Réponse à FO Giesbert pour son édito La civilisation « tout pour ma gueule »

Le 10/07/2021, Franz-Olivier Giesbert publiait dans Le Point un éditorial méprisant pour une partie de la population, dans lequel il appelait à "stigmatiser" les personnes qui émettent des doutes sur la vaccination anti-Covid. Eric Parlebas lui répond point par point.

"ÉDITO. À l’extrémité de notre « modèle » infantilisant se dresse l’irresponsabilité des antivaccins. La faiblesse de l’État pourrait nous coûter très cher."

"Le dernier épisode du mauvais feuilleton de la vaccination contre le coronavirus n'est pas, cette fois, imputable au gouvernement mais aux Français eux-mêmes. Si fiasco il y a, il montre les limites d'un système où l'esprit civique et le sens du collectif sont en voie de disparition."

Cette affirmation péremptoire part du postulat fallacieux qu'accepter de se faire inoculer une substance nouvelle, aux effets mal maîtrisés et aux conséquences à terme totalement inconnues relèverait de l'esprit civique. Un tel "sens du collectif" relève au pire de l'ignorance et de l'inconscience, endormis que nous sommes par l'eau tiède de la parole publique et ses relais médiatiques de la presse mainstream, curieusement la même qui encensait avec une même étonnante unanimité Emmanuel  Macron en 2017, et au mieux d'une véritable abnégation, supposée au service de l'ensemble de la communauté.

Que les vaccinés soient ici sincèrement remerciés, je le dis sans malignité et je respecte résolument leur choix, d'accepter de servir, dans le cadre de la phase 3 du test probatoire d'un vaccin qui n'a pour l'heure obtenu qu'une Autorisation de Mise sur le Marché conditionnelle (AMM),  de cobayes, selon les mots mêmes du Ministre de la Justice évoquant les prisonniers qu'on parlait de vacciner de force : "Les détenus ne sont pas des cobayes ! Il ont le droit de refuser la vaccination. C’est une question de dignité !", affirmait Éric Dupond-Moretti le 11 avril, sur le plateau de France 3.

M. Macron s'est déclaré en guerre. Mais de cette guerre, l'Histoire retiendra qu'elle s'apparente davantage à "L'Etrange défaite" décrite par Marc Bloch. Peur, sidération et soumission.  Faut-il rappeler que seuls 3% des Français étaient résistants pendant la Seconde Guerre Mondiale ?... Nous sommes dans un modèle caractérisé de "Servitude volontaire", comme l'a décrite La Boétie au XVIe siècle. Il faut, pour mesurer comment on manipule l'opinion publique française, revoir la fameuse expérience sur la soumission à l'autorité, de Stanley Milgram, si bien illustrée dans le film "I comme Icare". La presse, votre presse M. Giesbert, se comporte comme cet homme qui tourne le potentiomètre envoyant des décharges électriques, sous la caution respectable des hommes en blouse blanche.

  

"Tels sont les effets du nihilisme et du chacun pour soi. Un homme d'État ne peut pas accepter que tant de Français refusent, pour une raison ou une autre, les injonctions à se faire vacciner. Nous sommes là au bout de notre « modèle » infantilisant : une société à irresponsabilité illimitée où chacun fait ce qui lui plaît, aux frais de la princesse."

Vous qualifiez d'homme d'Etat un individu qui a osé twitter solennellement le 20 décembre 2020 : " Je l’ai dit, je le répète : le vaccin ne sera pas obligatoire. Ayons confiance en nos chercheurs et médecins. Nous sommes le pays des Lumières et de Pasteur, la raison et la science doivent nous guider" et qui sans aucune vergogne annonce le 12juillet " La vaccination sera ainsi rendue obligatoire pour les personnels soignants et non-soignants des hôpitaux, des cliniques, des maisons de retraite, des établissements pour personnes en situation de handicap, pour tous les professionnels ou bénévoles qui travaillent au contact des personnes âgées ou fragiles, y compris à domicile". 

