La surmortalité au Congo - Une étude l' ADRASS

La surmortalité au Congo (RDC) durant les troubles de 1998-2004 : une estimation des décès en surnombre, scientifiquement fondée à partir des méthodes de la démographie.

http://adrass.net/WordPress/wp-content/uploads/2010/12/Surmortalite_en_RDC_1998_2004.pdf

Au sujet de nombre des victimes sur la période 1993-2003 au Zaïre/RDCongo

Le "rapport Mapping" est un document de 581 pages du Haut commissariat aux droits de l'homme de l'ONU. Il fait l'inventaire des nombreux massacres d'une ou plusieurs personnes qui se sont produits en RDC de 1993 à 2003. Environ 600 massacres sont étudiés. Les informations recueillies sont parfois précises, parfois incertaines. Les rédacteurs ne s'en cachent pas puisqu'ils emploient 177 fois l'expression "nombre indéterminé". Les chiffres avancés par de nombreux congolais, par Pierre Péan et la propagande française, et le Hutu power, sont hypertrophiés. Ils sont très probablement inférieurs à quatre cent mille morts en étant large. L'étude de deux experts démographes belges est la seule étude connue faite par de véritables démographes sur cette période.

Article rédigé le 30 décembre 2019. Cette page ne citait que le lien vers l'étude de l'Adrass dans sa version initiale. Cet article est un rappel, à l'intention de la rédaction de la Tribune de Genève, sur la désinformation concernant la surmortalité au Congo de 1993 à 2004. (cf. dernier paragraphe)

Le nombre de morts a été multiplié par 20, 40, et même 60,
selon les humeurs des propagandistes :

    • Etude démographique de l'Association pour le Développement de la Recherche Appliquée en Sciences Sociales, ADRASS.
      Ces experts ont travaillé sur cette étude dans le cadre d'une mission européenne pour aider à établir les listes électorales congolaises. Les cartes d'électeur qui ont résulté de leur travail furent déclarées par le parlement congolais carte d'identité nationale. Cette étude sur la surmortalité est une partie de leur travail.

Extrait de l'introduction des démographes :

  • "Les quatre millions de morts, produit supposé de la deuxième guerre du Congo, entre 1998 et 2004, représentent une évaluation du nombre de décès dus aux troubles et à leurs conséquences. Depuis lors, ce nombre a, curieusement, subi une inflation dans l’horreur ! En ce qui nous concerne, nous n’étudions ici que la validité du nombre initialement proclamé et nous montrons qu’il a été incroyablement exagéré." "Une première guerre a eu lieu en 1996 lorsque les troupes de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL), fortement épaulées par des militaires rwandais, ont traversé le Congo d’Est en Ouest, jusqu’à la fuite du président Mobutu et l’installation au pouvoir du président Laurent-Désiré Kabila. De l’avis général, cette opération s’est apparentée à une promenade militaire caractérisée par la fuite éperdue (ou la reddition) des troupes fidèles au Maréchal Mobutu devant les hommes se réclamant du futur président. Il y eut certainement des morts suite à des escarmouches, ou dans le cadre d’exécutions ou d’autres exactions mais un consensus est établi pour dire que cette première guerre a généré peu de mortalité directe et un minimum de désorganisation supplémentaire. D’ailleurs, les quatre millions de morts souvent cités ne se réfèrent pas à cette première guerre."

  • Lien vers le rapport Mapping

De nombreux propagandistes attribuent au rapport Mapping des "vérités" qui n'y sont pas.

La "fake news" la plus fréquente à propos de ce rapport est qu'il affirmerait qu'il y aurait de 4 à 12 millions de morts, selon les auteurs, dans cette période à cause du "dictateur Kagame", président du Rwanda. Le rapport Mapping ne donne aucun nombre de morts et même affirme dans une note de bas de page : "Compte tenu de son mandat, il ne revenait pas au Projet Mapping de se prononcer sur le nombre total de personnes mortes ou tuées du fait de la situation en RDC au cours de la période considérée." Cette fake news surexploitée dans les médias est donc démentie en une seule phrase et une note de bas de page.

  • Rapport Mapping page 49

    "Ces dix années ont, en effet, été marquées par une série de crises politiques majeures, des guerres ainsi que de nombreux conflits ethniques et régionaux qui ont provoqué la mort de centaines de milliers, voire de millions de personnes 87" "
    Note 87 : L’International Rescue Committee (IRC) a mené quatre études sur la mortalité en RDC entre 1998 et 2004. Selon l’IRC, depuis le début de la deuxième guerre en août 1998 jusqu’à la fin du mois d’avril 2004, environ 3,8 millions de personnes auraient péri, victimes directes ou indirectes de la guerre et des conflits armés. Il est à noter cependant que la méthodologie retenue par l’IRC pour déterminer le nombre de morts indirects repose sur des études épidémiologiques et des estimations de croissance démographique qui ont pu être contestées. Compte tenu de son mandat, il ne revenait pas au Projet Mapping de se prononcer sur le nombre total de personnes mortes ou tuées du fait de la situation en RDC au cours de la période considérée."

