Le Brexit ou les intérêts personnels au dessus des intérêts de la nation

Le Brexit est un exemple concret de ce que l'on peut attendre des politiciens : peut importe les mensonges et les résultats tant qu'on peut manger dans la soupe !

A-t-on réellement les politiciens que l'on mérite ? S'il est vrai que l'on vote pour déterminer qui nous gouverne, le choix se fait souvent par défaut. En France, ou ailleurs.

Contre toute attente, le Royaume-Uni a décidé de quitter l'union européenne suite à un vote direct par les électeurs britanniques en 2016. Peu importe le choix réalisé par les Britanniques. On peut être pour ou contre le Brexit, en Angleterre ou en France, cela n'est pas le sujet de cet article. Mais cet événement illustre bien le monde politique dans lequel nous vivons.

Nous vivons dans un monde où le seul objectif du politicien moyen (et même du politicien haut-de-gamme) est de défendre ses intérêts Personnels et non ceux des électeurs par qui il a été élu. Le système de rente à vie pour les gens qui ont "travaillé dur" pour la nation et le fait qu'ils soient tous issues des mêmes classes ne les poussent pas à changer le système. D'ailleurs, les personnes élues qui travaillent réellement pour le bien collectif sont sans doute ceux qui ne vont pas se faire réélire. Parce que justement, ils utilisent leur temps et leurs efforts pour le bien collectif et non pour préparer leur réélection ou leurs promotions dans leurs partis politiques.

Ce n'est pas l'époque qui veut ça, car les systèmes politiques ont très peu changé ces dernières décennies. Cela a toujours été le cas. Cependant, dans un monde actuel où l'individualisme est exacerbé et où les médias ont pris une plus grande importance, les politiciens ont de plus en plus de mal à cacher à leurs électeurs qu'ils sont prêt à mentir et mettre en péril l'équilibre d'une nation pour leur intérêt personnel. Le Brexit illustre bien ce point de vue.

Si nous reprenons la chronologie du Brexit, nous pouvons constater que chaque décision qui a été prise par les différents protagonistes politiques britanniques l'ont été dans leur intérêt personnel.

David Cameron: 2016

En 2016, pour mettre un terme aux divisions dans son parti conservateur au sujet de l'appartenance du Royaume-Uni à l'union européenne et assurer sa position de premier ministre, il décide d'organiser un référendum : il demande aux britanniques de voter pour ou contre l'appartenance de leur pays à l'union européenne.
Contre toute attente, comme vous le savez, les Anglais votent pour une sortie du Royaume-Uni. C'est sa volonté d'assurer ses arrières qui a poussé David Cameron à mettre en place ce référendum. Après les résultats du référendum, il a donné sa démission. Il n'occupe plus de fonction politique actuellement.

 

Nigel Farage et Boris Johnson : 2016

Les pro-brexit ont mené une campagne agressive et mensongère en jouant sur la fibre nationale pour obtenir une sortie de l'union européenne. Ils auraient même utilisé des moyens non autorisés ou moralement condamnables pour arriver à leurs fins. Vous pourrez trouver facilement des informations sur le scandale Cambridge Analytica et les soupçons de financements Russes sur internet. Bien entendu, leurs objectifs avec cette campagne pour la sortie, est de devenir premier ministre à la place du premier ministre.

 

Theresa May: 2016 - 2017

En juillet 2016, Theresa May Prend la suite de David Cameron à la tête du Royaume-Uni. Elle décide de lancer la procédure de divorce au mois de mars 2017. En juin de la même année, elle perd la majorité parlementaire suite à la mise en place d'élections législatives anticipées. Elle espérait augmenter sa majorité parlementaire et mieux assurer sa longévité en tant que 1er ministre, mais l'inverse se produit.
Elle négociera par la suite le traité de sortie avec l'union européenne

Les députés britanniques: 2019

Le projet d'accord de sortie est rejeté par les députés britanniques le 19 janvier 2019. Ce projet va être rejeté encore deux fois. Les députés ne parviennent pas à se mettre d'accord car ils veulent éviter l'éclatement de leurs partis politiques. En avril 2019, la première ministre britannique obtient un report du Brexit au 31 octobre. Theresa May espère obtenir un nouvel accord mais démissionnera mois de juin.

Boris Johnson: 2019

Nommé nouveau premier ministre, Boris Johnson espère obtenir une sortie sans accord de la Grande-Bretagne de l'union le plus rapidement possible. Le 28 août 2019, il décide de suspendre le parlement du 9 septembre au 14 octobre afin d'empêcher le Parlement de trouver une solution pour une sortie avec accord.

Dans toute cette chronologie, on peut voir que la grande majorité des décisions ont été prise dans un but purement personnel et individuel. La grande majorité des économistes prédisent un sombre avenir pour le Royaume-Uni si une sortie sans accord se réalise. La Grande-Bretagne, le berceau de la démocratie parlementaire, est dans une crise qui dure et la sortie de l'Europe, si elle se réalise ou non, avec ou sans deal, ne va pas résoudre les problèmes politiques du pays. C'est d’ailleurs le problème de toutes les démocraties occidentales, qui sont désormais gouvernées, pour la plupart, par des  hommes et femmes qui feront tout pour ne pas perdre leurs places et leurs privilèges.

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