The French Dispatch de Wes Anderson, sélection Cannes 2021

The French Dispatch de Wes Anderson, sélection Cannes 2021. L'univers du bureau étranger d'un magazine américain, vignettes de l'Histoire de France, la France vue par un cinéaste américain.

The French Dispatch de Wes Anderson.

cannes-2021-signatures-web-600x160-02
 

The French Dispatch dessine pour nous le monde coloré, loufoque, faussement naïf et méticuleusement composé de l’Américain Wes Anderson qui en est ici à son dixième long-métrage. The French Dispatch, que l’on pourrait traduire par La dépêche française, décrit l’univers d’un magazine américain édité en France, révèle le fonctionnement d’une rédaction sous la direction d'Arthur Howitzer Jr. interprété par Bill Murray, l’un des acteurs fétiches d’Anderson. D’après la bande-annonce comportant environ 90 plans, des noms prestigieux incarnent tantôt les correspondants américains envoyés à l’étranger, comme Frances McDormand, tantôt des personnages ayant participé à l’Histoire de France au XXème siècle, par exemple Timothée Chalamet dans le rôle d’un étudiant révolutionnaire.

Tourné à Angoulême, le film se déroule dans une ville française fictive nommée Ennui-sur-Blasé. Après A bord du Darjeeling Limited (2007) filmé en Inde dont la représentation fut parfois jugée trop orientaliste, et après The Grand Budapest Hotel (2016) situé à Zubrowka, un pays imaginaire de l’Europe entre les deux guerres mondiales, il sera intéressant de découvrir le regard de Wes Anderson sur la France et les Français.

Le film serait inspiré du magazine The New Yorker. Mais on pourrait y voir un clin d’œil à The International Herald Tribune, quotidien publié à Paris entre 1967 et 2013, journal que Jean Seberg vend à la criée dans A bout de souffle de Godard. Comme indiqué dans la très belle affiche conçue par l’illustrateur espagnol Javi Aznarez, l’action du film est une suite de fragments, en fait, des événements racontés dans les pages du magazine.

 

Esther Heboyan

26/06/2021

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.