Lettre ouverte à Monsieur Emanuel Macron

Ici, sur Blogborygmes.free.fr, et en d'autres lieux, j'ai souvent critiquer le locataire de l'Elysée et je me suis dit qu'il fallait aussi être constructif. Pour cette raison, je lui ai écrit une lettre ouverte que je publie après qu'il ait pu en prendre connaissance.

Emile Blutch
p/a Editions Baudelaire
27 Place Bellecour, 69002 Lyon
Blutch001@protonmail.com

Monsieur Emmanuel Macron
Palais de l’Elysée
55 Rue du Fbg Saint-Honoré
75008 Paris

Le 15 avril 2020

Lettre ouverte

Monsieur,
je vous écris en temps qu’observateur attentif de la politique française depuis plus de 50 ans. Cette longue expérience me permet de dire que je ne crois pas aux promesses pour plus tard.
Comme le disait si justement un de vos prédécesseurs : les promesses n’engagent que ceux qui les croient.
Parce que je suis du peuple et que je le côtoie, je sais que le peuple de France n’attend pas de belles déclarations d’intentions, mais des faits pour tout de suite.

La crise de Coronavirus a ceci d’exemplaire qu’elle va engloutir mille fois plus d’argent que les économies de bouts de chandelles qui ont été faites sur le dos du social, de la santé publique et de la qualité de vie des Français.
C’est la preuve, si besoin est, que vouloir économiser sans discernement revient toujours trop cher, cet adage étant particulièrement cruel en matière de santé car, en plus, il inclut une comptabilité macabre.

Vous le savez car tous les professionnels de santé vous l’ont dit qu’il manque les 100'000 lits qui ont été supprimés depuis 10 ans dans les hôpitaux. La France a deux fois moins de lits en soins intensifs que l’Allemagne et ça se mesure avec un bilan nécrologique 4 fois plus important qu’outre Rhin.
Pour cacher l’absence de masques individuels, votre gouvernement prétend qu’ils ne sont pas utiles pour la population, ce que les autres pays ont clairement démenti dans leur façon de gérer le Covid.

Le confinement physique des Français n’aurait pas été nécessaire s’il n’y avait pas une accumulation de carences gouvernementales.
Faut-il vous rappeler que le stock de masques individuels a été réduit de 92% depuis 10 ans, passant de 1,6 milliards d’unités à seulement 140 millions ; alors même que les épisodes infectieux se multiplient.
Faut-il vous rappeler aussi que la France est devenue totalement dépendante des importations pour ce matériel.
Faut-il vous rappeler encore que la seule usine en Europe de fabrication de bombonnes à oxygène médical est en France, qu’elle a été fermée par la volonté spéculative de son propriétaire et qu’il vous est possible, par décret de prononcer sa nationalisation comme élément de défense nationale.

Je vous accorde que vous avez hérité d’une politique aberrante en matière de santé, mais depuis 3 ans, non seulement vous n’avez rien fait pour rétablir un fonctionnement normal de la santé publique, mais vous avez continué à détruire le système de santé.
En pleine crise sanitaire aggravée par un sous-équipement de la France en matière de santé, votre ministre déclarait que la réforme de l’hôpital allait se poursuivre, que ce n’est pas un problème de moyens, mais d’organisation. Il n’a pas dévoilé son plan pour imposer aux virus de ne sévir que dans la mesure où l’Hôpital est en capacité de les contrer.
D’autres parts, la France est le dernier pays à snober la chloroquine au fallacieux prétexte qu’on n’a pas les retombées scientifiques pour attester que dans les éprouvettes des labos, elle se montre efficace.
Le Dr Raoult l’a démontré dans son service en guérissant 91% des malades qui y sont traités.
Nombre de pays misent sur la chloroquine : La Chine, la Corée, la Belgique, la région Lombardie, la ville de New-York, l’Inde, l’Iran, la Suisse. Depuis peu, l’entier des USA s’y mettent aussi.
Un obscur Ministre de la Santé français pourrait-il avoir raison contre l’avis de la moitié de l’Humanité… Sachant que ne rien faire c’est condamner plus de la moitié des malades en réanimation et d’autres parts que c’est un médicament archi connu depuis 71 ans ? Un médicament administré systématiquement aux expatriés d’Afrique pour leur éviter le paludisme. Donc démontré sans danger en suivant les prescriptions d’usage.

C’est une attitude affligeante ; et il n’est pas le seul, dans votre gouvernement, à manquer des capacités nécessaires pour la grandeur de leurs missions.

Dans la foulée et parce que ça relève aussi de la santé publique et de la responsabilité gouvernementale, les infections nosocomiales provoquent la mort de 4'000 à 10'000 personnes (selon les sources) par année, dans la plus stricte indifférence médiatique et politique. Selon les hôpitaux, il y a entre 5 et 15% de patients infectés. Lorsque leur hospitalisation doit se prolonger, ce sont des milliers d’euros de coût supplémentaires pour la SECU.
La cause première de ces infections est le manque de personnel dans les hôpitaux et le manque de qualifications du personnel d’entretien des zones sensibles.
Dans la même indifférence assourdissante, les erreurs de diagnostics provoquent, selon le Sénat, 50'000 décès chaque année. La cause première est la politique restrictive de la CPAM, qui, d’une part pénalise les médecins qui, à son goût, prescrivent trop d’examens et qui, d’autre part, offre des primes aux médecins qui prescrivent peu.
En terme clairs, c’est une incitation à moins faire et tant pis pour la casse…
Comment pouvoir tolérer ces dérives ?