Où sont passé la Raison et la Science... ? Et que sont devenus les Lumières et Pasteur ? Nous payons des décennies de lâcheté gouvernementale dans le domaine de la Santé, mais peu importe, on distribue des milliards d'Euros à une économie totalement subventionnée (comme votre presse) et sous perfusion, mais (et c'est là le piège) devenue du coup opportunément dépendante, en attendant la merveille du salaire universel, et ceci avec de l'argent que nous n'avons pas et que vous prenez dans les poches de nos enfants et même nos petits-enfants, puisqu'il faudra 67 ans pour la rembourser… La folie atteint des sommets quand elle atteint le sommet.

Vous qualifiez d'homme d’État un individu retors et indigne qui a tendu un piège honteux aux Français en les surprenant avec une violence inouïe sur leur lieu de congé, les faisant chanter avec une pression morale (et parfaitement immorale!) insoutenable, en ne leur laissant d'autre choix que le vaccin obligatoire s'il veulent continuer à profiter de leur vacances ou rentrer chez eux par le train ou l'avion. Ceci s'appelle une "prise d'otage", les Français ayant le pistolet sur la tempe, pour nombre d'entre eux bien obligés d'accepter une escroquerie légale mais parfaitement illégitime. On a vu des révolutions démarrer avec de moindres arguments.

Vous qualifiez d'homme d’État un individu qui œuvre à diviser, à fracturer  la Nation, semant la discorde jusqu'au sein des familles et amis, comme il le fit déjà avec les Gilets Jaunes, opposant délibérément une communauté à une autre,  stigmatisant l'une, alors que le rôle de tout Président de la République respectable (!) ne peut en aucun cas être de cliver mais bien au contraire d'être garant de la cohésion nationale (cf. la conférence de presse du 17 janvier 1977, au cours de laquelle Valéry Giscard d’Estaing s'est décrété le garant des institutions, le protecteur des libertés des Français, ainsi que le garant de l’unité nationale). Pitoyable garant s'agissant de l'actuel Président !

"Les Français ne supportent le pouvoir qu'à condition qu'il ne s'exerce pas. Observez comme l'État semble désemparé devant les « réfractaires » au vaccin, qui, pouvant être contaminés à tout moment, mettent en danger la vie de leurs proches et en péril la perspective d'un retour du pays à la vie normale, sans Covid. Il ne faut pas les discriminer, paraît-il."

Naïf que vous êtes ! "Les "réfractaires" au vaccin, qui, pouvant être contaminés à tout moment, mettent en danger la vie de leur proches", dites-vous ? Parce que vous croyez encore que les personnes vaccinées ne peuvent pas être porteuses du virus, fût-ce de façon asymptomatique ? Alors lisez bien ceci :

Et vous croyez encore qu'elles ne sont pas tout autant contaminantes ? Alors que la quasi-totalité des gens contaminés aujourd'hui le sont avec le variant Delta, contre lequel les vaccins actuels sont déficients. D'où la suggestion par Pfizer d'une juteuse troisième dose, en attendant les suivantes. Cash machine… Pfizer aura gagné grâce à son vaccin 12,5 Mds d'€ en 2020, et 26 Mds $ sont prévus en 2021. Ça aide à convaincre beaucoup de monde...

Rappelons qu'en mars 2021, le Ministre de la Santé, Olivier Véran, déclarait "Le vaccin n'empêche pas de transmettre le virus aux tiers. L'impact de la vaccination sur la propagation du virus n'est pas encore connu."

Êtes-vous en train de dire que vous craignez que les non vaccinés contaminent les vaccinés ? Mais alors, à quoi sert ce vaccin ?!?

On rêve à vous lire, M. Giesbert. Pour qui mentez-vous ainsi, vous que je sais trop intelligent pour croire à ce que vous écrivez ? Quels sont vos intérêts personnels à occulter ou déguiser ainsi la réalité ? Il est certes plus confortable, quand on appartient à la presse subventionnée, d'être bien en cour. Mais où est la déontologie professionnelle du grand journaliste attaché, dans l'esprit critique d'Albert Londres, à la Vérité à tous prix ? Que faites-vous de la Déclaration de Munich, qui énonce les 10 devoirs que doit respecter « tout journaliste digne de ce nom », parmi lesquels celui de « ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste» ?

