paris, et ailleurs depuis déjà longtemps.

(S') Être profondément meurtri, par/à ce drame  (d'entre les drames), d'être, peut-être pour longtemps, aphone de quelque chose, d'être aheurté à l'infini silence, gîté-là, aux massacres d'ici et d'ailleurs, au-delà de la captation, de l'encellulement de la minute de silence, intimée d'en "haut", troublant l'oblativité nécessaire, qui nationaliserait la contrition, comme une autre ressource ajoutée à l'almanach létal des sépulcres blancs, des cols blanchis, qui mettrait un drapeau à la douleur, au désarroi, de l'homme atteint par l'homme, au lieu d'en être le remède comme dit le proverbe Wolof.

Ou comme cette ancestrale sagesse algérienne, qui connait bien la chanson, pour avoir combattu la double Barbarie de son histoire :

" Qu'il est atterrant de voir que ce soit les morts qui fassent se rencontrer les vivants "

Rhône, Dimanche 22 novembre 2015.

El'Mehdi Chaïbeddera 


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