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Billet de blog 13 sept. 2014

Deux fausses bonnes idées : l'adhésion directe et le mouvement pour la 6

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Commentaire sur le blog de Pascale Fautrier

Je partage très largement une bonne partie de ce que dit Pascale Fautrier pour ne dire pas lui  les problèmes que me posent ses propositions .

Sur le fond pas de difficultés.

 Sur l'élargissement du Front de gauche

 Oui il faut sortir le Front de gauche du face à face mortifère des appareils politiques , d'une logique de cartel entre partis où les échéances institutionnelles prennent des dimensions démesurées. Oui il faut l'ouvrir à d'autres actrices et acteurs du changement sur le terrain. Mais adhérer c'est d'abord payer une cotisation pour avoir le droit d'être dedans un mouvement et y dire son mot. Je ne suis pas sûr que beaucoup dits « non-encartés » citoyennes et citoyens qui ne se retrouvent pas dans la forme parti aient envie de cela. Pendant les campagnes de 2012 nous avions posé la question sans avoir une réponse nette.

La question n'est pas seulement de donner la possibilité d'y être mais de pouvoir donner son avis, pouvoir débattre des orientations et de l'action (et sans doute en être de façon si possible discontinue quand on le juge utile ) Ce n'est pas simple à mettre en œuvre et les organisation du Front de gauche parmi les moins partidaires comme Ensemble ont du mal à le permettre. Pourtant cette dernière se bat depuis longtemps sur d'adhésion directe quand les partenaires y compris le PG le refusaient. Il y a derrière la question de l'adhésion au Front de gauche une difficulté réelle : quel signification , quel intérêt de constituer une organisation des non-organisé(e) qui deviendrait la 10ème du Front de gauche . Et comment le faire ? Le risque serait ce que nous avons connu avec les collectifs antilibéraux : un multitude de collectifs constitués par les uns ou par les autres sans faire du commun et permettre d'ouvrir.

La réponse me semble etre dans ce qui fonctionne déjà localement : qu'importe le nom Assemblées citoyennes, Collectifs Fdg, Associations Fdg il nous faudrait généraliser des lieux où puissent venir agir et debattre toutes celles et ceux qui se retrouvent plus ou moins dans notre démarche. Et quand je dit celles et ceux il ne peut s'agir de se restreindre aux adhésions individuelles mais aussi des collectifs en particulier ceux de mouvements dits sociaux qui font de la politique sur leur terrain. Adhésions fluides et à géométrie variable qui évite le "dedans-dehors" que regrette Pascale Fautrier dans son intervention

Ces groupes locaux (ou thématiques syndicat ou associations) devrait être représentés dans les coordination locales du Fdg au même titre que les organisations politiques : ainsi elles auraient le moyen de peser. Mais il faudrait aussi développer les assemblées générales comme celle du 6 et y favoriser la présence de ces instances locales .

La participation active diversifiée permettrait de se sortir de bon nombre de blocages actuels et de permettre un discussion stratégique général en d'autres termes que les rivalités partidaires .

Je crois que les choses progressent dans les composantes du Front de gauche, il me semble qu'une représentante du PCF en a admis le principe...

 Sur la 6ème république

 Bien sûr il ne faut pas opposer la question sociale et la question isntitutionnelle. La crise risque trop de déboucher sur une solution autoritaire pour que nous n'ayons pas à inciter les citoyens à changer les règles du jeu et à poser la question d'une crise politique institutionnelle qui réponde aux demandes démocratiques qui s'expriment, au delà de la scène politique officielle.

La 6ème, la constituante font partie du fonds commun du Front de gauche, des propositions de lutte sur la démocratie sont aujourd'hui audible, nous pouvons les mettre au centre du débat public. Il est intéressant de voir que des composantes diverses de notre camp comme le mouvement des intermittents, des initiatives ouvrières comme les Fralib ou les ex- Pilpa posent la question du qui décide pour l'entreprise et la société. Ils inventent des manières de défendre le bien commun. Une initiative dont le front de gauche est partie prenante le collectif AAA -formé de syndicalistes d'associatifs,de politiques - dit des chose là dessus à partir de ses pratiques et exigences .

Aujourd'hui seul l'émergence de mouvements sociaux, de mobilisations populaires peuvent changer la donne et produire la crise politique nécessaire avec des réponses progressistes à l'austéritaire y compris en termes institutionnels. C'est un évidence nécessaire aux yeux d'un nombre croissant d'acteurs. Pourquoi dès lors créer une institution séparée pour la 6ème qui aurait vocation à incarner le débat ? Nous avons là les risques de n'entraîner que les « CSP+ comme on dit dans le jargon de l'INSEE - soit les dix ou vingt pour cent de Français les plus favorisés en capitaux matériels et symboliques ». De ce fait je trouve négatif la proposition de restreindre les assises locales et nationales proposées à la seule question de la 6ème.

Je ne suis pas sûr que les intitiateurs et ceux qui signent l'appel mesurent les difficultés qui risquent de faire, de fait, de ce choix une activité parallèle au Front de gauche, mais aussi aux regroupements qui se mettent en place contre l'austérité. Pourtant c'est bien une conséquence qui ne devrait pas être négligée et recevoir vite des réponses.

Au final je ne porterai pas un jugement trop négativement tranché sur cette AG et je préfère la voir comme un point d'appui pour aller plus loin.

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