La guerre Estrosi-Ciotti : la conquête des médias.

On n’a même plus le temps de se retourner ; il y a trois semaines on publiait « La guerre Estrosi-Ciotti : la conquête des territoires. » et déjà tout est déballé à la télévision. Jeudi dernier Christian Estrosi a déclaré qu’il serait « bien évidemment » candidat à sa succession aux municipales prévues en 2020. Tandis qu’on lui demandait ce qui se passerait s’il devait affronter Eric Ciotti, le maire de Nice affirmait à propos des électeurs : « Ils auront à choisir. Est-ce qu'ils sont satisfaits du maire sortant ? J'ai toujours eu une dizaine de candidats contre moi. Un de plus, un de moins... » C’est d’ailleurs ce qui l’arrange ; il a été élu maire de Nice une fois sur une quadrangulaire et une fois sur une triangulaire. Il a donc tout à gagner à la candidature du député.

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Alors Eric Ciotti part à l’attaque sur BFMTV où il annonce, au sujet de son éventuelle candidature à la mairie de Nice : « J'y réfléchis ». Ah bon ? Il y avait un doute vu la guerre engagée depuis des mois ? Il faut dire que la visite du premier ministre et du ministre de l’Intérieur la semaine dernière à Nice fait grincer des dents Ciotti. On sait qu’Emmanuel Macron souhaite, à l’occasion des municipales de 2020, emporter les mairies des grandes villes de France (son parti étant insuffisamment implanté pour enlever les petites et les moyennes). Nice pose un réel problème : l’électorat départemental anciennement sarkozien, puis fillonesque et qui pourrait devenir ciottiste est très implanté à droite et à l’extrême-droite . Il faut donc pour Nice un homme de droite et non pas du centre. C’est le cas de Christian Estrosi, mis à part sa caution centriste mais usée qui est Rudy Salles. 

Le problème est qu’Eric Ciotti est chargé par Les républicains du choix des candidats pour la France entière : va-t-il se sélectionner lui-même ou bien choisir Estrosi ? En attendant on connaît le thème de campagne du député : « Nice c'est aujourd'hui plus de dette, plus d'impôts, plus de dépenses publiques. Donc il y a des difficultés, il y a des inquiétudes qui s'annoncent. Je veux mettre en garde sur cette dérive parce que si les dépenses continuent à ce rythme, les Niçois vont payer une très très lourde addition ». Ciotti parle même de trois milliards d’euros. Est-ce là oublier la dette du Conseil départemental qu’il a quitté il y a peu ?

Donc la guerre médiatique est commencée. Mis à part le quotidien local financé entre autre par la publicité de la mairie, de la métropole et du Conseil départemental et que se retrouve le cul entre deux chaises, ce sont au médias nationaux que s’adressent les deux impétrants. A croire que l’élection niçoise de 2020 est devenue un exemple national de la rupture de la droite. Tandis que Christian Estrosi aime à être proche des médias, Eric Ciotti les accuse de tous les maux à l’exemple de son patron Laurent Wauquiez comme Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Rassurez-vous, braves électeurs, la commedia dell’arte va encore durer deux ans !

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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