Emmanuel_Cattier
Citoyen actif pour le respect des citoyens de tous les pays par les responsables français, notamment comme webmestre et rédacteur du site de la commission d 'enquête citoyenne sur l'implication de la France dans le génocide des Tutsi.
Abonné·e de Mediapart

126 Billets

0 Édition

Billet de blog 9 avr. 2014

L'incohérence de Manuel Valls dans son discours de politique générale

Emmanuel_Cattier
Citoyen actif pour le respect des citoyens de tous les pays par les responsables français, notamment comme webmestre et rédacteur du site de la commission d 'enquête citoyenne sur l'implication de la France dans le génocide des Tutsi.
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

"Je n’accepte pas les accusations injustes et indignes qui pourraient laisser penser que la France s’est rendue complice d’un génocide au Rwanda. Son honneur, c’est toujours de s’interposer entre les belligérants" Manuel Valls, discours de politique générale !

Manuel Valls qualifie d'"injustes et indignes" les accusations de Kigali  Jeune Afrique 8 avril 2014

"Son honneur, c’est toujours de s’interposer entre les belligérants", ce n'est pas ce qui s'est passé au Rwanda. Les autorités françaises ont clairement soutenu un gouvernement qui préparait un génocide, ce qu'elles savaient. Elles ont clairement pris parti pour les génocidaires, jusqu'à la fin du génocide et même après dans les camps au Zaïre. L'opération Turquoise ne fut qu'un cache misère pour tenter de se créer un alibi sur la politique française de 1990 à 1994, mais en réalité pour s'opposer au FPR qui fut le seul en définitive à combattre les génocidaires. Dans le cadre de l'opération Turquoise (22 juin au 23 août 1994),  les vieux démons de nos officiers  resurgirent malgré quelques bonnes actions notamment lorsque des soldats français désobéirent pour porter secours aux réfugiés de Bisesero. Le parti pris de l’état-major français dut s'incliner devant les faits, quatre jours avant la date généralement convenue de la fin du génocide.

La France vota le départ des casques bleus le 21 avril 1994, elle n'usa pas de son droit de veto. Les soutiens français aux génocidaires retardèrent la victoire des seules forces qui combattaient le génocide sur le terrain, et donc la balance des vies sauvées et des vies compromises est certainement en défaveur lourde de la France. Toutes les victimes du génocide touchées par des grenades, des obus et des balles fournies par la France furent victimes de la France, en violation de l'accord de cessez le feu de N'Sele de mars 1991, en violation de l'article 2 du premier accord d'Arusha signé le 12 juillet 1992, en violation de l'embargo de la résolution 918 de l'ONU du 17 mai 1994. Les machettes finissaient le travail.

Cette déclaration de politique générale à propos du Rwanda est donc un simple, mais grave, mensonge, qui montre une grande lâcheté intellectuelle. Si les autorités françaises refusent de reconnaître la complicité de génocide au Rwanda de leurs prédécesseurs en 1994, c'est qu'elles continuent à ne pas vouloir voir au-delà d'elles-mêmes. Il est probable que si elles reconnaissaient ces faits Hollande et Valls craindraient bêtement de perdre tout crédit en Afrique, alors qu'ils essaient de regagner une légitimité en Centrafrique aux côtés des soldats  Rwandais. Ils auraient au contraire tout à gagner à reconnaître ce que tout le monde comprend avec un minimum de bonne foi et de bon sens.

Avec si peu de lucidité sur une question morale aussi grave et saillante, les autorités françaises ne peuvent que nous conduire droit dans le mur. Aucun député lucide n'a pu donc voter la confiance à un tel premier ministre et au-delà à son gouvernement solidaire. E.C. 8 avril 2014

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Médias
La redevance sabordée, l’information en danger
Emmanuel Macron l’a décidé presque seul : l’audiovisuel public sera privé dès cette année des 3,2 milliards d’euros que lui rapporte cette ressource prélevée depuis 1948. Au nom du « pouvoir d’achat », le gouvernement s’apprête à faire peser de lourdes menaces sur les médias publics.
par Dan Israel
Journal
Outre-Manche, la BBC dans le collimateur du gouvernement
L’exécutif britannique veut changer le mode de financement du groupe audiovisuel public pour des raisons économiques et électoralistes. En janvier dernier, la ministre de la culture, Nadine Dorries, a expliqué vouloir mettre fin à la redevance, un système de financement qu’elle juge « obsolète ».
par Marie Billon
Journal — Gauche(s)
Le conflit russo-ukrainien divise la gauche anti-guerre
La cohérence du camp anti-impérialiste, a priori uni par son rejet des blocs militaires, a été mise à l’épreuve par l’invasion de l’Ukraine. Certains refusent les livraisons d’armes, craignant l’engrenage d’un conflit interimpérialiste, tandis que d’autres estiment incontournable cette solidarité. 
par Fabien Escalona
Journal
Yaël Braun-Pivet, première femme au perchoir
La députée des Yvelines succède à Richard Ferrand au terme de deux tours de scrutin. Un poste qu’elle convoitait depuis de nombreux mois. 
par Christophe Gueugneau et Ilyes Ramdani

La sélection du Club

Billet de blog
Roe VS Wade, ou la nécessité de retirer le pouvoir à ceux qui nous haïssent
Comment un Etat de droit peut-il remettre en cause le droit des femmes à choisir pour elles-mêmes ? En revenant sur la décision Roe vs Wade, la Cour suprême des USA a rendu a nouveau tangible cette barrière posée entre les hommes et les femmes, et la haine qui la bâtit.
par Raphaëlle Rémy-Leleu
Billet de blog
Le combat pour l'avortement : Marie-Claire Chevalier et le procès de Bobigny (1)
[Rediffusion] Marie-Claire Chevalier est morte le 23 janvier, à 66 ans. En 1972, inculpée pour avoir avorté, elle avait accepté que Gisèle Halimi transforme son procès en plaidoyer féministe pour la liberté de disposer de son corps. Pas facile d’être une avortée médiatisée à 17 ans, à une époque où la mainmise patriarcale sur le corps des femmes n’est encore qu’à peine desserrée.
par Sylvia Duverger
Billet de blog
Quel est le lien entre l’extrême droite, l’avortement et les luttes féministes ?
La fuite du projet de décision de la Cour suprême qui supprimerait le droit à l'avortement aux Etats Unis en est l'exemple. L’extrême droite d’hier comme d’aujourd’hui désire gouverner en persécutant un groupe minoritaire sur des critères raciaux pour diviser les individus entre eux. Quant aux femmes, elles sont réduites à l’état de ventres ambulants.
par Léane Alestra
Billet de blog
États-Unis : le patient militantisme anti-avortement
[Rediffusion] Le droit à l'avortement n'est plus protégé constitutionnellement aux États-Unis. Comment s'explique ce retour en arrière, et que peuvent faire les militantes des droits des femmes et les démocrates ?
par marie-cecile naves