Erri de Luca - En souvenir du massacre da Lampedusa, 3 octobre 2013

 Une personne s'échappe de sa maison en flammes et se retrouve à sa porte face aux pompiers qui pour le faire sortir lui demandent ses papiers.

 © Fondation Erri de Luca © Fondation Erri de Luca

 

Une personne s'échappe de sa maison en flammes et se retrouve à sa porte face aux pompiers qui pour le faire sortir lui demandent ses papiers.

S'il ne les a pas sur lui, alors il peut mourir brûlé vif.

C'est ce qui se passe aux frontières de l 'Europe. Arrivent des femmes, des enfants, des personnes âgées et des hommes qui fuient leur patrie en flamme et qui se heurtent à nos barrages sur terre et sur mer.

Alors ils regardent le ciel et demandent des ailes, pas un passeport mais une paire d'ailes.

Nous, citoyens d'Europe, nous n'attendons pas que les autorités leur donnent des papiers,

nous sommes la frontière et nous ouvrons grand les bras,

avec le geste qui se rapproche au mieux du battement des ailes,

parce que c'est nous qui sommes leurs ailes.

traduction par mes soins d'un texte paru ce 3 octobre 2015 sur le site de la Fondation Erri de Luca :

In ricordo della strage di Lampedusa del 3 ottobre 2013

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