Annette de Leos Carax, sélection Cannes 2021

Annette de Leos Carax, avec Adam Driver, Marion Cotillard. Scénario et musique des Sparks. Étude d’une bande-annonce en 67 plans. Montage-mystère et boule de gomme. Amour, drame et opéra-rock. Spectacles d'un monde en direct, en décalé.

Annette de Leos Carax, sélection Cannes 2021

 

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Étude d’une bande-annonce en 67 plans. Montage-mystère et boule de gomme. Amour, drame et opéra-rock. Spectacles d'un monde en direct, en décalé.

 

1. Panorama champêtre. Des arbres d’un vert profond et d’une égale luxuriance inclinent vers des collines baignées de lumière. Azur du ciel. Un pan à gauche, un couple s’éloignant harmonieusement, main dans la main, complète l’euphorie. Elle, cheveux très courts, jupe jaune cru, corsage bleu pastel. Lui, cheveux très longs, bermuda noir, tee-shirt marron. Figurines en stop-motion dans décor idyllique ? Musique d’un romantisme mesuré. Voix off de l’homme qui raconte leur histoire d’amour. Mélancolie dissonante. 2. Plan américain tronqué. Henry (Adam Driver), hors champ, sauf pour le bras et la main qui desserre celle de sa compagne. Ann (Marion Cotillard), souriant amoureusement, haut du visage bizarrement relégué hors champ. 3. Couple filmé de plus près et de profil. Pénombre d’une chambre, l’homme se penche avec passion au-dessus de la femme. 4. La femme, au repos après l’assouvissement du désir, croque une pomme rouge, lance un regard complice à son partenaire hors champ. La voix off de celui-ci continue son envoûtante modulation. Plans 5, 6 et 7. Déroute et fuite de l’homme. Henry à moto, dans Los Angeles la nuit. Fonçant rageusement en plan rapproché. S’éloignant sur une route déserte. Le vrombissement de la moto rivalise avec la musique.

8. Ann à la descente d’un grand escalier, bouquet de fleurs à la main. Entourée de deux vigils, et d’une foule de photographes et d’admirateurs. L’artiste adulée naturellement au centre de l’image. Mais son regard suit une trajectoire hors champ. 9. Zoom discret sur Henry sur sa moto contre un mur blanc. 10. Retrouvailles, plan rapproché. La diva et son amoureux échangent un baiser. Carax fixe l’amour au beau fixe. Grand foyer d’opéra, colonnes blanches, baies vitrées sur la nuit. 11. Los Angeles, frénésie urbaine. Façade du Walt Disney Concert Hall. Statut et aura d’Ann. Une affiche gigantesque, décor abstrait, bandes verticales bleues. L’héroïne regarde anxieusement hors champ, posture d’actrice du cinéma muet. Une seconde affiche indique le titre du spectacle, The Forest – en écho au commencement du récit ? 12. Scène de l’opéra. Stylisation extrême du topos, forêt bleue, comme inspirée du Spectrum I d’Ellsworth Kelly. L’héroïne, chevelure rousse, robe soyeuse blanche, légèrement décentrée vers la droite, livre un combat contre l’adversité. 13. Univers artistique d’Henry, à son tour sur scène. Décor tout aussi factice, saturé de bleu, de fumée et d’ombres fantastiques. En plan poitrine, décentré vers la gauche, le comédien de stand-up semble lui aussi torturé. 14. Forte plongée depuis une loge sur la diva saluant son public, cheveux roux se mêlant à l’ocre rouge du rideau, fleurs blanches et rouges éparpillées (pathétiquement ?) à ses pieds.

15. Changement de décor et d’atmosphère. Intérieur maison de nuit. Sur le qui-vive dans sa/une cuisine, débardeur taché de sang, Henry s’empare d’un couteau. Signes probants d’une vie aisée, corbeille de bananes sur l’îlot central, immense réfrigérateur rempli de provisions pourraient devenir le théâtre d’un chaos. Glissement vers le film d’horreur. 16. Extérieur maison. La piscine de nuit, lumière verte. Lourds branchages d’un vert sombre au-dessus du bassin. Cadrage oblique de la piscine conduit à la villa, rez-de-chaussée et chambre à l’étage faiblement éclairés. 17. Henry penché au-dessus de l’îlot central, commettant un geste violent hors champ, une lame tranchant la chair. Premier bruit effrayant exécuté par Henry. Mais sa voix off devient dubitative, adopte l’autodérision. « Ce qu’elle trouve en moi ? Hmmm. » 18.  Rupture de ton. Loup posté sur les hauteurs de la ville, hurlement prononcé. Association symbolique entre homme et bête. L’horreur côtoie le comique. Clin d’œil à John Landis ? Dès lors, la bande-annonce prend la tangente. On ne sait plus sur quel pied ou dans quel décor danser ni à quelle sauce on va être émotionnellement, visuellement et acoustiquement mangé. Comme si Leos Carax disait : « Accrochez-vous ! Vous allez voir ce que vous allez voir » ou réaffirmait[1] : « Le film est simple si on accepte de ne pas savoir où on va pendant vingt minutes. »

