La Le Pen n’a toujours rien à dire.

Entre le plateau de Tf1 et le village de Brachay, il y a quand même un changement : elle n’a pas mis les lunettes. Donc à Tf1 c’était pour admirer le présentateur, tandis qu’à Brachay elle n’en n’a pas besoin pour lire le texte qu’on lui a écrit. Il faut avouer que l’autre soir à la télé elle tombait juste après le passage de l’ouragan Irma. Entre temps on a réfléchi pour elle et toute la compassion qu’elle aurait pu exprimer l’autre soir à Tf1 (mais qu’elle n’a pas eue) c’est transformé en une attaque contre le gouvernement en dénonçant les « moyens de secours et de maintien de l'ordre tout à fait insuffisants ». Avec Le Pen ils n’ont même pas le temps d’arriver aux Antilles, elle est là pour stigmatiser tout ce qu’elle peut : « Les moyens de secours et de maintien de l'ordre sont tout à fait insuffisants, l'effondrement de nos moyens militaires, le nombre dérisoire de bâtiments de la Marine ne permet pas la réponse que devrait être celle d'une grande et puissante nation comme la France ». Bêtement pendant qu’elle parlait 1.100 secouristes et militaires arrivaient à Saint Martin.

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Comme d’habitude elle n’a pas de solution ; c’est un principe du Front national, on attaque mais surtout on ne suggère rien, histoire de montrer que l’on existe. Alors elle continue avec les migrants, son grand cheval de bataille car il faut bien désigner des gens à la vindicte populaire, et démontrer que le gouvernement ne fait rien par rapport aux attentats (même s’il en a déjoué 11 depuis le début de l’année).

Alors il faut trouver d’autres sujets. Mélenchon et son « extrême gauche dominée par les islamo-trotskistes de La France insoumise », puis Macron « Nous sommes l’exacte antithèse du macronisme. Face à leur France nomade, nous défendons une France durable »

Le Front national symbolise tellement la France durable que le public était peu nombreux (il y avait plus de journalistes que de spectateurs), que ses « amis » n’étaient pas là et que le parti va même changer de nom comme l’a fait l’UMP et comme risque de la faire le PS. Certains attendaient que l’on parle de l’euro, d’économie, mais la inénarrable Le Pen n’allait pas recommencer sa prestation télévisée des présidentielles. Dommage, ce fût le moment le plus comique de la campagne présidentielle.

Au fait pour justifier qu’elle n’avait pas mis les pieds à l’Assemblée nationale lors de la session de juillet elle a répondu à Gilles Bouleau « Mal au dos ». C’est drôle, c’est ce qu’avait dit François Fillon en son temps quand il était premier ministre…

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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