Cédric Herrou : acharnement insensé, le Parquet se pourvoit en Cassation

Des années de procédures, une première garde à vue en août 2016, sans suite car l’immunité humanitaire avait été reconnue, puis le premier procès du 10/2/17 à Nice… Au total onze gardes à vue, les menottes au poignet en gare de Cannes, des perquisitions, des confiscations de ses outils de travail pendant des mois et ce n'est pas fini

On aurait pu penser que le périple juridique qui dure depuis 2016 soit arrivé à son terme, mais l'Avocat Général auprès de la cour d'appel de Lyon en a décidé autrement avec un pourvoi en Cassation.

Pour mémoire Cédric Herrou avait été condamné en première instance par le Tribunal de Nice en février 2017.

Il avait saisi le Conseil constitutionnel après avoir été condamné en août 2017 à quatre mois de prison avec sursis par la Cour d’appel d’Aix-en-Provence.

Le 6 juillet 2018, les "Sages" consacraient le "principe de fraternité" estimant qu'une "une aide désintéressée aux migrants, qu’elle soit individuelle ou militante et organisée, ne doit pas être poursuivie". Ils ont, par conséquent, validé "la liberté d’aider autrui, dans un but humanitaire, sans considération de la régularité de son séjour sur le territoire national".

En cassation, la Cour a annulé en décembre 2018 la condamnation de Cédric Herrou, renvoyant l’affaire devant la cour d’appel de Lyon.

Il était finalement relaxé par la cour d'Appel de Lyon le 13 mai dernier.

 

Comment ne pas voir dans cet acharnement la volonté du pouvoir en place d'instrumentaliser la justice à des fins politiques ?

 

 

 

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