La marque et la trace

Comparer, c'est déplaire, Alain Duhamel, le savait et l'avait écrit dès le début de son ouvrage paru en 1991. Néanmoins, son parallèle entre De Gaulle et Mitterrand est passionnant et après dix ans au pouvoir pour chacun, leurs empreintes peuvent être équitablement comparées. « C’est l’objet de ce livre, même s’il doit pour cela hérisser les dévots de l’un et courroucer les zélotes de l’autre ».

La marque et la trace La marque et la trace

Présidents emblématiques de la Vème République, Charles de Gaulle et François Mitterrand n’ont pas fait que se succéder si l’on reprend le fil de l’histoire. Ils se sont également férocement combattus. Dans « La marque et la trace », le journaliste et écrivain Alain Duhamel compare les deux hommes après dix ans de pouvoir.

Il interroge le lecteur en expliquant qu’il reste quatre années à François Mitterrand pour laisser une « trace » comparable à la « marque » du Général.

Après dix années au sommet de l’état, la mythologie gaullienne éclipsait le rayonnement de la mythologie mitterrandienne.

Même si les époques et les contextes furent différents, bon nombre de personnalités politiques, de droite comme de gauche, se sont réclamées du « Gaullisme », peu du « Mitterrandisme ». Peut-être est-ce dû, au-delà de la confrontation des résultats (pas si défavorables au Président socialiste qu’on ne pourrait le croire par ailleurs), aux personnages eux-mêmes : clarté pour De Gaulle, controverse pour Mitterrand.

Si l’un a symbolisé la fin de l’épopée et l’autre la fin de l’utopie, le parallèle, intéressant à dresser, démontre que Charles De Gaulle demeure un bloc, entré dans l'histoire par l'Appel du 18 juin 1940, alors que Mitterrand, lui, n'a pas accompli d’acte fondateur qui puisse tenir comparaison.

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