19. Nouvelle rupture, artifice du hors-récit. C’est du cinéma. Motion design promotionnel, animation de lettres, logo UGC. Une voix off bat le rythme : « Un, deux, trois, quatre ! » Est-ce la voix de Russell Mael ? Le spectacle peut démarrer. Au fait, lequel ? Et qu’est devenue l’histoire d’amour entre Ann et Henry ? 20. Un studio d’enregistrement, plan moyen sur l’ingénieur du son à sa table de mixage, dos à la caméra. Par-delà la vitre de la cabine, musiciens et techniciens sont des ombres floues. Sur des sons de piano et de cymbales, léger travelling arrière pour afficher le nom du réalisateur en lettres vertes. Leos Carax, comme son héros, s’habille de vert. 21. Cadrage serré en diagonale sur une caisse claire, deux toms et le bras du batteur qui frappe le tambourin de high hat. Au cœur du récit : le récit comme (mise en) musique. 22. Autre diagonale, Ron Mael au clavier, reconnaissable à son style de jeu, buste droit à la Buster Keaton, cravate fantaisie sur chemise blanche. À l’arrière-plan, dynamique parallèle avec autre pianiste en chemise rouge, de dos. En lettres vertes le titre Holy Motors[2], le précédent film de Carax, Cannes 2012, dont la bande originale incluait déjà une chanson[3] des Sparks. 23. Russell Mael, filmé de face, répète au micro : « So may we start ? On peut commencer ? » Commencer quoi ? 24. Réponse ? Le show d’Henry, cagoulé, dos sur scène. Voix off de Russell Mael. 25. Plan d’ensemble, légère contre-plongée. Henry, peignoir vert, chaussons marron, saute et danse énergiquement, choristes femmes à l’arrière-plan gauche. Au cœur du spectacle. 26. Choristes répètent « So may we start ? » 27. Spectateurs dans la fosse reprennent en chœur : « So may we start ? » Inscription en lettres jaunes sur fond vert d’un titre plus ancien de Carax, Les amants du pont neuf. 28. Ann et Henry, les amants de la forêt. Harmonie pastorale. Le couple s’éloigne, l’homme caresse les cheveux de la femme. L’histoire d’amour (re)commence. 29. Seconde (?) analepse. Soir de l’excursion champêtre, voyage retour du couple en moto. Couleurs fétiches, lui blouson vert, elle blouson rouge. Voix off des choristes : « So may we start ? »

30. Commencement d’une nouvelle vie, naissance d’Annette. Salle d’accouchement, lumière verte dysphorique, clichés du fétus exagérément en évidence. Muni d’une grosse paire de ciseaux, le géniteur coupe le cordon ombilical. Second bruit métallique agressif. Annonce banalement triomphale de l’équipe médicale : « There she is ! » Premiers cris du nouveau-né. 31. Gros plan sur la génitrice épuisée. 32. Le père tend le bébé à la mère qui s’émeut : « Annette ! ». 33. Plan d’ensemble du jardin de la villa. Le père porte l’enfant et s’émeut à son tour : « This is my baby ! ». Curieusement, le père semble vouloir dérober l’enfant aux regards. Le jardin, végétation incroyable, ballons aquatiques, n’est peut-être pas si paradisiaque. Mystère.

34. Recentrage sur le monde du spectacle. Cadrage diagonal sur un pianiste à son piano, de dos, isolé par un lourd rideau de scène. Deux lignes d’écriture attribuent la paternité de l’histoire originale et de la musique au duo rock alternatif The Sparks. Le film va-t-il être une allégorie sur réalité et fiction, les (im)probables passages de l’une à l’autre ? Une méditation tragi-burlesque sur notre civilisation ? Pour mieux ou mal revenir au monde réel ? 35. Le chef d’orchestre (Simon Helberg) dit : « Excusez-moi un instant » avant de diriger son orchestre. 36. Décor lugubre. Henry, peignoir vert, cagoule sur la tête, se tient devant un miroir en pied qui reflète sa silhouette. Il sautille sur place tel un boxeur se préparant au combat. Musique grandiloquente. 37. Autre rupture dans le récit. Retour à la séquence agreste. Ann, filmée de dos, s’éloigne innocemment. Est-elle sortie de la forêt, va-t-elle y pénétrer ? Est-ce une référence à The Forest dont elle fut l’interprète ? A droite de l’écran, les mains d’Henry sont tentées de saisir le cou d’Ann. Instant maléfique. C’est hitchcockien, mais pas tout à fait. 38. Contre-plongée triomphale sur Ann, coiffure brune sophistiquée, costume en satin noir, le cou orné d’un lourd collier, recevant l’ovation à la fin d’un spectacle. Du déjà-vu. Mais l’ampleur tragique de la musique, sondant des profondeurs invisibles, contrecarre l’image publique de l’artiste. 39. Extérieur piscine. Plan en légère contre-plongée et d’une très belle composition qui évoque Blanche-Neige, Edgar Allan Poe et Fellini. Ann tourmentée par un secret. En maillot de bain rouge, dos nu à la caméra, Ann s’appuie sur le rebord du bassin. Sur sa gauche, une bouteille d’eau et un verre à moitié plein forment une étrange nature morte. Devant elle, sur une lamelle de marbre gris, se dressent une pomme rouge qu’elle a déjà croquée ainsi qu’un imposant miroir à l’arrondi en bois. En raison du miroir, l’inquiétude de la femme est lisible deux fois.

