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Billet de blog 27 juil. 2022

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La France doit prendre sa place à la barre en tant que leader mondial

Mais ces discussions ont stagné et l'Iran continue d'enrichir de l'uranium tout en éteignant les caméras de l'AIEA qui surveillent ses activités nucléaires. Le consensus général parmi les diplomates est qu'il y a peu d'espoir à ce stade en Europe et en Amérique que l'Iran accepte les termes de l'accord.

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Le président Emmanuel Macron a exprimé son intérêt pour initier ce qu'il appelle une relance du dialogue politique entre les Palestiniens et Israël afin de parvenir à la paix au Moyen-Orient. M. Macron a accueilli le chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à Paris la semaine dernière, où ils ont eu des entretiens en tête-à-tête ainsi qu'une conférence de presse conjointe.

"Nous savons tous les deux, nous savons tous, qu'une nouvelle spirale meurtrière pourrait s'enclencher à tout moment", a déclaré Macron lors de sa conférence de presse aux côtés d'Abbas. "Nous devons saisir chaque instant pour être en mesure de rallumer ce feu (pour le dialogue politique), cette capacité à aller de l'avant."

Abbas a déclaré qu'il comptait sur Macron pour pousser les efforts visant à rétablir la paix et à trouver une solution juste à l'impasse actuelle.

Il a déclaré que l'option d'une solution à deux États s'érode en raison des mesures de sécurité israéliennes et que les Palestiniens "attendent depuis 74 ans de se débarrasser de l'occupation."

Abbas a appelé les pays européens qui n'ont pas reconnu l'État de Palestine à le faire le plus rapidement possible "avant qu'il ne soit trop tard."  

La rencontre de Macron avec Abbas intervient une semaine après la visite du président américain Joe Biden dans la région, où il a également rencontré le dirigeant palestinien à Bethléem. À cette occasion, Joe Biden a réaffirmé son engagement en faveur de la solution à deux États et s'est engagé à verser aux Palestiniens une aide de 100 millions de dollars. 

Mais l'effort américain pour aider les Palestiniens n'est pas suffisant. Le peuple palestinien mérite de vivre dans la paix et la dignité et il faut faire davantage pour que la prochaine génération ait la capacité de s'épanouir et de réussir. 

C'est là que Macron entre en scène et c'est là qu'il peut réussir là où personne d'autre ne l'a fait. Macron peut contribuer à créer une atmosphère propice au rétablissement de la paix et les pourparlers trilatéraux peuvent aider à en faire une réalité. La France devrait proposer d'accueillir un sommet de la paix visant à relancer les pourparlers entre les deux parties et peut-être même parvenir à ce que les deux parties se mettent d'accord sur certaines des questions les plus faciles au moins. 

Il est connu que la France a aidé l'État juif dans ses premières années, notamment sous les administrations Eisenhower et Kennedy. Et si la France reste un bon ami d'Israël, il est temps qu'elle démontre qu'elle peut aussi être un partenaire des Palestiniens.

Avec le leadership de Macron, une telle opportunité de guider les deux parties à la table des négociations ne devrait pas être manquée. Le 5 juillet, le Premier ministre israélien Yair Lapid s'est rendu à l'Elysée pour une rencontre avec Macron. Là, Macron a également appelé à "un retour au dialogue politique entre Palestiniens et Israéliens."

Lapid et Macron sont amis depuis près d'une décennie et leur rencontre a été amicale et cordiale. Macron a demandé à Lapid s'il rencontrerait Abbas, mais Lapid a répondu qu'il ne rencontrerait pas Abbas juste pour le plaisir de se rencontrer. 

"Je ne rencontrerais que s'il y avait une chance d'obtenir un résultat positif pour Israël", a-t-il dit. "Ce n'est pas à l'ordre du jour pour le moment".

Il est clair que les Israéliens ne croient pas que le moment soit propice à un quelconque mouvement sur la question palestinienne. Il n'est pas clair si les Palestiniens veulent rencontrer les Israéliens. Ce qui est clair, c'est que Macron veut qu'ils se rencontrent et qu'il fait pression pour que les deux parties soient d'accord. 

Israël souhaiterait au contraire que la France se concentre moins sur la question palestinienne, qu'elle estime bloquée et sans issue de toute façon, et se concentre davantage sur la question iranienne. Depuis que la France participe aux importantes négociations du JCPOA à Vienne, Israël a exprimé sa déception quant au fait que tant de pays européens souhaitent le retour à un accord qui, selon Israël, est mauvais pour la région et pour le monde. 

Mais la France, comme d'autres pays européens et les États-Unis, considère qu'un retour au JCPOA est une bonne décision qui profite à la fois à l'Iran et au reste du monde, puisqu'elle écarte la menace immédiate d'une nucléarisation de l'Iran.

Mais ces discussions ont stagné et l'Iran continue d'enrichir de l'uranium tout en éteignant les caméras de l'AIEA qui surveillent ses activités nucléaires. Le consensus général parmi les diplomates est qu'il y a peu d'espoir à ce stade en Europe et en Amérique que l'Iran accepte les termes de l'accord. 

Compte tenu de la stagnation des pourparlers tant sur la question Palestine-Israël que sur celle de l'accord nucléaire iranien, le moment est peut-être venu pour la France de renforcer son rôle de médiateur central entre les parties. M. Macron est apprécié de toutes les parties et il a la capacité de diriger les parties à la table des négociations et de faciliter le déroulement des pourparlers.

La France peut et doit prendre les devants. Le moment est venu.

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