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Le Club de Mediapart sam. 30 juil. 2016 30/7/2016 Dernière édition

Téléphonie mobile : Benjamin Bitton joue à David contre Goliath

Menacé dès 2012 par les géants du mobile, Benjamin Bitton, l’opérateur discount de Bordeaux, a su tirer profit du challenge.

Initialement, rien ne prédestinait ce jeune bordelais à devenir un des précurseurs des abonnements de téléphone mobile à prix discount. Diplômé en comptabilité (il a obtenu son DECF en 1997 à l’Université Bordeaux 4 Montesquieu), le jeune Benjamin Bitton « monte à Paris » pour suivre sa petite amie. Pas question de jouer les auditeurs ou les comptables, Benjamin Bitton s’intéresse à tout sauf à cela ! Passionné de nouvelles technologies, il suit, de près, les pas de géant de l’informatique, de la téléphonie et leur convergence annoncée...

A Paris, en découvrant la floraison de boutiques de téléphonie mobile, il veut tenter sa chance. « J’ai même rêvé une nuit que j’ouvrais ma propre boutique ! Ca n’est pas super ambitieux, admet-il, mais l’idée était là ! »Il débute ainsi en 2000 au sein d’une PME (Golden Commercial) dans l’animation d’équipes commerciales, avant d’être embauché comme directeur d’agence (GSM Express) deux ans plus tard. En 2004, il se met à son compte en lançant Caac afin de distribuer des forfaits Bouygues Telecom.  Il a l’idée originale de relancer la vente en porte à porte.  Porte-à-porte dont il dira plus tard que c’est « l’école (qui) m’a appris peut être autant voire plus que toutes mes années d’études ». Une belle leçon… et un résultat bluffant puisque qu’il réalise un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros par an, notamment grâce à un call center monté pour l’occasion.

Benjamin Bitton, capitalise sur son expérience de vente à distance et en porte à porte pour lancer sa propre start’up : Sim+.

L’année suivante en 2009, ses seules économies en poche, Benjamin Bitton lance Sim+. Le principe est simple : Sim+ achète en gros des minutes de téléphonie en à SFR et les vend au détail. A ses débuts, pour se lancer, il casse les prix - une méthode efficace que Xavier Niel emploiera avec le succès que l’on sait, des années plus tard. Ainsi, dès 2010, alors que l’oligopole Orange, SFR, Bouygues se serre les coudes, il propose un forfait prépayé (avec un Nokia d’entrée de gamme) pour un tarif réduit sur les communications vocales (1).

La société lancée par Benjamin Bitton, France Communication, via son offre Sim+ brade aussi le prix par minute pour les appels internationaux et le data. Des offres offensives qui s’accompagnent d’une dernière trouvaille marketing : le paiement par tranche de 25 euros. Un forfait plus souple à payer pour le consommateur qui mesure ainsi sa consommation au plus près. Et, pour l’expert-comptable Benjamin Bitton, une façon astucieuse de lutter contre les impayés…

L’art de transformer l’agression en booster d’affaires

Dans ce business complexe -qui plus est pour un petit entrepreneur perdu au milieu des gros opérateurs dotés de gros capitaux-, Benjamin Bitton, quand il n’est pas commercial, s’improvise homme-orchestre de sa start-up. « A l’époque se souvient-il, je m’occupais du suivi client, de l’inscription à la résiliation en passant par le « provisionning » (gestion des ordres et interconnexion avec SFR : modification & restriction de ligne, ajout d’options, etc..),  le back office (afin que l’information soit correctement récoltée et transite sur toute la chaîne), et, lâche-t-il dans un sourire « j’étais donc amené à bidouiller, tester, débugger ».  

En quelques années, Benjamin Bitton se fait un nom à la tête de Sim+  sur un business ultra concurrentiel, dominé par la baisse des coûts et des offres aux marges de plus en plus riquiqui. En 2012, lorsque Xavier Niels à la tête de Free annonce son forfait illimité à 29 euros, Sim+, au lieu de boire la tasse, profite de son agilité face au mastodonte et surfe sur la vague discount en alignant ses tarifs (2) ! Ou l’art de transformer l’agression en booster d’affaires ! Pour son sixième anniversaire, l’entreprise au sein de laquelle exerce Benjamin Bitton est toujours active grâce à la confiance d'une dizaine de milliers de clients et croît doucement dans un milieu où tous les coups sont permis...

Avec Elodie Bouchard à Bordeaux

(1) 0,17 centime la minute, là où la concurrence les vendent entre 20 et 60 cts d’euros.

(2) C’est le cas de Small pour 2 euros par mois (2h d'appel et 60 sms), ou de Giant où il reste encore moins cher que le géant d’Iliad : 20 euros par mois (appels et SMS illimités + 500 Mo d'internet en 3G).

 

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Tous les commentaires

Vendre des forfaits téléphone en porte à porte : je n'aurai pas parié un copek dessus ! Et pourtant, le mois dernier Orange est venu me vendre sa fibre en sonnant un soir... J'ai apprécié la démarche personnelle et humaine. Au moins est-on sûr de ne pas avoir affaire à un call center exotique où l'on l'impression de parler (voire crier vu la qualité du son) avec des robots... Merci Benjamin Bitton ;)

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