l'Argent, une place centrale dans les pratiques tutélaire !

L'argent, ou plutôt sa gestion est une question centrale dans les services tutélaires. Elle peut devenir tellement problématique dans la mesure où elle est au centre de plusieurs enjeux : réglementaires, organisationnels, éducatifs, sociétaux, personnels et psychiques conscient ou inconscients !

Pièces de monnaie © F. Meziane Pièces de monnaie © F. Meziane

 

Dans les services tutélaires, l’argent occupe une place centrale dans les relations entretenues entre majeurs protégés et délégués chargés du suivi des mesures de protection.

Elle est centrale parce que les imaginaires et les représentations associent inlassablement "tutelle" et "argent". La tutelle a « mauvaise presse ». Quand les médias en parlent, c’est souvent pour évoquer des affaires de détournements, de vols et d’abus où le majeur vulnérable est la victime d’un tuteur « tout puissant ». 

Cette place est centrale parce que l’argent ou plutôt sa mauvaise gestion a souvent été un indicateur important voire la preuve irréfutable de l’incapacité du majeur, justifiée médicalement, et justifiant la mise en place d’une mesure de protection à son égard.

Elle est centrale parce que l’ouverture d’une mesure de protection s’accompagne le plus souvent d’une dépossession des instruments de paiement que le majeur remet contraint au mandataire judiciaire ainsi que du contrôle total ou partiel de son univers financier et monétaire.

La place de l’argent est singulière par l’espace qu’elle occupe dans les services tutélaires nécessitant une organisation sans faille pour sécuriser et contrôler les mouvements financiers au sein de l’institution : logiciel métier, service de comptabilité, procédures, contrôles, validations, etc.

Elle est aussi singulière parce que la gestion du budget et son acceptation ou son refus par le majeur déterminent souvent le « bon déroulement » de la mesure de protection, distinguant les majeurs « qui acceptent la mesure » de ceux qui la « refusent ».    

L’argent tient une place incontournable dans les pratiques tutélaires et le vécu des mandataires judiciaires. Quand ils sont parfois-souvent confrontés à des situations budgétaires où le refus d’un supplément d’argent peut entrainer l’agressivité ou la violence de certains majeurs ou quand les ressources sont à peine suffisantes pour faire vivre une famille et répondre aux besoins les plus élémentaires, l’argent peut alors devenir source de souffrance, de culpabilité, d’angoisse et de peur à la fois pour le délégué mandataire et pour le majeur ou la famille suivie.

La question de l’argent ou de sa gestion dans les services tutélaires peut devenir tellement problématique dans la mesure où elle est au centre de plusieurs enjeux : réglementaires,  organisationnels, éducatifs, sociétaux, personnels et psychiques conscient ou inconscients.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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