Reporters en colère

Ce 5 decembre 2019, jour de grève générale, le collectif REC a mené une action fort dans la capitale.

Illustration des membres de reporters en colère © Emilien SCHELY Illustration des membres de reporters en colère © Emilien SCHELY

En amont de la manifestation, les divers et nombreux journalistes membres du collectif REC fondé récemment afin de dénoncer les répression ont mené leur première action symbolique.  Les journalistes se sont présentés avec un bâillon ensanglanté sur la figure afin de dénoncer les violences qu'ils subissent, notamment par les forces de l'ordre.

Les faits ayant eu le plus d'écho sont notamment ceux concernant Taha Bouhafs, journaliste pour le média "Là-bas si j'y suis" ainsi que Gaspard Glanz, fondateur du média en ligne "Taranis News".

Pourtant la capacité pour tous les journalistes à mener un travail journalistique de terrain est aujourd'hui extrêmement perturbé par une police qui n'est plus contrôlée.

Intimidations, saisie de matériels de protection, arrestations, fouilles, violences, destruction du matériel de prise d'images... Ces exemples ne plus sont plus exceptionnels, ils se normalisent.

La carte de presse, longtemps le graal de la liberté de circulation n'est plus reconnue. La loi n'est plus respecté par ceux qui en sont pourtant garant.


Cette action forte du collectif reporters en colère laisse pourtant dans son sillage un goût amer.

On dénombre 25 journalistes ayant été blessés par les armes de la police le jour de l'action. La plus grave fut celle d'un journaliste turc ayant perdu un œil.


Si le politique ne réagit pas, si le corps citoyen ne prends pas conscience du danger de cette tentative de museler la presse qui dérange, alors c'est l'essence même du journalisme en France est en danger. 

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