Confinement avec Charlie Mingus

"Sans la musique la vie serait une erreur" a dit un jour Friedrich Nietzsche.

J’ai mis Wednesday Night Prayer Meeting sur la platine et j’ai respiré fort. Charlie Mingus est entré dans ma piaule avec son souffle court et sa barbiche. Dannie Richmond, Booker Ervin, Ted Curson et Eric Dolphy n’ont pas tardé à lui filer le train. Ils ont concentré toute la beauté du jazz autour de moi. J’ai poussé le son, j’ai fermé les yeux, et Charlie a commencé à casser la croûte avec mes sens. 

Dans sa foutue basse, il mettait comme d’habitude une gaieté de clown, de l’ironie désespérée, un sentiment de rage, de la désinvolture. Il y mettait aussi de la violence. Du charme, de l’intelligence, une obstination d’enfant, de la vulnérabilité, un fantastique entêtement de créateur.

The shadows de Cassavetes a dansé dans la pièce. Quand ça a été fini, je me suis senti meilleur, surtout dans cette période de confinement.

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