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Billet de blog 2 mars 2017

Comment la droite va gagner les élections.

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 On sait que les tendances profondes des électeurs français souhaitent arriver à une alternance après le quinquennat de François Hollande. Mais la candidature de François Fillon plombe leurs espérances. Si dès le déclenchement du Pénélopegate, il s’était retiré, nous ne serions pas dans la situation rocambolesque qui alimente les médias aujourd’hui. Le problème est l’organisation dès le départ de ces stupides primaires qui, comme à gauche, ont éliminé les têtes d’affiches, les partis étant incapables de rechercher le candidat idéal en leur sein.

 Chez Les républicains on choisit celui qui fut le premier ministre de Nicolas Sarkozy, ce dernier étant éliminé. S’il avait démissionné de son poste de candidat, on aurait eu à ce moment-là Alain Juppé. Mais cela n’était pas du tout du goût de l’ancien président, partisan d’une droite forte, populiste, plus proche du Fn. En outre l’aspect démocrate et républicain du maire de Bordeaux, ne l’oublions pas soutenu par François Bayrou, ne satisfaisait pas les proches de Sarkozy. Donc on maintient la candidature de François Fillon qui aboutit à cette conférence de presse inouïe en lieu et place du salon de l’agriculture et qui va méduser les téléspectateurs. On se croirait chez Le Pen ou chez Trump : attaque en règle des médias et surtout doutes sur les manipulations des magistrats ; ajoutons à cela la France en état de guerre civile et on se demande vers quels horizons part le candidat.

 Nicolas Sarkozy qui a quitté définitivement et une fois de plus la politique (il est dans l’hôtellerie) est à la manœuvre. Il a compris que François Fillon serait battu et le départ de certains membres de Les républicains et de l’UDI en est la preuve. Ces derniers veulent sauver leurs postes de députés et ne souhaitent pas être coincés par les reproches et les lazzis. D’ailleurs on a pu constater que dès le départ, certains, comme Christian Estrosi à Nice, ne soutenaient François Fillon que du bout des lèvres.

 Sarkozy a donc tranché : Fillon battu et peut-être Macron ou Le Pen élu. Il va falloir faire avec. Même s’il a modifié la constitution en renforçant les pouvoirs du président au détriment de ceux de l’Assemblée nationale, il est clair que pour gouverner il faut une majorité au parlement. Et là Les républicains sont les mieux placés. Ils ont gagné très brillamment les régionales et tous les scrutins locaux, et possèdent une structure électorale puissante et organisée qui, même si elle se trouve dépitée par l’aventure Fillon, sera prête pour les législatives.

 Emmanuel Macron a compris que la présidentielle est la candidature d’un homme et non pas d’un parti. Il a donc entamé une campagne à la Kennedy centré sur lui-même et sur la communication. Mais il est clair qu’il n’a pas une structure politique suffisante derrière lui, puisqu’il envisage pour les candidatures aux législatives de faire appel à la société civile. C’est identique, paradoxalement, pour le Front national qui, malgré quelques têtes d’affiches très présentes, n’a que peu de candidats ayant une forte implantation locale. Quant à la gauche, elle vit dans ses divisions habituelles, alors qu’elle représente un véritable poids politique malgré l’échec du quinquennat.

 Sarkozy est donc prêt pour un président qui ne soit pas de son bord, mais qui, conformément aux statuts de la Vème République, devra faire appel à un représentant de la majorité pour être désigné premier ministre et gouverner le pays. On prépare la cohabitation avant même les présidentielles. La première victime est François Fillon qui fut un sénateur bien transparent, un premier ministre inutile et maintenant un candidat sans espoir : un destin !

 Majoritaire au Sénat, peut-être à l’Assemblée, la Sarko-planète n’a plus qu’un seul souci : qui sera le Premier ministre ?

 Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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