40. Plusieurs années plus tard, Henry est sur scène en costume de ville. À l’arrière-plan sous un faisceau de lumière apparait Annette sur son cheval de bois. Le comédien se détourne de son micro. Quel sera le rôle de la fillette ? Fait-elle partie du spectacle ? 41. Le chef d’orchestre s’agite. Nom de l’acteur en lettres rouges. 42. Coursive d’aéroport, façade vitrée, une métropole la nuit. Le père transporte urgemment Annette vêtue de vert. La mère, une hôtesse et une foule frénétique courent à ses côtés. Image de catastrophe. 43. Aéroport. Contre-plongée sur une galerie supérieure, une foule agglutinée brandit : « We » « Love » « Annette » en lettres géantes vertes. L’enfant, objet de toutes les adulations. Le communiqué de presse précise qu’Annette a un pouvoir étrange. 44. Ann et Henry sous une tempête à bord d’un paquebot. 45. Plan rapproché. Désespoir d’Ann qui reproche à Henry d’avoir commis un acte irréversible et immoral (mais quoi ?) : « Is nothing sacred to you ?, Rien n’est donc sacré pour toi ? » La musique sonne un destin cruel. 46. Ann en robe rouge dans une limousine, expression de panique. Éclairages urbains en pointillé dans la vitre arrière. 47. Long tunnel agressivement éclairé. 48. Ann, affolée, croise les bras devant elle pour amortir un choc imminent.

49. Le drame s’est produit. Gros plan en diagonale sur un cordon de sécurité, ruban jaune avec l’inscription « crime scene - do not cross ». Espace difficilement identifiable. Traces de végétation rappelant la terrasse de la villa. C’est alors que Carax, par stratégie promotionnelle imitant le cinéma classique d’antan et avec une pointe d’autodérision, écrit en lettres vertes « une expérience ». Un début de message à l’adresse du public. 50. Le récit suit son cours. Obscurité d’une salle d’interrogatoire. Tête penchée en avant, bras croisés, Henry est dans le rôle de l’accusé. L’enquêteur a sa tête cachée de façon assez grotesque par le globe de la lampe braquée sur le suspect. Mise en abyme de la scène qui se reflète dans la vitre puis dans un miroir au-delà de la vitre. La débâcle d’Henry rappelle l’expression troublée d’Ann au bord de la piscine. 51. Chronologie bouleversée ? Henry à moto fonce dans la nuit, laissant les collines au loin. La bouche grand ouverte, il chante ou hurle comme le loup. 52. Retour sur le couple à bord du paquebot. La musique, la chorégraphie, les accessoires évoquent un décor de théâtre. Le film se veut-il opéra-rock, spectacle pur ? 53. L’océan démonté par temps d’orage évoquant Turner ou Aïvazovsky. En lettres vertes les mots « de cinéma » font suite à « une expérience ». 54. Contre-plongée sur Henry en uniforme de prisonnier bleu, assis dans un car de police, accompagné d’un agent. Un crime a été commis, la sentence est tombée. Des mains collées à la vitre, jeu d’ombres expressionniste. 55. La foule harcèle le prisonnier du Los Angeles County Jail, brandit des pancartes. L’une dit : « Stop Femicide ». 

56. Retour au spectacle dans un stade bondé. Scène hors champ. En haut à droite, un écran géant projette l’image d’une fillette (qui chante ?). Au centre, l’hologramme de la même fillette surmonte un faisceau de lumière jaune et verte en forme de pyramide inversée. Au premier plan, des choristes hommes vêtus de noir, tournés en direction de la scène. 57. Intimité de la villa la nuit, au bord de la piscine. Ann fait virevolter Annette vêtue d’un maillot de bain rouge. Ingrédients du bonheur : canard gonflable sur l’eau, végétation édénique. Le bonheur à son comble sur un air d’opéra. L’adjectif « absolue », en lettres abricot, atteste de la qualité d’ « une expérience de cinéma ». Il convient de savourer le(s) spectacle(s) made in Leos Carax.

