L’Italie entre en récession : « le pays doit se réformer tout seul »

Selon les premières estimations publiées mercredi, les chiffres de la croissance au 2ème semestre sont dans le rouge : l'Italie est officiellement en récession.

La sortie de crise n’est pas au programme. L’Italie a vu s’envoler tout espoir de reprise, avec l’annonce d’un nouveau recul de son PIB qui la renvoie en récession pour la troisième fois en moins de dix ans et met dans l’embarras le gouvernement de Matteo Renzi.

Une récession confirmée

Mercredi 06 août, L’Istituto nazionale di statistica – l'institut de la statistique italien – a annoncé une mauvaise nouvelle au gouvernement italien. Le produit intérieur brut (PIB) de l'Italie a en effet baissé de 0,2% au deuxième trimestre 2014 par rapport au précédent. Il s’agit du second trimestre consécutif de recul du PIB italien (après le – 0,1% au premier trimestre).

Les économistes s'attendaient à une variation presque nulle de l'indicateur (entre - 0,1 et + 0,1%). Aussi, le PIB s'est contracté de 0,3% par rapport au deuxième trimestre 2013. Ces chiffres renvoient en récession la troisième économie de la zone euro.

Pier Carlo Padoan, ministre de l'économie, a reconnu dans une interview au quotidien Il Sole 24 Ore paru mercredi que le pays se trouvait « dans une phase de sortie de la récession très pénible, car la récession est vraiment profonde ». Il a toutefois réaffirmé que le seuil des 3% de déficit public par rapport au PIB « ne serait pas dépassé en 2014, ni en 2015 ».

Une douche froide pour Matteo Renzi

« Les Italiens m'ont investi d'une immense responsabilité : changer immédiatement l'Italie », déclarait il y a quelque temps Matteo Renzi. À croire qu’il s’agit ici d’un sérieux revers pour le chef du gouvernement, perçu en Europe comme le grand vainqueur des élections européennes –  chez les sociaux-démocrates –  et qui comptait sur le retour de la croissance pour boucler son budget, combattre le chômage et tenter de contenir la dette du pays qui s’élève à plus de 2 000 milliards d’euros.

Pier Carlo Padoan a ajouté qu’il n’était « absolument pas question » que la « troïka » – UE, BCE, FMI – vienne contrôler les finances italiennes. « Le pays doit se réformer tout seul et il est en train de le faire. Nous devons le faire encore plus vite », a-t-il lancé. Et de promettre : le seuil des 3% de déficit public/PIB « ne sera pas dépassé en 2014, ni en 2015. Et il n’y aura pas besoin de nouveau tour de vis ».

Interrogé sur la publication de l'institut de la statistique italien, le porte-parole du commissaire européen aux Affaires européennes, Simon O’Connor, a toutefois laissé transparaître une certaine préoccupation : les minces performances du premier semestre « pourraient avoir un impact négatif sur les finances publiques », a-t-il souligné, tout en admettant qu’il était « trop tôt pour revoir les prévisions de déficit pour 2014 ».

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