Je me suis intéressé à l'IRC, pour comprendre pourquoi cette ONG affirme des chiffres que le Mapping ne confirme pas. Son conseil de surveillance a éveillé ma méfiance. 

  • Lien vers l'IRC Board of Directors and Overseers

    On trouve dans cette liste des "surveillants" de l'IRC des membres de la diplomatie et des armées des USA qui peuvent très bien avoir sanctifié des manipulations de chiffres, si on en juge par exemple par les motifs avancés pour déclencher la guerre en Irak :

    • Madeleine K. Albright
    • Henry A. Kissinger
    • General Colin L. Powell
    • Condoleezza Rice
    • Etc.

La question qui se pose est la suivante : l'administration US a-t-elle manipulé l'opinion internationale à travers l'IRC pour justifier la plus grosse intervention de l'ONU : la MONUSCO ? Si c'est vrai on ne peut s'empêcher de penser à l'exploitation des richesses de la RDC. La France n'a jamais crié au scandale dans cette affaire(contrairement à son attitude face aux USA dans la guerre en Irak), car cela arrangeait son négationnisme de son implication dans le génocide des Tutsi : il fallait combattre le pouvoir actuel du Rwanda car il serait plus criminel que les génocidaires qui ont exterminé les Tutsi. CQFD !

Je vous livre ci dessous quelques liens qui sont en relation avec ce problème  :

  • Guerre 1998-2004 en RDC: 183 000 morts
      La Libre Belgique 31 décembre 2008
    [...]
    André Lambert et Louis Lohlé-Tart, se sont livrés à "une estimation des décès en surnombre" durant la guerre en RDC, qu'ils estiment "scientifiquement fondée" et arrivent au chiffre de 183.000 personnes ayant péri du fait des hostilités. MM. Lambert et Lohlé-Tart sont deux des trois démographes experts auxquels la Commission européenne avait demandé de contrôler les procédures d'enregistrement des électeurs congolais en 2005-2006.

    Ils ont combiné ces chiffres à ceux du dernier recensement (1984), de la première grande enquête démographique au Congo (1956) et à l'évolution de l'espérance de vie entre 1956 et les années 1990 telle que fixée par l'Onu (sur base de chiffres congolais).

    Selon les deux auteurs, la totalité des décès au RDC entre 1998 et 2004 a été de quelque 7.700.000. Si on leur enlève les quatre millions de morts qui seraient dus à la guerre, cela signifierait que l'espérance de vie au Congo, ces années-là, aurait été de 60 ans, "alors qu'en dehors de ces dates elle stagne aux environs de 42 ans".[...]

  • Le Congo-Kinshasa théâtre de la plus grave crise humanitaire mondiale, selon "Lancet"
    (A.P. 09/01/2006)
    "[...]Selon l'étude publiée dans "Lancet", le taux de mortalité mensuel en République démocratique du Congo (RDC) est supérieur de 40% à la moyenne en Afrique sub-saharienne: il est de 2,1 décès pour 1.000 habitants -soit l'équivalent de 1.200 morts par jour.
    C'est dans les provinces de l'est du Congo-Kinshasa, en proie aux violences depuis plusieurs années, que la situation est la pire, avec un taux de mortalité supérieur de 93% à la moyenne. L'étude affirme que la majorité de ces décès sont dus à des maladies plutôt qu'aux violences. Elle précise toutefois que les guerres civiles dans le pays ont réduit ou même supprimé l'accès aux services de santé pour des millions de Congolais.
    Ces morts sont en grande partie dues à des "maladies évitables et facilement traitables", souligne l'étude. Malaria, diarrhées, infections respiratoires et malnutrition arrivent en tête.
    Cette étude est basée sur les entretiens réalisés dans 19.500 foyers de RDC entre avril et juillet 2004 par des employés du ministère congolais de la Santé aidés par l'organisation non-gouvernementale "International Rescue Committee".
    Le gouvernement congolais a rejeté vendredi ces chiffres, estimant qu'ils étaient exagérés. "Je considère cela comme un gros mensonge", a déclaré le ministre de l'Information Henri Mova Sakanyi. "Ces chiffres sont très exagérés. Partout dans le monde, les gens meurent de maladies, pas seulement au Congo".
    La situation actuelle est le résultat des deux guerres consécutives qui ont ensanglanté le pays. La première (1996-97), menée par des rebelles soutenus par le Rwanda voisin, a conduit au renversement du dictateur Mobutu Sese Seko. Elle a été immédiatement suivie d'un nouveau conflit entre 1998 et 2002."
  • RWANDA : " 6 millions de morts en RDC ? Extravagant ! " selon Aldo Ayello
    Courrier international 13 décembre 2010
    "[...]Aldo AYELLO : - Je n'ignore pas que des centaines de milliers de réfugiés ont été repoussées plus profondément dans le territoire zaïrois sous l’effet de la panique ou sous la contrainte des militaires des ex-FAR qui s'en servait comme d'un bouclier humain. Dans la plupart des cas, même lorsque ces réfugiés avaient parcouru à pied des centaines de kilomètres à l'intérieur du Zaïre jusqu'à Tingi-Tingi ou Kisangani, ils ont pu être ramenés au Rwanda. Dans d'autres cas, il y a eu des pertes humaines, notamment lorsque ces réfugiés ont été utilisés comme boucliers humains par les ex=FAR et les forces armées zaïroises qui leur apportaient leur concours pour tenter d'éviter la défaite. Que des dizaines de milliers de réfugiés aient perdu la vie dans ces terribles circonstances, du fait que des combats, de la maladie, de l'épuisement, voir de « dommages collatéraux », est une évidence. Citer le chiffre de 6 millions de victimes provoquées par l'armée patriotique rwandaise et les autres pays qui ont participé aux opérations militaires dans le Zaïre jusqu'à la chute de Mobutu est tout simplement extravagant et devrait suffire à discréditer l'ensemble du rapport.[...]"
    Aldo Ajello fut Représentant spécial de l'UE pour la région des Grands lacs africains (mars 1996 - février 2007)

