Betty Duhamel ressuscitée !

Gare Saint-Lazare reflète avec justesse les tourments des premiers sentiments amoureux, l’ambiance intellectuelle d’une époque et nous livre un témoignage précieux sur les ambitions précoces d’un aspirant écrivain...

La maison d'édition L'Herne a eu cette bonne idée de ressusciter une époque où l'on jouait aux flippers dans les bars et où une vague verte et footballistique emportait tout sur son passage : les années soixante-dix.

L'idylle de Betty Duhamel (Pauline dans le livre) – petite fille de Georges Duhamel – avec un jeune homme prénommé Nicolas dans le roman et qui incarne un écrivain plein de promesses (on devinera rapidement qu'il s'agit de Patrick Modiano, l'un des plus "grands écrivains" français vivants) est une romance douce-amère au goût de fruit défendu qui n'a rien de banale... De gares en bars, de disputes en ruptures et en trahisons, c'est l'histoire d'une liaison compliquée à laquelle on assiste au fur et à mesure qu'avance le récit.

Nicolas, charmeur et mystérieux, fait découvrir à Pauline les oeuvres de Céline, de Malraux et de quelques autres, le tout sur fond de "Nouvelle vague" et de l'ambiance intellectuelle qui régnait dans le Paris du milieu des années soixante-dix...

L'Herne redonne ses lettres de noblesses à ce "Gare Saint-Lazare" signé de la regrettée Betty Duhamel, quarante-deux ans après sa parution initiale, chez Gallimard, et on ne peut que l'en féliciter.

Gare saint-Lazare de Betty Duhamel © Editions de L'Herne Gare saint-Lazare de Betty Duhamel © Editions de L'Herne

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