Faut-il modifier la loi sur les héritages ?

L’héritage de Johnny Halliday fait les beaux jours des bulletins d’information et des émissions débats de la télévision. Après les Jeux Olympiques, l’héritage ça fait de l’audimat. Le chanteur a décidé dans un testament de laisser sa fortune à ses deux dernières filles et à sa dernière épouse estimant qu'il avait fait des dons de son vivant à ses deux premiers enfants. Par cela il rédige son testament aux États-Unis où la loi lui permet de choisir ses héritiers.

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En France, même s’il n’y a pas de testament, si le défunt a un seul enfant il hérite automatiquement de la moitié de la succession, s’il y en deux ils se partagent les deux tiers et s’il y en a trois ou plus, ils se partagent les trois quarts. Bill Gates, probablement l’homme le plus riche du monde, possède une fortune évaluée à 77 milliards d’euros ; il a trois enfants qui n’hériteront que de 7 millions chacun. Le reste est dévolu à des associations caritatives et à des fondations. Il affirme « Je leur ai dit qu’hériter de grosses sommes d’argent, ça n’est pas une bonne chose. Evidement, peut-être qu’ils ne seront pas d’accord, mais l’on restera fermes là-dessus, parce que c’est probablement la meilleure chose pour la société que cet argent retourne à ceux qui en ont le plus besoin. »   

Il n’est pas le seul à estimer que les enfants doivent trouver tout seuls les moyens de gagner de l’argent.

L’héritage français vient d’une tradition judéo-chrétienne qui met la famille au centre de la société. A notre époque les Français vivent de plus en plus vieux ; on décède facilement après quatre-vingt ans et les enfants héritent à la soixantaine c’est à dire à deux doigts de l’âge de la retraite. Les biens ou l’argent qu’ils héritent se transforment alors en assurance-vie ou en immobilier et ne sont pas investis dans une activité professionnelle ; ils ne deviennent pas un moteur du développement économique. Pourtant la France n’est pas une société d’héritage, puisque l’héritage moyen serait de 32.309 euros seulement. Mais cette obligation légale qui fait des entants des héritiers n’est-elle pas le signe d’un manque de liberté individuelle ? 

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

 

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