 

"Eh bien, stigmatisons-les : le cauchemar d'un nouveau confinement se profile pour l'automne. Quand plus de 60 % d'une population est vaccinée avec au moins une première dose, elle est encore loin d'avoir atteint le stade de l'immunité collective, que l'Institut Pasteur vient de relever à 90 %, à cause du variant Delta, nettement plus contagieux que le virus ordinaire."

Qu'avez-vous osé écrire là ?! ..." Stigmatisons-les... " Vous avez vraiment écrit cela ?!?

Mais pourquoi pas "Mettons les dans des ghettos", pendant que vous y êtes. Quand il n'y a plus de limite, on atteint le seuil de la folie.

Arrêtons-nous un instant sur ce pitoyable forfait. Vous êtes qui, M. Giesbert, pour vous Fouquet-Tinvilliser ainsi, décrétant seul et de droit divin (tiens, ça devient une habitude dans les sphères proches du pouvoir…) que tel ou tel qui ne partage pas vos idées doive être de la sorte stigmatisé ? Stigmatisé ! Les mots ont un sens, M. Giesbert. Avec de tels comportements, on commence à comprendre ce qui conduit certains, excédés, révoltés, à bout,  à arborer une étoile jaune avec la mention "Non Vacciné", car une exclusion sociale reste une exclusion sociale, que l'on soit stigmatisé par la race ou par la santé…

Une fois encore, on est loin, très très loin, des valeurs de base du journalisme dans ce qu'il a de plus noble. Très loin… Quel bassesse de votre part. Cette affirmation signe à mes yeux votre mort intellectuelle, M. Giesbert, vous que je lisais avidement en premier à chaque fois que je recevais un nouveau numéro du Point. C'est un suicide journalistique en direct, auquel nous venons d'assister.

Mais pourquoi une telle bévue ? Ah, mais voilà ! Il s'agit d'éviter le "cauchemar d'un nouveau confinement " se profilant pour l'automne. Alors parlons clair, M. Giesbert. D'abord, il n'y aurait jamais eu de confinement si le gouvernement n'avait pas, en dépit des alertes des professionnels de santé, supprimé des lits d'hôpital, et s'il avait isolé les personnes à risques uniquement, et fermé les frontières. Mais son idéologie sans frontiériste candide le lui interdisait ("Le Vaccin n'a pas de frontière…", disait péremptoire un certain Macron). Si bien que, renonçant à fermer celles-ci, il a enfermé chaque Français dans la frontière de son appartement, dans un huis-clos sartrien aux effets délétères. La belle affaire !

Vous mettez en balance d'un côté votre petite peur d'un nouveau confinement plus qu'hypothétique, j'y reviendrai, et dont des voix de plus en plus nombreuses dénoncent l'inutilité, voire la nocivité,  votre petite crainte de ne plus pouvoir sortir de chez vous, d'aller dîner en ville ou au spectacle, et de l'autre le respect de la peur de millions de Français inquiets et sceptiques devant l'incurie de notre gouvernement dans la gestion chaotique de cette crise. Dieu que votre petit confort pèse lourd, M. Giesbert ! Que la peur des non vaccinés compte peu en regard de la vôtre ! Civilisation "Tout pour ma gueule", disiez-vous… ? Ça doit être cela.

Je voudrais relever ici la fin de votre affirmation, parlant du "variant Delta, nettement plus contagieux que le virus ordinaire". Fort bien. Néanmoins, contagieux ne signifie aucunement grave. L'amalgame sert manifestement certains intérêts pharmaceutiques et leurs affidés politiques et médiatiques. Mais un journaliste qui aurait fait correctement son travail, attaché à donner un information objective et complète à ses lecteurs, histoire de les INFORMER, aurait immédiatement ajouté que le taux de létalité de ce même variant Delta était en revanche dix fois moins important que le virus souche.

