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Billet de blog 28 sept. 2016

Europe de l’Est : tous corrompus ?

Vingt-cinq ans après l’effondrement du bloc communiste, la corruption continue d’être une réalité dans les pays d’Europe de l’Est. Pourtant, certains d’entre eux luttent aujourd’hui pour qu’elle ne soit pas une fatalité.

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Arrestations à répétition en Roumanie

Ces dix dernières années, la Roumanie a fait de la lutte contre la corruption une de ses priorités mais la chasse aux ripoux a pris une nouvelle dimension en 2014 avec l’arrivée au pouvoir de Klaus Iohannis. Cet ancien professeur de physique avait fait de la corruption un des arguments majeurs de sa campagne et n’a pas hésité, une fois élu, à faire le ménage dans ses institutions.

Le résultat est sans équivoque et fait figure de purge. En quelques années, plus de 3 000 personnalités politiques ont été envoyées derrière les barreaux. Qu’ils soient ministres, sénateurs, députés ou encore maires, aucun mandat n’est épargné par la Direction nationale anticorruption (DNA), un organisme qui chasse la corruption dans les plus hautes instances roumaines.

Les têtes ne cessent de tomber et parmi elles, celle de l’ancien premier ministre, Adrian Nastase, qui en 2014 a été condamné en appel à quatre ans de prison ferme pour avoir reçu 630.000 euros de pots-de-vin.

L’année dernière, le maire de Bucarest, Sorin Oprescu, a été impliqué dans une vaste affaire de pot-de-vin et a été interpellé avec 25.000 euros cachés à son domicile. « Avant 2008, il était impossible d’imaginer que l’on condamnerait un jour des hommes politiques de haut rang pour corruption, explique Laura Andrei, la présidente du tribunal de Bucarest. « Aujourd’hui, un maire roumain est arrêté par la DNA presque chaque semaine. »

La fraude règne encore malgré les signaux positifs

Membre de l’UE depuis 2007, la Roumanie cherche à se défaire des travers d’une culture marquée par le communisme et une période de son histoire où la corruption faisait loi. Et si le pays a encore de nombreux efforts à fournir pour que son appareil politique affiche une transparence irréprochable, ses résultats en la matière sont remarqués à l’international, grâce en particulier à l’« Indice de perception de la corruption » établi par Transparency International.

Chaque année, l’organisme se charge de publier un document jaugeant la perception de la corruption dans le secteur public de près de 170 pays. Plus la note est basse, plus l’impression de corruption est importante et inversement. En 2015, l’indice de Transparency International attribue la note de 46 points à la Roumanie, une position encourageante comparée à celle occupée par la majeure partie des pays d’Europe de l’Est, ces derniers continuant de squatter les mauvaises places.

Les résultats obtenus par la Biélorussie (32), la Russie (29), l’Ukraine (27), la Moldavie (33) ou encore l’Ukraine (27) rappellent les difficultés de se sortir d’une corruption qui profite à tout un système. Une situation que la crise financière n’a rien fait pour arranger. La pression économique qui pèse sur les entreprises les pousse à accepter le chantage d’une corruption décomplexée pour décrocher des contrats, au risque de se voir coiffer au poteau par d’autres sociétés moins scrupuleuses.

Dans ces pays où les scandales éclaboussent régulièrement l’actualité, la corruption prend rapidement des allures de maladie incurable qui gangrène les affaires et la politique. Et si les remèdes semblent compliqués à mettre en place, certains pays ne s’avouent pas vaincu, à l’instar de la Roumanie, et tentent quand même d’éradiquer le phénomène.

C’est le cas de la Lituanie qui s’est récemment illustrée en ne reconduisant pas le contrat qui liait le pays à la société Dalkia, une filiale de Veolia, dans la gestion du chauffage de dix villes, dont la capitale Vilnius. Signé en 2002, l’accord prévu sur quinze ans serait le fruit de la corruption d’après l’actuel ministre lituanien de l’Énergie, Rokas Masiulis.

L’ancien maire de Vilnius, Arturas Zuokas, est accusé d’avoir touché de l’argent de Dalkia au moment de l’accord, ainsi que de Rubicon, une filiale de Veolia, de l’argent qui aurait servi à influencer la décision et permis ensuite à Dalkia de pratiquer des tarifs d’électricité très élevés. Pour Masiulis, « il y a beaucoup de faits qui confirment des actions inappropriées de Vilniaus Energija », une autre filiale lituanienne du groupe énergétique français.

Écarter Dalkia est une décision qui concrétise la volonté du gouvernement lituanien de se défaire des magouilles d’antan pour laisser place à un avenir plus respectable pour le pays. Une démarche de plus en plus remarquée dans les pays d’Europe de l’Est mais qui se heurte encore régulièrement au mur d’une corruption qui fait barrage à toute bonne volonté en la matière.

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