Côte d’Ivoire : levée de fonds massive pour accueillir les enfants en détresse

La Côte d'Ivoire vient de faire un pas de plus pour la défense de l’enfant : la fondation Children of Africa va lever des fonds pour construire des centres d'accueil pour enfants en détresse. Un nouveau chantier de taille qui ne doit pas occulter les difficultés persistantes sur le continent.



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Children of Africa souhaite lever trois milliards de FCFA

La fondation Children of Africa a annoncé son intention de lever trois milliards de Francs CFA, pour financer la construction de trois maisons d'accueil pour enfants en détresse, a indiqué sa directrice Côte d'Ivoire, Nadine Sangaré, lors d'une conférence de presse au siège de la Fondation à Abidjan. « Nous avons constaté un manque d'infrastructures nécessaires à l'accueil des enfants victimes de traite et d'exploitations diverses, lorsqu'on arrivait à les sortir des griffes des trafiquants. (…) La Fondation a décidé de construire ces centres dans trois zones stratégiques qui seront appelées « cases des enfants » : dans le Nord à Ferkessédougou, le Centre à Bouaké et le Sud-Ouest à Soubré » a-t-elle expliqué.

Les fonds seront recueillis à l'occasion du traditionnel dîner de gala, qui se tiendra cette année le 11 mars 2016 sur le thème « Mille et une nuits pour mille et un cœurs ». En à peine vingt ans, la fondation Children of Africa est devenue une référence dans la protection de l'enfance. Sur le terrain, elle intervient en soutien logistique et humain et fournit du matériel scolaire, des « kits », et de la nourriture aux établissements scolaires. La Fondation s'est également engagée en faveur de la culture en créant plusieurs bibliobus. Sa philosophie : si les enfants ne viennent pas à l'école, l'école ira à eux.

Dominique Nouvian engagée pour le bien-être des enfants

D'où la nécessité première de soustraire les enfants au travail dans les plantations, souvent nécessaire dans les milieux défavorisés où les parents ont besoin d'eux pour faire survivre la famille. A la tête de Children of Africa, Dominique Nouvian s'est engagée dans une action globale pour le bien-être des enfants : il faut d'abord « les extraire des plantations pour les remettre sur les chemins de l'école », selon elle. La Première Dame lutte également, aux côtés des autres Premières Dames d'Afrique, contre la propagation du VIH/Sida, et notamment la transmission mère-enfant. Un engagement internationalement reconnu puisque Dominique Nouvian vient d'être nommée Ambassadeur spécial d’ONUSIDA.

Dans un pays qui compte vingt millions de personnes, dont six à dix sont des enfants, « nous devons faire tout ce qui est possible pour nourrir, soutenir et aider nos enfants à vivre une vie saine et en bonne santé, et grandir avec une éducation qui va leur permette d'être des acteurs importants dans la société » déclarait récemment la Première Dame.

Lutter contre le chômage de masse chez les jeunes

Encourager l'éducation, oui, mais encore faut-il également s'attaquer au marché du travail et aux conditions d'accès à l'emploi. Avec 200 millions d’habitants âgés de 15 à 24 ans, l’Afrique a la population la plus jeune au monde. Mais elle a aussi le plus fort taux de chômage chez les jeunes. Selon la Banque mondiale, ces derniers représentent 60 % de l’ensemble des chômeurs africains. En Afrique du Nord, le taux de chômage des jeunes atteint 30 % ; dans certains pays, la situation est même pire, un jeune sur deux étant sans emploi. Le travail sous-qualifié, quant à lui, masque une autre réalité : en travaillant dans des métiers largement inférieurs à leurs compétences, nombre de jeunes diplômés de l'université sortent des chiffres officiels du chômage. Des conditions de travail qui ne permettent souvent même pas de sortir de la pauvreté : l’Organisation internationale du Travail (OIT) avance ainsi que jusqu’à 82 % des travailleurs africains sont des « travailleurs pauvres ». Selon les chiffres de la Banque africaine de développement (BAD), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et l’Organisation de coopération et de développement économiques des pays industrialisés (OCDE), plus de 70 % des jeunes Africains vivent en dessous du seuil international de pauvreté, établi à 2 dollars en moyenne par jour. Une « réalité inacceptable pour un continent possédant une réserve aussi impressionnante de jeunes, talentueux et créatifs », pour Mthuli Ncube, économiste en chef de la BAD.

Avec une croissance à plus de 6 % en moyenne, le continent africain offre des opportunités incroyables dont n'arrive pas encore à se saisir sa jeunesse. Une jeunesse frustrée et paupérisée, véritable « bombe à retardement » selon les mots de Alexander Chikwanda, Ministre zambien des finances.

 

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