Et d'ailleurs, à propos de ce dernier, on sait maintenant comment les chiffres de mortalité du Covid ont été manipulés, gonflés artificiellement, le traditionnel pic de mortalité saisonnière de l'hiver du à la grippe ayant soudainement disparu et été remplacée par des morts du Covid, alors que l’espérance de vie de 2020 est exactement la même que celle de 2015. Pratique ! Une enquête d'une journaliste de Nice-Matin révèle même le travail d'un doctorant fait à partir des déclarations de décès du Covid à l'hôpital et qui a découvert que 40% de ceux-ci était en réalité morts d'autre chose…

Alors cette menace de nouveau confinement, vous y croyez vraiment ? Vous n'avez toujours pas compris que le gouvernement ne brandit cette menace que pour mieux écouler son reliquat de stock de vaccins et continuer à cultiver la Peur pour mieux garder la main mise sur les Français (un regain de Gilets Jaunes avant les élections, vous n'y songez pas !), car "Qui contrôle la peur des hommes, contrôle leurs âmes" (Machiavel).

Je peux vous l'affirmer, M. Giesbert, il n'y aura pas de nouveau confinement avec la quatrième vague, et ceci pour trois raisons liées entre elles : la première, c'est que la létalité de ce variant et ses risques sur les services de réanimation ne le justifient aucunement. La deuxième, c'est que la population ne l'accepterait pas. La troisième, politique celle-ci, c'est que M. Macron est en campagne électorale et qu'un nouveau confinement serait déplorable pour son image (en plus de se révéler inutile), alors qu'un bon coup de menton en imposant le passe sanitaire à une partie de la Nation désignée comme bouc émissaire est très valorisante dans une population qui déplore de longue date le manque endémique d'autorité de ses dirigeants. Après tout  comme le disait si pertinemment René Girard : "Le bouc émissaire fonde l'ordre social...". Mais à côté de ces boucs émissaires, combien de moutons ?...

  

« La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres » : toute société digne de ce nom est fondée sur ce principe édicté par John Stuart Mill, philosophe et économiste britannique du XIXe siècle, féministe avant l'heure, père du socialisme libéral. Que reste-t-il du sacro-saint « vivre ensemble » quand cette règle élémentaire est piétinée ?

Ah oui ? Et si on inversait la lecture de cette formulé éculée.  La liberté des vaccinés s'arrête là où commence celle des non vaccinés.  Pourquoi faudrait-il que cela ne marche que dans le sens (du vent) qui vous convient le plus ? Et que reste-t-il du sacro-saint "vivre ensemble" quand le gouvernement foule aussi indument le respect dû à toute une frange de sa population, qui représente tout de même au bas mot 20 millions de personnes, tout autant membres à part entière de notre Nation ? Qu'en reste-t-il quand il faut, pour se sentir libre, présenter un passeport… Étrange liberté… Et que penser du fait que le gouvernement demande aux commerçants et restaurateurs de se transformer en auxiliaires de la police pour contrôler leurs concitoyens, ceux n'ayant pas le fameux passe étant devenus des sortes de "Morloks" vivant sous terre comme dans la nouvelle de H.G. Wells ?

Et à propos de règles piétinées, permettez-moi de vous rappeler que l'obligation vaccinale "piétine", elle, rien moins que 10 règles majeures :

1) Serment d’Hippocrate (-460//377) : « Je ne remettrai à personne du poison, si on m’en demande, ni ne prendrai l’initiative d’une telle suggestion. »

2) Code de déontologie médicale, article 36 : Article R4127-36 du Code de santé publique : « Le consentement de la personne examinée ou soignée doit être recherché dans tous les cas. Lorsque le malade, en état d’exprimer sa volonté, refuse les investigations ou le traitement proposé, le médecin doit respecter ce refus après avoir informé le malade de ses conséquences »

3) Code de Nuremberg (1947) : « Le consentement du sujet humain est absolument essentiel. Le pacte international relatif aux droits civils et politiques a repris cette interdiction contre toute expérimentation involontaire, dans son texte de 1966 qui stipule : nul ne peut être soumis sans son consentement à une expérience médicale ou scientifique »

 4) Déclaration de Genève pour les médecins (1948) : « Je respecterai l’autonomie et la dignité de mon patient. Je n’utiliserai pas mes connaissances médicales pour enfreindre les droits humains et les libertés civiques, même sous la contrainte. Je garderai le respect absolu de la vie humaine, dès la conception. Je considérerai la santé de mon patient comme mon premier souci »

