La politique tue. Nos luttes changent la vie entière

La politique tue. Le 5 novembre 2018, lorsque 8 immeubles s’effondrent à Marseille. Le 1er décembre 2018, lorsque Zineb Redouane, une octogénaire souriante est assassinée par la police d’un tir de projectile alors qu’elle essaie seulement de se protéger des gaz en fermant ses volets. Et encore, le 9 novembre dernier, lorsqu’un étudiant s’est immolé par le feu devant le CROUS de son université.

Qu'est-ce que la politique ?

Selon l’épineuse définition du Larousse, Politique désigne « l’ensemble des options prises […] par les gouvernants dans quelque domaine que s’exerce leur autorité », mais également une « manière de gouverner ». L’encyclopédie libre Wikipedia, donne trois définitions distinctes à ce terme ; tout d’abord, en son sens le plus large, la politique « désigne ce qui est relatif à l’exercice du pouvoir dans une société organisée ». Il s’agit ensuite d’une part de la définition d’une communauté, souvent grâce à un texte général de constitution. Enfin, il s’agit également de la pratique du pouvoir et des luttes que celui-ci implique.

En clair, la politique est une part de ce qui fait une communauté ou plus spécifiquement une nation, en établissant ce qui est moral, acceptable, de ce qui ne l’est pas, en créant des règles, en les faisant respecter et en gérant les affaires de la nation. Mais la politique est avant tout une question de pouvoir : on sait qu’il y en a 3 : le pouvoir législatif, celui exécutif et celui judiciaire. Selon Montesquieu, « pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir ». Si l’intention est bonne, il n’est pas difficile de se rendre compte qu’aujourd'hui le pouvoir est loin de s'arrêter lui-même…

Cependant il ne faut pas oublier que la politique est un domaine complexe. Ainsi, elle désigne tout autant les décisions prise par un gouvernement que les débats qui ont agités la société pour aboutir à ces décisions. 

On nous a volé la politique !

Tout est politique. Et c’est ainsi que la politique joue un rôle plus qu’important dans nos vies. Car lorsque vous attendez 30 minutes votre bus, derrière, il y a un choix politique, comme lorsque des personnes meurent en mer Méditerranée, mais aussi comme lorsque des personnes sont sauvées en mer Méditerranée ou bien lorsque les gens vivent heureux grâce à une bonne politique de la ville. 

La politique est centrale pour nos vies, mais elle n’est pas pour autant centrale dans nos vies, et l’on voit toujours les mêmes éditorialistes et femmes & hommes politiques s’occuper de la chose publique, monopoliser le débat de ce qui va pourtant changer nos vies. Et, parce qu’il est nécessaire de se dire les choses, la politique, aujourd’hui, est meurtrie. Les idéologies capitalistes et libérales monopolisent les plateaux, se servant d’un autoritarisme fascisant pour se maintenir en vie. La politique est meurtrie, meurtrie par une professionnalisation grandissante et dangereuse, la politique ne doit pas être l’affaire d’une élite se livrant aux pires jeux d’argent et de pouvoir et délaissant l’intérêt général commun. Car certes, notre République est bien loin d’une démocratie directe, mais qu’importe, le pouvoir ne saurait être confisqué au peuple sous ce simple prétexte, n’est-ce pas ?

Nos luttes changent la vie entière.

Alors ceci est un appel, un appel à s’engager peu importe où, peu importe avec qui, peu importe commun, l’important c’est de prendre les devants, pour ce qui compte vraiment pour vous.
Car tout est politique. Et si vous ne vous occupez pas de la politique, la politique s’occupe de vous. Et mieux vaut s’occuper de la politique plutôt qu’elle ne s’occupe de nous.

Il existe de multiples façons d'agir pour changer les choses, pour ce qui compte vraiment pour vous. Si vous le souhaitez, le changement c'est maintenant. Car, comme le dit ce vieux slogan, qui nous vient des luttes féministes, mais qui aujourd'hui encore, est utilisé partout dans le militantisme et notamment dans les luttes LGBTQIAP+, « Nos luttes changent la vie entière ». Car ce sont des luttes positives, inclusives et sincères, tournées vers l’intérêt général commun. L’argent et le pouvoir ne les intéressent pas, nos luttes sont bienveillantes, volontaires et démocratiques.

Nous avons toutes et tous une raison de nous battre. La destruction de l’éducation par M. Blanquer, les personnes qui meurent chaque jour en mer Méditerranée, l’installation d’espaces publics, la lutte contre la pauvreté, l’éradication des oppressions systémiques. Tout comme pour une vraie démocratie, contre la pollution et l’inaction écologique…

Alors, allons enfilons nos gilets, jaunes, rouges, verts ou noirs, investissons-nous dans les partis, les syndicats, mais aussi les associations et collectifs de nos quartiers ou qui s’occupe des sujets qui nous intéressent, quand ils n’existent pas, créons-les. Inventons ensemble des solutions aux problèmes qui se posent à nous, peu importe nos idéologies et nos étiquettes.


Mais surtout, reprenons la politique.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.