Black Earth Rising une fiction révisonniste

Cette série de Netflix, réalisée par Hugo Blick, est une fiction qui semble vouloir être plus efficace que la propagande négationniste du génocide des Tutsi et de l'implication française dans ce génocide.

Cet article de Glamour me rappelle un projet d'article  :

Donc voici ce que je pense de cette série et qu'un de mes amis me déconseilla de publier pour ne pas risquer d'être taxé de théorie du complot :

D'une manière générale comme le souligne Jessica Gerondal, la trame principale est une rescapée qui se croit tutsi et victime du génocide des Tutsi qui devient in fine une rescapée hutu d'un génocide inverse qui n'a pas existé et qui est l'expression de l'idéologie négationniste du double génocide.

Nous partageons le point de vue de Maria Malagardis et Jessica Gerondal repris dans cet article de Glamour. C'est une série bien ficelée mais qui fait de graves écarts avec l'histoire. Ce ne serait pas si grave si par certains aspects Hugo Blick n'avait pas tant voulu coller à l'histoire bien que ce soit une fiction très déformante.

A gauche Jean-Louis Bruguière, à droite l'avocat ami de l'héroîne de Black Earth Rising A gauche Jean-Louis Bruguière, à droite l'avocat ami de l'héroîne de Black Earth Rising

Exemple : La photo ci-contre montre que le principal ami de l'héroïne, l'avocat anglais (à droite) est un sosie craché du juge Bruguière (à gauche). La photo de l'acteur au naturel confirme cette recherche de ressemblance. L'attentat "déclencheur du génocide", objet d'une enquête fameuse et fumeuse de Bruguière,  devient dans cette série un faux meurtre d'un ecclésiastique enjolivé de mensonges de militaires français présentés comme minables et manipulateurs devant le religieux qu'ils prétendaient mort, tué par "une Rose Kabuye" complotiste. Le religieux débarque en sandale dans le bureau du jeune juge français qu'on assimile à Marc Trévidic  !

On voit bien qu'Hugo Blick a compacté les affaires juridiques françaises et espagnoles contre le FPR, en une seule affaire fictive en gommant l'affaire juridique concernant l'attentat "déclencheur du génocide" qui embarrasse les révisionnistes  suite à l'évolution de l'enquête Bruguière !!!  Cerise sur le gâteau de ce révisionnisme on assiste dans cette fiction au procès d'un génocidaire à Arusha appelé  "Mutzinzi". C'est bizarrement le même nom que le président de la commission rwandaise qui enquêta sur l'attentat "déclencheur du génocide". Et cette simulation d'une Rose Kabuye, poursuivie par Bruguière dans le réel, qui a une relation extra-conjugale avec le sosie de Bruguière dans cette fiction, veut faire éclater "la vérité" sur le comportement du FPR au Zaïre. On ne peut pas être plus habile du point de vue historique pour jeter la confusion dans les esprits... Pierre Péan est dépassé !

On peut ajouter à cela des subtilités qui entretiennent les clichés un peu grotesques des membres de la communauté internationale, des mythes sur le Rwanda et sur les Tutsi manipulateurs, les femmes tutsi séductrices et volages à travers Alice/Rose, les témoins noirs qui mentent, etc., tout cela est retranscrit avec naturel, mais avec des scènes accentuées correctrices, par exemple antiracistes, qui prennent en charge la réaction du spectateur et le désarment.  Qu'est-ce qui reste en fin de compte ? le naturel ou le surjoué ?

Bref ne regardez certainement pas cette série pour comprendre l'histoire du génocide des Tutsi et la première guerre du Congo... vous plongeriez dans la banalisation boueuse d'un négationnisme occidental larvé dans un racisme qui prétend ne pas l'être.

En prime il colporte les soi-disant six millions de morts de la deuxième guerre du Congo qui, comme le remarque Maria Malagardis, rappellent les 6 millions de juifs exterminés par les nazis. Ça fait plus vrai ! 6 millions de morts, grossissement des 4 millions de morts d'une estimation contestée de l'ONG américaine IRC et non confirmée par le rapport Mapping. Ces morts de trop dûs au conflit en RDC de 1998 à 2004, analysés dans une études approfondie de démographes belges de l'ADRASS, sont calculés en fait par leurs méthodes à cent quatre vingt trois mille morts. Cherchez l'erreur .... dans le Conseil de surveillance de l'IRC : on y trouve une collection de secrétaires d'état états-uniens, dont Colin Powell, Condoleezza Rice, Madeleine Albright , Henry Kissinger, bien connus pour leur sens de la vérité quand il s'agit de défendre les intérêts US ! Le ressort de tout cela, c'est le contrôle des mines du Congo et la justification corrélative de la Monusco, plus grosse opération des nations unies qui engouffre depuis sa création 1.5 milliards de dollars chaque année.

Hugo Blick traite du Rwanda sans aucun Rwandais. Cela se sent terriblement à travers des personnalités qui n'ont absolument rien de la personnalité rwandaise. C'est du toc ! C'est faussement vrai et vraiment faux. On voit d'ailleurs une demi douzaine de vomissements peu ragoutants, c'est à l'image de la série : rendre la véritable histoire indigeste.

Bout à bout cela montre un jeu très malsain de la part d'Hugo Blick. Accepterait-on une telle fiction sur la Shoah ?

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.