57. Légère contre-plongée sur des choristes femmes en vêtements de ville. Un travelling arrière filme la salle. 59. Des spectateurs assis au milieu de lumières vertes, d’autres amassés au balcon, semblent réagir vivement au contenu du spectacle. Ambiance évocatrice de l’époque romaine lorsque le public avait droit de vie ou de mort sur le gladiateur vaincu. Plus près de notre époque, ambiance de télé-réalité lorsque spectaculaire rime avec audimat. 60. Henry, micro à la main, son peignoir vert largement ouvert sur la poitrine, livre un combat sur scène. Il interpelle à son tour le public : « What’s your problem ? » 61. Plan qui fait diversion. Autre espace-temps ? ann et Henry dansent au milieu d’autres couples. 62. Plan plus intriguant. Deux enfants d’une blondeur angélique, assis au milieu des spectateurs, les yeux rivés sur la scène. La fillette, serre-tête fleuri, regard intense. Que regarde-t-elle ? 63. Henry à nouveau sur scène, loin de la caméra, embrasse sur le front la fillette arrivée sur son cheval de bois. Lumière blanche projetée sur le comédien en costume gris et la fillette en tenue blanche rend la scène onirique. 64. Côté musique, le chef d’orchestre passionnément à l’œuvre. Cependant, de manière grotesque, la tête d’un violon recouvre son visage, des bras d’instrumentistes lui barrent la silhouette. Seules restent visibles sa baguette et ses deux mains. Personnage réduit à sa fonction essentielle.

65. Nouvelle rupture dans l’écriture cinématographique. De l’animation pure qui profite du contraste de trois couleurs. Du noir pour la nuit, du jaune pour la lune, du noir pour le visage de la fillette et du vert pour ses mèches de cheveux, du vert pour le titre du film, Annette. De l’épaisseur de la nuit jaillit le profil de l’enfant qui contemple la lune (ou l’univers). Le visage humain se découpant contre l’astre rond, la lune à son tour devient visage apaisé, sommeillant, comme dans les livres d’enfants. Fillette et lune en miroir, l’une peut être lue comme la métamorphose de l’autre. Instant surprenant. 66. Chambre d’Annette. Rêve ou cauchemar ? Comme tout parent attentif, protecteur à l’heure du coucher, le père chuchote : « Tout va aller bien maintenant ». Mais le gros plan sur Henry jette le doute sur la crédibilité de ses paroles. De plus, Annette reste toujours invisible. N’existe-t-elle que dans l’imagination des spectateurs ou de ses parents ? 67. Dernier plan de la bande-annonce avant le générique de fin. Noirceur digne des films d’horreur. Une voix a capella s’élève d’un hors champ intangible, indéfinissable, imprègne l’écran noir. Voix frêle d’enfant comme un écho ésotérique. Malédiction ? Souffrance ? Dans la nuit noire émaillée de reflets changeants, le père est à nouveau penché au-dessus du lit. L’angle de contre-plongée et la voix off d’Henry, « Je te le promets, Annette », ajoutent au malaise. Mais le plus étrange se passe à gauche de l’écran. Annette de profil, ombre chinoise ou fantôme en carton, ouvre et ferme la bouche comme un automate. Lorsque le père éteint la lumière d’un geste brutal (le troisième dans la bande-annonce), le chant s’arrête.

Question 1 : puisque Annette de Carax est une comédie musicale inspirée par, co-écrite avec The Sparks, et que la caméra s’attarde autant sur les personnages fictifs de Carax jouant des héros et héroïnes sur scène, le film sera-t-il une fiction (une représentation du réel) dans la fiction ? Question 2 : pourquoi ne voit-on ni Adam Driver[4] ni Marion Cotillard chanter dans la bande-annonce ? Question 3 & Réponse : – Le film vaudra-t-il le déplacement ? – Oui, si l’on accepte d’être dépaysé du réel et du rationnel. + Oui, si l’on est réceptif au génie musical et à l’humour acerbe des Sparks. + Oui, si l’on est prêt à suivre Leos Carax dans les méandres tortueux de son imagination. +  Oui, afin de découvrir "une expérience de cinéma absolue" en 2021. Mais au fait, ça veut dire quoi?

 Esther Heboyan

 

 

 

 

 

 

 

 

[1] Entretien au Festival de Locarno, à propos de Holy Motors.

[2] Holy Motors (2012) dans lequel Carax fait chanter Kylie Minogue.

[3] The Sparks, How Are You Getting Home ?

[4] Adam Driver chante dans plusieurs films : Inside Llewyn Davis, Marriage Story

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