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Billet de blog 6 oct. 2022

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Sans eux, on ne serait plus là En Calabre un petit village survit grâce aux migrants

À Camini, un petit village isolé de Calabre, dans le sud de l'Italie, une centaine de migrants arrivés ces dernières années vivent et travaillent grâce à une coopérative créée par les habitants. Leur présence a permis au bourg de retrouver un semblant d'activité.

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Infomigrants - Charlotte Oberti, 5 octobre 2022

"Sans eux, on ne serait plus là" : en Calabre, un petit village survit grâce aux migrants 

À Camini, un petit village isolé de Calabre, dans le sud de l'Italie, une centaine de migrants arrivés ces dernières années vivent et travaillent grâce à une coopérative créée par les habitants. Leur présence a permis au bourg de retrouver un semblant d'activité. Reportage.

Charlotte Oberti, envoyée spéciale à Camini (Italie).

Il faut essayer d'imaginer la place du village il y a quarante ans. Elle était, selon les dires, animée et bruyante. Les habitants aimaient discuter, accoudés à l'un des trois bars que comptait alors Camini, bourg de Calabre qui surplombe une vallée d'oliviers plongeant dans la mer. Mais désormais le cœur de Camini est triste. En cette fin septembre, la terrasse dressée sur l'esplanade proche de la mairie est quasiment vide, comme les rues. En contrebas, une meute de chiens errants aboie et court au milieu d'une route sans déranger les voitures qui de toute façon n'y roulent pas. 

Dans les années 1990, les habitants ont déserté Camini, où vivent 800 personnes, réparties entre deux zones : la basse, près de la mer, et la haute, perchée sur la colline. La faute au manque d'emploi dans cette région pauvre du sud de l'Italie, où le tourisme peine à se développer malgré la beauté des lieux.

Camini n'était en rien une exception au moment de l'exode de sa population, mais elle semble en être une aujourd'hui. Car sur ses hauteurs, la vie a repris timidement ces dernières années. Un bar restaurant - l'unique désormais - a ouvert; l'école primaire, qui pendant 20 ans ne comptait plus qu'une classe, en compte désormais quatre; et un distributeur automatique de billets y a pris ses quartiers en 2020 pour le bonheur du plus grand nombre.

"Tout ce qui est là est lié aux migrants", lance Rosario Zurzolo, enfant du pays. Cet homme de 45 ans à l'air pressé a dû quitter son village natal à la vingtaine, la mort dans l'âme, pour trouver du travail ailleurs. De retour quelques années plus tard, il a cofondé en 1999 la coopérative EuroCoop Camini dans le but de contenir l'hémorragie des habitants en créant des emplois. Mais les choses n'ont vraiment changé qu'à partir de 2016, quand la municipalité a remporté un appel à projets du ministère de l'Intérieur concernant l'accueil de migrants. Selon ce projet, EuroCoop Camini touche 35 euros par jour et par migrant pour couvrir leurs besoins du quotidien et leur logement.

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