Blablabla

"Socrate-Mais parler, n’est-ce pas aussi une action ? H- Oui. Socrate-En ce cas, si l’on parle en ne consultant que sa propre opinion sur la manière de parler, parlera-t-on bien ? N’est-il pas vrai que l’on ne peut parler véritablement qu’autant que l’on dit les choses comme la nature veut qu’on les dise et qu’elles soient dites?"

J'avoue que, pour trouver cette intro, comme bon citoyen du 21ème siècle qui se respecte, j'ai Googlé.

J'ai tapé "l'art d'écouter les autres parler". C'est seulement près avoir parcouru les 4 premières pages de notre ami Google, à base d'articles du Cosmpolitan Magazine et de promotions de bullshit livres sur le développement personnel que j'ai trouvé ce passage de Platon dans Cratyle. Je trouve que ça représente assez bien la société dans laquelle on vit.

Je n’ai jamais eu de convictions fortes. Je ne me sens pas concernée par une cause en particulier, j’aime pourtant écouter des débats, peu importe leur nature. Que ce soit lors d’une campagne présidentielle ou bien lors d’une soirée arrosée. Finalement, ce sont des situations assez semblables: 2 personnes qui parlent forts, pour en dire beaucoup mais très peu dans le fond. 

 

J’aimerais croire que c’est parce que je suis bien dans mes baskets, mais je n’en suis pas persuadée. Non pas parce que je suis bien souvent en talons, je pense juste que, parfois, je suis simplement spectatrice. Pour quelqu’un qui rêvait de devenir comédienne, c’est le comble!

 

Je me dis qu’il y a déjà presque autant de gens que d’avis sur tous les sujets du monde, alors je me tais, du moins, je me suis longtemps tu, et j’écoute. L’avantage quand on écoute les gens, c’est qu’on se rend vite compte que l’être humain est terriblement con.

C’est peut être ça qui me fait peur aussi. J’ai peur de dire des conneries, comme eux, par manque d’information, par manque de culture, par manque d’alcool dans le sang…

De toutes manières, c’est toujours la même chose: chacun prêche pour sa paroisse, même ceux qui ont vendu leur âme au diable! Nous défendons nos intérêts, ils défendent les leurs.

A partir de ce moment là, c’est un rapport de force qui s’applique, c’est au dernier qui baissera la voix, au dernier qui pliera sous les coups, au dernier qui ne tiendra plus debout.

Parfois, souvent même, je me dis que tout le monde pense comme moi. A propos de sujets qui me paraissent évidents. Comme: « non, on ne doit pas voler le goûter à la récré du petit binoclard, même si son Kinder country à l’air bien meilleur que mon pain au chocolat », « non, ne doit pas crever les pneus du vélo de la maîtresse aux grosses fesses, même si ça lui ferait du bien de rentrer en marchant », « non, on ne doit pas déclencher l’alarme incendie pendant une épreuve de BAC, même si tous les cerveaux sont en train de chauffer », « non, on ne doit pas violer la dame, même si elle est vraiment jolie dans sa petite jupe coincée dans sa culotte ». 

Ce sont des sujets qui pour moi ne méritent même pas un débat. C’est comme ça, point, barre à la ligne, suivant ?

 

Malheureusement, les adultes ne sont que des vieux enfants qui ont le permis de conduire et le droit d’acheter de l’alcool (liste non exhaustive). Certains font du monde une cour de récré. Pas la récré de l’école Saint-Eustache-de-La-Mer-je-vais-à-l’école-bien-coiffé, mais plutôt une école de ZEP du fin fond du 93.

 

A tout ceux qui m’ont regardé alors qu’ils avaient la gueule grande ouverte en train de déblatérer connerie sur connerie en se disant que j’avais vraiment une tête de cruche: je n’en pensais pas moins.

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