L'éco-fashion ou comment l'upcycling sauvera l’environnement

par CAPITAINE publié sur le site web de EPISTAIME le 27 SEPTEMBRE 2019

Le textile, deuxième plus gros pollueur industriel.

Avec 1,7 milliard de tonnes de CO2 par an, l'industrie du textile est celle qui rejette le plus d'émissions de gaz à effet de serre. Mais cette industrie pollue aussi les rivières, en effet 70% des cours d'eau en Chine sont jugés dangereux rien qu'au toucher. La consommation d'eau requise pour fabriquer un t-shirt de 250 grammes est de 2500 litres, tout en sachant que 12 kilogrammes de vêtement est jeté par an par chaque français. (1)

Des ressources pour produire trop importantes + une pollution à tous les niveaux + un gaspillage effarant = une catastrophe environnementale.

Le rapport sur l’industrie de l’habillement et des textiles de la WWF (2) de l'anglais : World Wildlife Fund, soit en français Fonds Mondial pour la Nature, catégorise et classe les grandes entreprises qui se dirige (ou pas) vers une production éco-responsable. Ainsi selon la WWF aucune marque se place dans la catégorie "visionnaire" mais H&M se place en deuxième catégorie en "ambitieux". Suivie de Nike, Adidas qui se retrouvent en "moyenne supérieure".

Ce rapport note que près de la moitié des marques étudiées utilisent encore trop de ressources et polluent énormément sur tout le processus de création des vêtements. Le problème, c'est aussi l'augmentation de la demande en vêtements, passant de 62 millions de tonnes en 2015 à 102 millions de tonnes en 2030. Le rapport indique donc : " Une transformation radicale de l'industrie de l'habillement et des textiles est nécessaire pour protéger l'environnement."

Pour résoudre le problème de la pollution du textile, la WWF a ciblé trois domaines dans lesquelles les industries peuvent agir.

  • L’efficience écologique : réduire les influences sur l’environnement 
  • L'innovation et la transformation : nouveaux modèles d’affaires pour user des nouvelles technologies
  • La consommation durable : moins de vêtements et des solutions pour les partager, les échanger ou les recycler

 

Quelles autres solutions nous sont offertes ? (3)

Amit Kalra (4) nous parle de vêtements modulaires, une structure qui permettrait de séparer rapidement les fils du tissu pour recycler intelligemment ou faire d'autres fripes pour qui sait coudre. Il nous incite aussi de teindre nos habits avec des épices dans nos propre cuisine plutôt qu'utiliser des produits chimiques qui pollueront nos nappes phréatiques. Mais aussi et pourquoi pas un jour des textiles compostables ! En somme un retour au naturel et c'est ce que Natsai Audrey Chieza nous propose avec le Streptomyces coelicolor qui produit des molécules de pigments et qui pourrait à terme changer la façon dont les industries colorent les vêtements et ça de manière biologique !

 

Natsai Audrey Chieza - La mode a un problème de pollution - la biologie peut-elle résoudre ce problème? © TED

Et peut être qu'un jour nous pourrons cultiver nos vêtements comme le fait Suzanne Lee (5) à base de kombucha, qui est un mélange symbiotique de bactéries, levures et autres micro-organismes. Mais nous pouvons déjà compter sur l'upcylcing.

L'upcycling ou surcyclage en français, est l'action de récupérer des matériaux destiné à être jeter ou détruit afin d'en faire un produit de qualité supérieure et de lui donner un usage de consommation éco-responsable. De grand couturiers et coutirières sont adeptes aujourd'hui du upcylcing, à l'instar de Maroussia Rebecq et de Ronald van der Kemp (6).

Si la mode ne finit jamais, l'industrie du textile pourrait bien mettre un terme au climat. Alors une mode durable est-elle possible ?

Alors oui certaines marques se dirigent vers une mode éthique. Hermès Paris a diminué de 37% la consommation d'eau pour la teinte de ses foulards en cinq ans (7). Le lancement de l'action Go For Good par Les Galeries Lafayette qui agit comme un label pour mesurer l’impact sur l’environnement, le développement social et le local (8). Des initiatives éco-responsables émergent ici et là, et notamment en ligne avec des plateformes comme CrushOn. Cette dernière souhaite s'inscrire dans une démarche éco-responsable de consommation du textile, en mettant en avant des créateurs et créatrices encore peu connu du grand public. Le tout en organisant quelques salons exceptionnels où l'on peut retrouver tout les acteurs et actrices éco-friendly (9).

Ou comment se distinguer des influenceuses de mode qui participe à répandre des produits chimiques en acceptant des chèques de multi-nationales.

En adoptant des créations uniques, des vêtements issus de l'upcycling fait par des artisans locaux, une chose est sûre. Aucun influenceur ou aucune influenceuse ne pourra dicter la mode contre un gros chèque. Consommer éco-responsable c'est aussi avoir une éthique de l'image de la femme ou de l'homme en accord avec les valeurs que nous partageons. C'est participer à un monde sans vacuité et laisser tomber le lifestyle imposé par de inutiles notoriétés invisibles et sous payés le tout emballé dans un monde numérique uberisé.

Acheter l'influence d'un individu auprès de sa communauté, tel est le principe du marketing d'influence. Bon à savoir, aucun follower ne fait partie de la famille d'un pseudo gourou, ils ne sont pas amis avec vous (10). Le public est la cible, l'objectif est l'argent.

« Celui qui déplace une montagne commence par déplacer de petites pierres. »

Confucius

 


 

Sources :

(1) : https://www.huffingtonpost.fr/2015/11/29/impact-textile-environnem_n_8663002.html
(2) : https://www.wwf.ch/fr/nos-objectifs/wwf-rapport-sur-lindustrie-de-lhabillement-et-des-textiles
(3) : https://www.ted.com/playlists/627/the_big_problem_with_fashion_and_how_to_fix_it
(4) : https://www.ted.com/talks/amit_kalra_3_creative_ways_to_fix_fashion_s_waste_problem?referrer=playlist-the_big_problem_with_fashion_and_how_to_fix_it&language=fr
(5) : https://www.ted.com/talks/suzanne_lee_grow_your_own_clothes/transcript?referrer=playlist-the_big_problem_with_fashion_and_how_to_fix_it#t-128202
(6) : https://magazineantidote.com/mode/lupcycling-va-til-sauver-la-mode/
(7) : https://o.nouvelobs.com/mode/20181116.OBS5532/la-mode-ethique-nouvel-atout-marketing-des-marques.html
(8) : https://www.altavia-group.com/fr/non-classe/les-galeries-lafayette-lancent-linitiative-ecoresponsable-go-for-good/
(9) : https://fr.fashionnetwork.com/news/Crushon-organise-un-marche-vintage-le-28-juillet-au-Jardin-Suspendu-a-Paris,1120443.html#.XW5rxCgzbIU
(10) : https://www.youtube.com/watch?v=wH-mLflRF0o

 

 

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