Une journaliste du «Temps» interrogée par la police à Briançon

Notre envoyée spéciale effectuait un reportage sur des migrants entrant clandestinement en France depuis l’Italie par le col de l’Echelle, dans les Hautes-Alpes

https://www.letemps.ch/monde/2017/11/13/une-journaliste-temps-interrogee-police-briancon

Les "grands" médias français et autres responsables politiques s'offusquent régulièrement des atteintes à la liberté de la presse dans le monde, quelle appréciation auront-ils quand une telle atteinte est porté dans leur propre pays.?

Je suis impatient de les lire !

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 billet mis à jour le 15 novembre avec le lien de l'article de Reporter Sans Frontières en bas de page

 

Le Temps - Simon Petite, 13 novembre 2017

Une journaliste du Temps a été interpellée et interrogée par la police française le week-end dernier dans la région de Briançon (Hautes-Alpes). Elle effectuait un reportage sur le passage clandestin de migrants depuis l’Italie vers la France par le col de l’Echelle. Une route de plus en plus empruntée malgré les conditions très difficiles. Situé à 1762 mètres, le col était partiellement enneigé.

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Intollérable attaque contre la presse

Le Temps - Benoit-Godet Stéphane, Rédacteur en chef, 13 novembre 2017

«Le Temps» considère la mise en cause et l’interrogation de son envoyée spéciale en France, à Briançon comme intolérable. Cette expérience laisse un âpre constat: même en France, les droits des journalistes peuvent être bafoués.

La liberté de la presse n’est pas seulement une valeur qui parle à ceux qui exercent la profession de journaliste. Elle doit être chevillée au cœur de tous. Et plus particulièrement à celui des représentants des autorités mis en place par des gouvernements démocratiquement élus. Malheureusement, pas besoin d’aller très loin pour constater que les droits des journalistes peuvent être bafoués de la manière la plus crasse.

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Une journaliste suisse en reportage arrêtée par la gendarmerie française

Europe 1 - rédaction Europe1.fr avec AFP, 14 novembre 2017

Alors qu'elle effectuait un reportage sur des migrants entrant clandestinement en France depuis l’Italie, une journaliste du quotidien suisse "Le Temps" a été interpellée et interrogée.

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Un journaliste de France Culture également arrêté. L'envoyée spéciale du quotidien, Caroline Christinaz, avait pris place samedi dans une voiture d'un habitant des Hautes-Alpes, qui portait secours aux migrants franchissant le col de l'Échelle, à 1.762 mètres d'altitude, alors partiellement enneigé, pour entrer en France depuis l'Italie. ../... Un second véhicule transportait le journaliste français de la radio France Culture Raphaël Krafft. À leur descente du col ils ont été arrêtés par la gendarmerie, alors que les deux véhicules transportaient quatre migrants.

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Un interrogatoire de deux heures.

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"Des tentatives d'intimidation de la part des gendarmes et du procureur"

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Des propos "diffamatoires" pour le procureur.

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Interrogé par l'AFP, le journaliste de France Culture a expliqué que sa consœur était sortie de l'entretien "choquée qu'on lui ait posé des questions intimes".

 

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R.S.F. - 14 novembre 2017

Deux journalistes interpellés par la police française dans le cadre d’un reportage sur les migrants

A la suite de l’interpellation de deux journalistes qui réalisaient un reportage sur les migrants entrant clandestinement en France depuis l’Italie, Reporters sans frontières (RSF) rappelle que l’exercice du journalisme n’est pas un délit et que la protection des sources est un droit.

 

La journaliste suisse Caroline Christinaz travaillant pour Le Temps et le journaliste français Raphaël Krafft en reportage pour le Magazine de la rédaction sur France Culture ont été interpellés, alors qu’ils réalisaient dans la nuit de samedi à dimanche un reportage sur les migrants entrant clandestinement en France depuis l’Italie via le Col de l’Echelle, dans les Hautes-Alpes. Arrêtés à un barrage, alors qu’ils se trouvaient à bord de véhicules conduits par des habitants du Briançonnais qui avaient pris en charge quatre migrants mineurs isolés, les deux journalistes se sont vus convoqués, dès le lendemain, à la gendarmerie de Briançon.

 

Durant son interrogatoire, Caroline Christinaz a découvert être mise en cause dans une procédure pour “aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier d’étrangers sur le territoire français”. Ces faits peuvent être punis de lourdes amendes et de peines allant jusqu’à cinq ans de prison. La journaliste suisse a présenté sa carte de presse, expliqué qu’elle réalisait un reportage. “Pendant deux heures, la plupart des questions qui m’ont été posées visaient à obtenir des informations sur mes sources et les personnes avec qui je me trouvais”, explique Caroline Christinaz qui précise n’avoir cessé de répéter aux gendarmes qu’elle souhaitait, en tant que journaliste, faire valoir son droit à protéger ses sources. Les gendarmes ont également réclamé son téléphone portable et ses codes d’accès. La journaliste a déclaré avoir été ensuite interrogée sur sa vie privée, afin de pouvoir estimer ses capacités financières et établir le montant de l’amende, avant d'être photographiée et de devoir donner ses empreintes.

 

“Réaliser un reportage sur les migrants ou sur ceux qui leur viennent en aide ne peut-être associé à un délit, rappelle Catherine Monnet, rédactrice en chef adjointe de RSF. Traiter un journaliste comme un suspect alors qu’il ne fait qu’exercer sa profession est une entrave au libre exercice du journalisme. Reporters sans frontières rappelle également qu’un journaliste ne peut être forcé à révéler ses sources étant donné que la protection des sources journalistiques est un droit inscrit dans la loi de 1881.”

 

Convoqué quelques heures plus tard, dans l’après-midi, Raphaël Krafft a, lui, été entendu en qualité de témoin. Pour l’instant, les deux journalistes n’ont aucune idée des suites qui seront données à cette affaire.

 

La France figure à la 39e place du Classement de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF).

 

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