Côte d’Ivoire : Élection présidentielle, la dernière ligne droite !

Dans une semaine, c’est la date fatidique du 31 octobre 2020. Pendant que les opposants multiplient les actions pour contraindre le candidat – président à reporter ces élections, les membres du régime s’activent vigoureusement à mettre l’opposition sous l’éteignoir. Des actions de barbarie dignes d’une guérilla urbaine s’intensifient chaque jour.

 

Dans mes précédents articles, j’ai essayé de mettre l’accent sur le caractère belliqueux et particulièrement violent des actions imprimées à cette élection par le parti au pouvoir (RDR-RHDP). Des populations de diverses localités du pays sont soumises ces derniers temps à une furie meurtrière et ravageuse des sbires et des bandes de délinquants notoires commis à cet effet. Ainsi, les villes de Bongouanou dans l’Est, de Bonoua, Dabou et Abidjan dans le Sud, de Gagnoa et Divo dans le centre Ouest, de Daoukro dans le Centre ont été déjà visitées et demeurent sous les feux des bandes d’assassins mandatées par le régime. Au moment où  j’écris cet article, des menaces, intimidations et des arrestations contre les leaders de l’opposition sont en cours. Le gouvernement met tout en œuvre pour clouer le bec aux principaux membres de la coalition politique qui s’oppose au 3e mandat anticonstitutionnel du président sortant Alassane Dramane Ouattara.

Tout le pays a assisté à une fin de semaine assez douloureuse pour les populations de Dabou et des villages environnants. En effet, des groupes de miliciens armés de machettes, de couteaux et d’objets contondants ont été convoyés nuitamment par les forces de l’ordre dans ces localités pour agresser et tuer les personnes se trouvant malheureusement sur leur chemin. Selon des informations concordantes, certains domiciles ont été aussi visités par ces délinquants.

Devant ce triste constat, une maigre délégation composée des autorités des forces de l’ordre et des élus locaux, s’est rendue à Orbaff village situé dans les environs de Dabou. Ces autorités tentent timidement une médiation sans toutefois donner des gages d’une éventuelle quiétude dans les localités concernées. Outre, cette tentative d’apaisement, notons que la tension reste toujours vive et les heures à venir n’augurent aucun signe de paix entre les belligérants.

            Cependant, nous restons sur nos gardes, craignant de voir une explosion généralisée de colère éclatée sur toute l’étendue du territoire national. Tant, les risques encourus sont innombrables.

Emmanuel FAHE – Paris

Diplômé en communication  

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.