Côte d'Ivoire: Election présidentielle, enfin le 31 octobre 2020

En Côte d'Ivoire, les opposants au 3e mandat de Monsieur Ouattara continuent de multiplier des actions d'envergure pour faire avorter ce projet de passage en force du Président sortant. Des populations gonflées à bloc et hyper déterminées refusent de lâcher prise. Elles mettent tout en oeuvre pour que le vote n'ait pas lieu.

 

La date fatidique du 31 octobre est enfin arrivée ! Les élections présidentielles tant attendues mais aussi tant décriées sont là. Les citoyens ivoiriens mis en alerte par les différends leaders de l’opposition depuis le 06 août 2020, date du revirement du président -sortant Alassane Dramane Ouattara, sont à la veillée d’arme pour l’ouverture d’une nouvelle page de l’histoire de leur pays. Le  troisième mandat anticonstitutionnel sollicité par le chef de l’État, aurait déjà fait plus de 70 morts et des centaines de blessés, la plupart mutilés.

Dans mes précédentes parutions, j’avais largement parlé de la violence activée par les défenseurs du troisième mandat. Ces derniers ont choisi contre toutes les règnes démocratiques, l’usage de la violence afin d’intimider ou de faire fermer le clapet aux opposants de Monsieur Ouattara candidat dit providentiel pour la Côte d’Ivoire. Des milices venus de nulle part et les petits délinquants surnommés « microbes », armés de machettes et de couteaux sont à l’œuvre depuis plus d’un mois. Cette nouvelle pratique de faire la politique a été introduite en Côte d’ivoire depuis 2002 année de l’avènement de la rébellion armée qui a mis en mal le processus démocratique acquis à la suite de rudes batailles dans les années 1989-1990, contre le régime à parti unique de Félix Houphouët Boigny premier président de la Côte d’Ivoire depuis 1960. De mémoire de citoyen et d’acteur omniprésent dans la vie sociopolitique ivoirienne dès les premières heures des révolutions démocratiques mondiales survenues à la fin des années 1980, je me permets de reconnaître toutes les étapes du changement opéré sur le plan politique en Côte d’Ivoire.

Ce 31 octobre ressemble étrangement à l’octobre 2010, lorsque sous la menace des armes des rebelles, le régime de Laurent Gbagbo fut contraint d’organiser les élections présidentielles sous l’égide de l’ONU. La suite a été effroyablement douloureuse, des dizaines de milliers de morts, des centaines de milliers de mutilés et une parodie de justice. Aujourd’hui encore, des dizaines de milliers de femmes et d’hommes sont toujours exilés hors de leur pays. En 2020, le même scénario risque de se répéter, car, les routes de l’exil forcé sont largement ouvertes. Des centaines de personnes sont en train de franchir les frontières du Liberia et certainement du Ghana. Je reviendrai sur ce sujet, dans un reportage exclusif.

En attendant la fin de cette journée du 31 octobre, il convient de signaler que de nombreuses localités déterminées à en découdre avec Ouattara, sont en ébullition depuis des semaines et continueront de se battre contre les milices et les microbes du RDR. A l’heure où j’écris ces lignes, les armes à feu continuent de crépiter dans la capitale politique Yamoussoukro.

Ces dizaines de morts et de dégâts matériels de tout genre vont-ils infléchir la décision du chef de l’État Monsieur Alassane Dramane Ouattara afin de donner une chance à la paix ? Le peuple ivoirien ne mérite-t-il pas un autre destin ?

Emmanuel FAHE - Paris

Diplômé en communication 

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