  • Perdus dans la forêt (période 1996-1997)
    (traduction française par le Docteur Wolfgang Blam de Vermisst im Urwald - Taz (Allemagne) 28/08/2010 - un décompte précis des morts (moins de 40 000) des camps de réfugiés Hutu, par Dominic Johnson très bon connaisseur du Kivu et longtemps membre du Pole Institute de Goma.
    Ce sont ces morts que l'on utilise pour arguer que le FPR de Kagame aurait commis un génocide des Hutu au Congo. Face à ces 40 000 morts Hutu, dont beaucoup étaient des génocidaires, d'où leur regroupement ethnique, qui n'est donc pas dû au choix ciblé du FPR mais à leur engagement dans le génocide des Tutsi, et dont beaucoup sont morts à cause des conditions de leurs fuites et pas seulement sous les balles de l'armée rwandaise ... des centaines de milliers d'autres Hutu, dont aussi des génocidaires, furent raccompagnés du Zaïre au Rwanda par l'armée rwandaise où ils furent réintégrés à la société rwandaise. Aucune volonté manifeste d'exterminer les Hutu, ce qu'a finalement reconnu le rapport Mapping, même s'il épingle quelques comportements individuels isolés dont il est écrit qu'ils ne peuvent pas qualifier la politique du Rwanda confirmée par les faits majeurs des rapatriements massifs de populations rwandaises Hutu.

Je reprend ici des éléments d'une page que j'ai crée en septembre 2010 au moment de la révélation du pré-rapport Mapping par le journal Le Monde et que j'ai régulièrement mise à jour sur le site de la commission d'enquête citoyenne.

Mes propos déclenchent la haine de certains propagandistes : par exemple sur ce blog de la Tribune de Genève qui ne s'honore pas d'abriter un tel galimatias dont la partialité grossière et injurieuse saute aux yeux et qui est cousue de fil de fakes news :

  • "Anti-France": Emmanuel Cattier Kagamiste, Extrémiste et Radicalisé pour Paul Kagamé!
    La Tribune de Genève serait bien inspirée de faire disparaître les articles que cet illuminé me consacre.
    Vous remarquerez aussi que ce monsieur veut bien reconnaître le "génocide des Rwandais" mais cela lui arrache la plume d'écrire génocide des Tutsi. Les rescapés Tutsi demandent à ce qu'on dise génocide des Tutsi. "Génocide rwandais" inclut les idées négationnistes de "double génocide". Comme le disait très bien le spécialiste des violences de masse de Science Po Paris, Jacques Semelin : "S'il vous plait ne parlons pas de génocide rwandais ça n'a pas de sens, mais du génocide de la minorité Tutsi de ce pays". Ce propagandiste congolais, qui épouse si bien les idées négationnistes franco-rwandaises, n'emploie le mot "Tutsi" que pour dénigrer mon épouse et la communauté rwandaise de France. On doit ici se rappeler que "les étrangers mariés aux femmes Tutsi" étaient inscrits comme tels dans la "définition de l'ennemi " de l'armée rwandaise qui participera au génocide. On voit bien quelles sont les influences de ce "journaliste".

Si vous voulez en savoir plus sur ma "vision" de la RDC, lire ceci :

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.