"Ne vous rendez pas aux urgences sans avis médical"

La République est devenue folle

"Ne vous rendez pas aux urgences sans avis médical" tourne en boucle dans les communications du ministère de la santé. On croit rêver mais c'est un cauchemar. La communication républicaine perd le sens des choses. Pourquoi va-ton aux urgences si ce n'est pour avis médical ? Où peut-on avoir un avis médical en urgence en France ? Les médecins ne se déplacent plus chez le malade, la plupart du temps il consultent sur rendez-vous dans des plages horaires bien précises et de plus en plus de zones du territoires sont éloignées du recours au médecin. Les médecins ne veulent plus être dérangés. On marche sur la tête. Ou peut-être ai-je mal entendu ce que j'ai entendu à la radio ?

Vous vous souvenez de l'attentat de Strasbourg en décembre ? Les strasbourgeois sont allés déposer leurs légitimes compassions au pied de la statue d'un grand massacreur de civils, le Maréchal Kléber. Il fut l'un des principaux bras armé du génocide vendéen, pardon du "populicide" selon le terme contemporain, pendant "la terreur" qu'on devrait appeler la terreur républicaine. Sur ordre écrit d'extermination de la population, on éventra des femmes pour tuer leur fœtus afin que plus un Vendéen ne risque de se lever contre la république naissante, comme au Rwanda ou en Arménie. Kléber sévit aussi en Egypte massacrant les civils égyptiens. L'un d'eux l'assassinat pour protéger/venger  la population de ces massacres. Notre république, en sa commune de Strasbourg, honore ce massacreur et la population suit dans sa douleur cette incohérence républicaine.

Si vous ajoutez à cela qu'un lycée et un collège de Strasbourg portent, dans un grand effort de grande cohérence pédagogique, le nom de ce massacreur officiel vous ne serez pas étonné d'apprendre que dans la cour commune de ces deux établissements est installé la statue de Kléber les pieds dans le gazon, pas plus grande que les élèves, à hauteur de copain... Cet "exemple" est un des vôtres dit cette pédagogie officielle gravée dans le bronze. Il est intéressant de noter que selon des photos sur Internet cette statue installée au Lycée Kléber était à l'origine sur un piédestal. Elle a donc était descendue il n'y a pas si longtemps à hauteur d'homme, telle que je l'ai vue moi-même.

Revenons à notre hymne national. Un génocide a été commis au Rwanda, le génocide des Tutsi. Un Tribunal international fut monté par l'ONU pour juger les cerveaux du génocide. L'un des accusés était un chanteur populaire au Rwanda. Ses chansons entraînaient les miliciens et la population contre les Tutsi.  Quel argument avança son avocat ? Il avança que les paroles des chansons de son client n'étaient pas pires que celles de la Marseillaise française. La Marseillaise appelée en défense de plusieurs suspects de génocidaire !!! Le problème est que malgré les contorsions explicatives pour tenter de justifier "qu'un sang impur abreuve nos sillons", la défense de ces avocats ne manquait pas de bon sens !

Toujours à Strasbourg, un char d'assaut de la deuxième guerre mondiale braque son canon sur la sortie d'une école maternelle depuis des décennies...

On continuera donc de faire attention à ne pas aller chez le médecin sans avis médical et à mettre un gilet jaune si on descend dans la rue en dehors de sa voiture !

D'ailleurs en plein mouvement des Gilets jaunes on nous rappelle qu'il faut honorer notre hymne national : "Aux armes citoyens !" De quoi perdre la tête.

Mais enfin réagissez !

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