Buisine : l'IGPN ne trouve pas de témoins ? Nous oui

L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) serait-elle le service d'enquête le moins compétent de France, ou ne cherche-t-elle pas vraiment à obtenir des témoignages qui pourraient incriminer les policiers ? Elle n'a en tout cas contacté aucun des journalistes témoins de l'agression de Rémy Buisine, lundi soir à Paris.

arretsurimages - Loris Guémart, le 27 novembre 2020

 

Buisine : l'IGPN ne trouve pas de témoins ? Nous oui

Face à Anne-Sophie Lapix au 20 Heures de France 2, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, ce jeudi 26 novembre, joue la carte de la communication ... et multiplie les mensonges. À propos des péripéties politiques de l'article 24 de la loi "sécurité globale", il affirme que le premier ministre "a reçu des journalistes cet après-midi" : c'est faux, sauf à considérer que les syndicats patronaux de la presse ou l'association Reporters Sans Frontières représentent les journalistes - les syndicats et sociétés de journalistes ayant refusé de s'y rendre. Darmanin annonce également, à propos des violences policières observées lundi soir à Paris qu'il "rendra public le rapport de l'IGPN" dans les minutes qui suivent : faux là encore, seule une synthèse de deux pages est mise en ligne par le ministère de l'Intérieur. Enfin, le ministre affirme que le journaliste de Brut Rémy Buisine, brutalisé à plusieurs reprises par un même policier ce soir-là, "n'a pour l'instant pas souhaité répondre" aux questions de l'IGPN. Dans la synthèse rendue publique, la formulation est nettement différente, puisqu'il est indiqué que Buisine "n'a pas répondu aux sollicitations de l'IGPN", plutôt qu'exprimé un quelconque refus.

.../... en quatre jours, l'IGPN n'est parvenue à obtenir aucun témoignage, là où en quatre heures, je récolte cinq témoignages de journalistes situés à moins de trois mètres de l'agression, que tous décrivent comme telle, et deux témoignages de journalistes situés à proximité immédiate ou en capacité d'apporter des éléments de contexte importants, telle que la brutalité manifeste autant qu'inhabituelle des policiers et gendarmes envers la totalité des journalistes présents ce soir-là.

.../... Autre constat : aucun des sept journalistes qui témoignent auprès de moi ce vendredi 27 novembre n'a été contacté par l'IGPN depuis le soir du 23 novembre, de quoi s'interroger sur la volonté d'enquêter de l'IGPN.

 

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