L’administration française fabrique des sans papiers

La Cimade dénonce le sort réservé aux jeunes isolé.e.s en France, leur accès au séjour est de plus en plus difficile alors même qu’ils et elles ont été confié.e.s à l’ASE.

La Cimade - Rafael Flichman, 7 janvier 2021

L’administration française fabrique des sans papiers

Depuis 3 jours, un patron d’une boulangerie à Besançon est en grève de la faim pour attirer l’attention sur la situation de son apprenti, un mineur isolé pris en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE). Au-delà de la mobilisation pour ce jeune qui a récemment fait l’objet d’un refus de séjour, La Cimade dénonce globalement le sort réservé aux jeunes isolé.e.s en France. En effet, leur accès au séjour est de plus en plus difficile alors même qu’ils et elles ont été confié.e.s à l’ASE. La situation de ce jeune apprenti est donc loin d’être isolée.

Pour exemple, une préfecture refuse le séjour d’un enfant pris en charge à 15 ans par l’ASE sous prétexte d’une entrée irrégulière et d’avoir quelques liens avec sa famille. Une autre préfecture rejette les demandes de titres de séjour de ces jeunes car leur situation ne justifierait pas leur exil et qu’il ne faut pas cautionner les réseaux mafieux. Dans des départements, ce sont les enfants protégés et confiés à des tiers dignes de confiance qui se voient refuser le droit de rester en France, sous prétexte, contesté par les tribunaux, que cet accueil ne relèverait pas de l’ASE. D’autres préfectures remettent en cause leurs documents d’état civil au moment de leur majorité, excuse justifiant leur refus de rester en France.

L’instruction du 21 septembre 2020, appelée « Circulaire Darmanin », sur l’examen anticipé des titres de séjour des mineur·e·s pris·e·s en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE) vient encore fragiliser leur situation. .../...

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.