 5) Déclaration d’Helsinki (1996) signée par 45 pays dont la France : Article 25 : « La participation de personnes capables de donner un consentement éclairé à une recherche médicale doit être un acte volontaire. Aucune personne capable de donner son consentement éclairé ne peut être impliquée dans une recherche sans avoir donné son consentement libre et éclairé »

 6) Convention d’Oviedo (1997) signée par 29 pays dont la France) :  Article 5 : « Une intervention dans le domaine de la santé ne peut être effectuée qu’après que la personne concernée y a donné son consentement libre et éclairé. Cette personne reçoit préalablement une information adéquate quant au but et à la nature de l’intervention ainsi que quant à ses conséquences et ses risques. La personne concernée peut, à tout moment, librement retirer son consentement »

 7) Loi Kouchner (4 mars 2002) : Article 111-4 : « Toute personne prend avec le professionnel de santé et compte tenu des informations qu’il lui fournit, les décisions concernant sa santé. Le médecin doit respecter la volonté de la personne après l’avoir informée des conséquences de ses choix. Si la volonté de la personne de refuser ou d’interrompre un traitement met sa vie en danger, le médecin doit tout mettre en œuvre pour la convaincre d’accepter les soins indispensables. Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment »

 8) Arrêt Salvetti (2002) : Aucun traitement médical n’est obligatoire au sein de l’Union européenne : « en tant que traitement médical non volontaire, la vaccination obligatoire constitue une ingérence dans le droit au respect de la vie privée, garanti par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales » (arrêt Salvetti c/Italie-CEDH décision du 9 juillet 2002 ; n°42197/98)

 9) Code civil français : Article 16-1 : « Chacun a le droit au respect de son corps. Le corps est inviolable »

 10) Résolution 2361 du Conseil de l’Europe (28 janvier 2021) : avis consultatif : l’Assemblée demande instamment aux États membres et à l’Union européenne :

Article 731 : « De s’assurer que les citoyennes et les citoyens sont informés que la vaccination n’est pas obligatoire et que personne ne subit de pressions politiques, sociales ou autres pour se faire vacciner, s’il ou elle ne souhaite pas le faire personnellement »

Article 732 : « De veiller à ce que personne ne soit victime de discrimination pour ne pas avoir été vacciné, en raison de risque potentiel pour la santé ou pour ne pas vouloir se faire vacciner »

 Avec cette même obligation vaccinale, que fait le gouvernement de nos libertés les plus élémentaires, permettant une transgression jamais égalée du secret médical, alors même qu'il affranchit les forces de l'ordre et les députés de cette même obligation ? Curieusement, et prémonitoirement, Jacques Attali, le mentor de M. Macron, avait déjà annoncé tout ceci en 1979 !

 

"Homme d'État du quinquennat, Bruno Le Maire s'est prononcé en faveur de l'obligation de la vaccination, au moins pour les catégories les plus exposées de la population, comme les personnels soignants. François Bayrou est, lui, partisan de la vaccination obligatoire pour tous. Et il rappelle que chaque bébé reçoit 11 vaccins à sa naissance. En voilà deux qui ont bien mérité de la patrie. Les « réfractaires » nous condamnent au confinement à perpétuité, catastrophe économique et psychologique. Sous prétexte de préserver la liberté vaccinale d'une minorité réticente, il faudrait donc se résoudre, dans quelques semaines, à de nouvelles restrictions sur la liberté de circulation du plus grand nombre !"

Allons bon ! Vous voici donc tant en veine de reconnaissance par nos gouvernants, que vous deviez encenser de façon aussi grossière deux dirigeants qui n'ont pas plus de compétence que vous et moi pour se prononcer en faveur ou en défaveur de la vaccination. Il est vrai que depuis le début de cette crise, tout le monde médiatique a un avis forcément autorisé sur la chose. Ministre des Finances ou du Plan… Que dirions-nous si le Ministre de la Santé donnait son avis sur l'opportunité d'un nouveau porte-avions ou d'une mission au Mali…? Ubu n'est pas loin. Mais le pire est que c'est vous, journaliste de renom, qui validez ce genre de dérive, cherchant désespérément à donner caution à ce prêchi-prêcha en précisant qu'il est tenu par l' "Homme d'Etat du quinquennat". Foutraque !

