Assiste-t-on au retour du virus Ebola ?

Alors que l’OMS avait annoncé la fin de la transmission du virus Ebola au Libéria le 14 janvier, signant la fin de l’épidémie sur le territoire africain, une centaine de personnes ont été placées en quarantaine en Sierra Leone deux jours plus tard à la suite du décès d’une patiente. Une nouvelle preuve que la vigilance doit continuer à être de mise pour éviter un retour du virus.

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La bonne nouvelle n’aura duré que quelques heures. Le 14 janvier, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) annonce que toutes les chaines de transmission connues d’Ebola en Afrique de l’Ouest ont été stoppées. Mais le décès d’une jeune patiente dans le nord de Sierra Leone en a décidé autrement. Après confirmation, le virus Ebola est en cause et à conduit à la mise en quarantaine de 109 personnes ayant été en contact avec l’étudiante pour éviter à tout prix un retour du virus.

Une grande prudence est de mise

Évidemment, il était illusoire de penser que l’éradication de la plus grave épidémie du virus qu’a connu l’Afrique de l’Ouest depuis son identification il y a maintenant 40 ans, était définitive. En effet, celle-ci a provoqué la mort officielle de 11 315 personnes, même si les chiffres sont sans aucun doute plus importants, principalement au Libéria, en Guinée et au Sierra Leone.

L’OMS, mais aussi le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Ban Ki-Moon avaient prévenu que de nouvelles crises pourraient revenir au cours de l’année 2016, même si leur fréquence et leur importance s’amenuiseraient dans le temps. Le virus Ebola reste en effet encore persistant parmi les survivants et subsiste dans certains liquides corporels, comme le sperme pouvant rester « contaminé » jusqu’à une année.

Cependant, si de nouvelles flambées pourraient apparaître, comme cela se confirme en Sierra Leone, ces dernières ne devraient pas atteindre les pics connus, qui avaient d’ailleurs dépassé le continent africain, avec des cas recensés aux États-Unis et en Espagne. Une meilleure gestion des cas et une meilleure formation du personnel traitant devraient conduire à éviter une nouvelle catastrophe.

Une leçon enfin apprise ?

Reste que la probable fin de l’épidémie du virus Ebola pose également la question de savoir si toutes les leçons auront été retenues, à commencer par la coopération. Ainsi David Nabarro, représentant spécial de l’Organisation des Nations-Unies (ONU), confiait l’été dernier que le plus gros échec collectif dans la lutte contre Ebola « c’est de ne pas avoir associé plus tôt les communautés ».

En attendant, le laboratoire américain Merck vient d’obtenir une avance de cinq millions de dollars de la part de l’Alliance Globale pour les Vaccins et l’Immunisation (GAVI) pour le développement de son vaccin expérimental conte Ebola. 300 000 doses devraient être prêtes au mois de mai pour les essais cliniques. L’objectif est d’obtenir une autorisation réglementaire pour le vaccin d’ici à fin 2017.

Mais d’autres facteurs ont expliqué la catastrophe Ebola : faiblesse des systèmes de santé et des institutions, mobilité des populations, ressources limitées, sans parler d’une relative passivité de la communauté internationale. Tans que tout cela n’est pas réglé, le risque d’une crise sanitaire aussi importante qu’Ebola ne pourra pas être éloigné.

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