Si la santé publique est dans un si mauvais état, c’est qu’il lui manque tous les milliards de cadeaux fiscaux fait aux riches.
Il manque à la SECU tous les milliards d’exonération de charges accordées aux grandes entreprises.
Il lui manque aussi tous les milliards de fraude patronale aux cotisations sociales.
Il lui manque encore tous les milliards de l’évasion fiscale.
Pour tout ça, nous attendons des réponses immédiates.
Elles sont là, elles existent, il suffit de vouloir les appliquer et là, personne n’en voudra au gouvernement de légiférer par décret ou avec le 49.3.

Cette crise induite par le Covid-19 et le confinement rendu nécessaire par l’absence de matériel adéquat en quantité suffisante va coûter à la France 2 ou 300 milliards, si ce n’est davantage.
Les 100 milliards que vous venez de débloquer n’y suffiront pas, loin de là.
D’où viendra cet argent, puisque le gouvernement a exclu toutes augmentations d’impôts ?
Vous étiez banquier, vous le savez donc aussi bien que moi que le recours à l’emprunt en lieu et place de la fiscalité est le meilleur moyen de mettre un pays à genoux.

Pour assumer cette crise profonde née des erreurs de gestion de 3 présidences,
- Vous ne pourrez pas échapper à devoir réintroduire l’ISF, et le plus tôt sera le mieux.

- Vous ne pourrez plus offrir 40 milliards aux grandes entreprises multinationales. (C’est une aberration économique de donner de l’argent à des structures qui sont faites pour en gagner. )

- Vous devrez instaurez l’impôt universel (comme aux USA), ainsi, la problématique de l’évasion fiscale sera résolue.

- Supprimer les niches fiscales permettant aux riches d’échapper à l’impôt.

- Il est temps aussi d’inclure l’ensemble des charges sociales sur les revenus en capital et les dividendes.
Rappelez- vous le slogan de base de la SECU, celui qui a fait la fierté du CNR :
« Chacun cotise selon ses moyens et chacun reçoit selon ses besoins. »

C’est le prix à payer pour éviter une faillite de la France et vous aurez ainsi les moyens de rétablir un système de santé pour tous qui soit à la hauteur des prétentions de la France.

Si je peux vous rassurer, ce n’est pas le coût de la main d’œuvre qui plombe les entreprises françaises, mais leur gestion trop « approximative » et la gloutonnerie de leurs actionnaires.
Avec un coût moyen de la main d’œuvre à 6'500.- francs suisses par mois (6’200€), la Suisse a une balance commerciale nettement excédentaire, ce qui revalorise le franc suisse face à toutes les autres monnaies. Ses finances sont saines, le chômage est deux fois moindre qu’en France et, toutes corrections prises en compte, le pouvoir d’achat des Suisses est 10 à 20% plus élevé que celui des Français. Cette situation est possible car la Suisse a toujours cherché l’excellence dans son travail. Ce qui ne serait pas un challenge insurmontable si l’industrie française voulait s’en donner les moyens.

Vous n’êtes pas redevable devant la France de tout ce qui a été fait avant vous, mais vous l’êtes pour tout ce que vous avez continué à faire depuis 2017 et tout ce que vous n’avez pas fait pour réparer la mise à mal faite par vos prédécesseurs. Et c’est déjà énorme.
Les carences d’équipement des hôpitaux vont se comptabiliser en milliers de morts qui ne seront imputable ni à « pas de chance », ni au »destin », mais à la politique gouvernementale.

Au regard des statistiques entre la France et l’Allemagne, trois morts sur quatre sont imputables au dysfonctionnement structurel de la santé en France par privation de ses moyens d’action.
Si le bilan n’est pas pire, ça tient au dévouement exceptionnel du personnel, malgré leurs salaires de misère et des conditions de travail indignes d’un pays qui se veut civilisé.

Vous avez pris l’habitude de gouverner par décrets,
Il vous suffit d’en imposer 3 ou 4 et vous aurez le financement pour la SECU, les retraites, les autres volets du social et pour réparer la casse sociale imputable à la mauvaise gestion de cette crise.

A vous de convaincre les riches que payer des impôts est une fierté, un remerciement à la nation pour ce qu’elle leur donne…

C’est ce qui se pratique aux USA et il vaut mieux les imiter sur ce sujet que sur la prévention sociale…

En espérant que vous aurez une meilleur écoute pour la France que pour le Dolder, je vous présente, Monsieur Macron, mes salutations et mes vœux pour une France en résurrection sociale.

Emile Blutch,
auteur politique, ancien chef d’entreprise, concepteur de machines électromécaniques, géobiologiste.

Cette lettre peut être reprise en d'autres lieux pour autant qu'elle ne soit pas dénaturée et que la signature originelle reste visible.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.