Ne serait-il pas plus intelligent et réaliste de confiner, et sur la base de pédagogie et de volontariat, uniquement les personnes à risque, faisant état de comorbidités, comme votre désolant confère M. Emmanuel Lechypre, qui ne seraient pas encore vaccinées, s'il en reste, puisque selon vous, les autres sont immunisés grâce au vaccin ?

Rappelons qu'une campagne de vaccination en pleine pandémie aboutit à ce que le virus développe des stratégies de contournement en mutant plus fréquemment, ce qui aboutit à la succession de variants que nous connaissons et allons connaître pendant longtemps. Il eut été plus pertinent d'isoler et de ne vacciner que les personnes à risque avéré, soigner (et non pas interdire de soigner (!), comme a osé le faire ce gouvernement) les personnes atteintes, en faisant confiance à leurs médecins et non pas aux fonctionnaires du Ministère de la Santé, puis  laisser les moins de 40 ans, asymptomatiques, contribuer à l'atteinte d'une immunité collective naturelle et dépourvue de variants.

Et que dire de l'argument magnifique selon lequel "chaque bébé reçoit 11 vaccins à sa naissance" ? Oubliez-vous que ces 11 vaccins ont des années, quand ce ne sont pas des dizaines d'années de mise à l'épreuve, avec de multiples publications attestant de leur innocuité ou garantissant qu'ils sont sans risque dans la durée, ou, à tout le moins, que le fameux bénéfice/risque est incontestable ? BCG créé en 1921, obligatoire en 1950, Diphtérie créé en 1923, obligatoire en 1938, Tétanos créé en 1926, obligatoire en 1940, Poliomyélite créé en 1955, obligatoire en 1964, Coqueluche créé en 1926, obligatoire en... 2018. Pouvez-vous en dire autant de l'ARN Messager, créé en 2021 et obligatoire en 2021, sur lequel de multiples experts de l'ARN nous mettent en garde, dont Alexandra Henrion Caude, généticienne et spécialiste des microARNs, lauréate 2013 – la seule Française – du prestigieux Eisenhower Fellowship, qui déclarait en janvier 2021 : "Administrer des vaccins ARN à des individus sains est “pure folie”

Ah oui, c'est vrai que tous les scientifiques de haut vol qui vont dans ce sens ne sont que des ignares, ou mieux des "complotistes" !

Pr Raoult, spécialiste des maladies infectieuses, professeur de microbiologie et lauréat du grand prix de l'Inserm en 2010;

Pr. Peronne, professeur des universités, spécialisé dans les pathologies tropicales et les maladies infectieuses émergentes, ex-président de la commission « Maladies transmissibles » du Haut Conseil de la santé publique;

Pr. Montagné, prix Nobel, professeur et directeur du Centre de biologie moléculaire et cellulaire au Queens College de l'université New York, avant de prendre la direction d'un institut de recherche à l'université Jiao-tong de Shanghai, membre de l'Académie des sciences et de l'Académie nationale de médecine; 

Michèle Rivasi, agrégée en biologie, et tant d'autres sommités renvoyées à leurs chères études comme s'il s'agissait de simples stagiaires, ni plus, ni moins, copieusement délégitimées dans votre presse et présentés comme "complotistes", ce beau mot-tiroir des "élites" pour disqualifier par avance toute critique et éviter de se confronter aux arguments rationnels. Votre rasoir d'Ockham fonctionne tout aussi bien aujourd'hui que celui de la Révolution française au moment de la Terreur… La méthode est bien connue et était déjà suggérée dans le "1984" de George Orwell.

Il serait pourtant plus honnête pour un journaliste attaché à la Vérité, de rappeler que TOUS les laboratoires proposant aujourd'hui un vaccin ont été condamnés pour corruption, et de rappeler les conflits d'intérêts qui les lient aux médecins piliers des plateaux télévisés. Je ne voudrais pas être lourd en vous rappelant les innombrables scandales sanitaires que nous leur devons : Mediator, Distilbène, Lévothirox, sang contaminé, hormone de croissance, prothèses PIP, Dépakine...

