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Billet de blog 13 juin 2020

Rencontre avec Lisette Narducci

C’est lors d’un échange anodin que j’ai fait sa connaissance. Lisette Narducci est Maire du 2e secteur de Marseille. A chaque élection remportée, elle m’a confié que se posait à elle une seule question : « Que puis-je apporter aux autres ? ». Je souhaite préciser que je ne vote pas dans sa circonscription, ce qui disqualifiera toute idée de complaisance.

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Pour moi, l'intelligence et le sens de l'intérêt général ont déserté les partis dominants. La confiscation progressive de la parole politique par les partis a stérilisé les idées neuves, a sorti le peuple du jeu politique, réduisant la démocratie à une bataille de communication. Je veux ici saluer une personnalité qui, face aux empilements administratifs qui stérilisent l'initiative a su gérer de manière admirable la crise sanitaire majeure liée au Coronavirus.

J’ai vu dans le regard de ses amis et de ses compagnons de campagne électorale un halo de sympathie, mêlée à une admiration pour ses combats. Un mandat municipal offre la formidable opportunité d’agir à celui qui le détient.

Pour Lisette Narducci c’est une évidence et elle semble n’en tirer aucune fierté particulière. Des échanges que nous avons pu avoir, j’ai senti que l’indignation avait été son moteur, sans doute depuis toujours. L’indignation de voir se creuser la fracture entre les riches et les pauvres, peut-être de manière plus significative à Marseille que partout ailleurs.

Les images renvoyées par Facebook, Instagram et l’ensemble des réseaux sociaux sont devenues la loi de la démocratie moderne. Pour Lisette Narducci, la présence sur le terrain – bien davantage que celle passée devant un écran d’ordinateur – est plus importante que tout. Parce qu’elle installe un engagement plus profond, plus solennel, en un mot plus authentique avec les citoyens.

Dans un contexte d’élections municipales, où les casaques politiques obligent les gens comme des camisoles de force, j’affiche mon peu de goût pour les clans, les clubs et autres cénacles politiques. Chez Lisette Narducci, j’ai trouvé au contraire, une femme libre, disponible et pleine de générosité. Une personne qui sait comment on vit, comment on souffre aussi… Pas étonnant qu’elle ait clamé un jour : « mon parti politique, c’est Marseille ».

En tant qu’auteur, j’ai pu échanger avec une élue ouverte au milieu du spectacle, du théâtre, de la littérature, plus largement de la culture. J’ai osé lui confier que je me voyais jouer, dans le futur, un rôle dans un événement lié au livre. En souriant, Lisette Narducci m’a alors avoué qu’après avoir lu un ouvrage, juste le temps d’un court repos, elle se sentait toujours comme après un voyage : à la fois différente et enrichie.

Lisette Narducci et Fabrice Balester © DG
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