Au fait, cela ne vous étonne pas que ces laboratoires, qui veulent tant notre bien de façon si désintéressée, aient TOUS signé des clauses avec les États les dégageant de toute responsabilité civile et pénale des conséquences de toute nature résultant de leurs vaccins. Mais que les contrats en question ne sont pas communicables, même à nos élus… Rassurant, non ?

Mais l’État lui-même se prémunit tout aussi lâchement de tout risque similaire en vous proposant, à vous qu'il force à se faire vacciner, directement par la menace de licenciement pour les soignants, et indirectement par l'utilisation du passe sanitaire pour vous laisser espérer un semblant de vie normale, d'être indemnisés  par l'ONIAM (Office national d’indemnisation des accidents médicaux) en cas de suites graves. Lequel  indemnise... uniquement les accidents liés aux vaccinations obligatoires. Oui, obligatoires, donc, pas celle contre le Covid, qui n'est officiellement obligatoire que pour quelques professions… Pour tous les autres, on ne les a jamais obligés, n'est-ce-pas ! Vu l'astuce ? Inique !

Enfin, en matière de lâcheté, que penser du fait que, le passe sanitaire ayant été adopté par 117 voix contre 83, il reste que 374 députés fantômes ont donc disparu corps et âme de la circulation au moment le plus important de ces dernières années pour notre démocratie. Admirons ce "courage, fuyons!" qui va certainement engager nos concitoyens à aller voter la prochaine fois...

 

"Dans son infinie bonté, l'État-maman assure la gratuité des tests PCR et antigéniques, contrairement à ce qui se passe dans la plupart des pays du monde. Soit 100 millions par jour et 5 milliards par an. Avant d'en venir à l'extrémité de l'obligation vaccinale, n'est-il pas temps de mettre fin à tous ces avantages pour ceux qui n'ont pas voulu se faire piquer ?"

Fichtre ! Décidément, votre générosité vous perdra. Sus au (petits) bourgeois ! Faisons payer ces méchants mécréants de non-vaccinés en attendant l'obligation vaccinale que vous appelez tant de vos vœux. Et vive la presse libre et bien pensante !

Pour conclure, je vous invite à méditer ce propos de Laurent Muccielli, sociologue spécialiste de la presse :  "En continuant de faire la leçon aux gens, les journalistes continueront à perdre du crédit" et à l'écouter jusqu'au bout dans cette interview par un vrai journaliste. Vous allez en apprendre beaucoup sur vous.

Ah, que j'aurais aimé vous lire disant comme Olivier Clerc qu'il ne faut pas se tromper d'ennemi : "Un virus bien plus dangereux que le Covid est en train de détruire la société sous nos yeux : celui de la division, celui de l’étiquetage mutuel, du jugement, de la haine et de l’exclusion." A qui la faute ? Cet étiquetage, ce jugement, cette haine et cette exclusion que vous entretenez du haut de votre magistère éditorial.

J'ai confiance dans la capacité de mes concitoyens, de tous bords et opinions, vaccinés ou non, à refuser de se voir priver des plus élémentaires libertés. Notre Peuple épris de  Liberté de "Gaulois rebelles" ne courbera pas l'échine, une fois la Sidération et la Peur dominées. J'ai foi en eux et leur capacité à mobiliser leur bons sens, malgré la rupture d’Égalité qu'on veut leur imposer et à se respecter mutuellement, Fraternellement même si leurs idées divergent.  Car ils savent qu'au fond, c'est ainsi qu'existe une Nation, grande et belle comme la France, à un moment où la Liberté, l’Égalité et la Fraternité sont foulées au pied par ceux-là même qui devraient en être les parangons.

Ah, j'oubliais. Veuillez noter la résiliation immédiate de mon abonnement au Point. Vous ne m'aurez pas insulté indument, comme des dizaines de milliers de vos lecteurs que j'invite à m'imiter,  en me traitant lâchement de "Tout pour ma gueule".

Eric Parlebas

Juillet 2021

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