Estrosi - Ciotti : les armes fiscales sont sorties.

Les armes sont fourbies depuis un bon moment, elles sont mêmes affutées et prêtes à transpercer l’adversaire. Dans les Alpes-Maritimes, le département le plus sarkozyste de France (et oui, encore !), la droite décomplexée se bat au sein de ses rangs. Le prochain enjeu aura lieu les 13 et 14 octobre prochains. Qui sera la président de la puissante fédération Les républicains dans les Alpes-Maritimes ?

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Le candidat sortant c’est le maire de Nice, président de la métropole Nice-Côte d’Azur, Christian Estrosi. Il n’a pas encore annoncé sa candidature. Face à lui, son ami de trente ans (ah bon ?), député de la nation, qui, lui, a déclaré sa candidature. Les deux seront probablement candidats à la mairie de Nice, donc à la métropole. L’avantage du vainqueur d’octobre prochain est qu’il bénéficiera de la structure et de l’argent Les républicains.

Donc on se bat : l’un réunit ses troupes au Plaza, l’autre au jardin Albert 1er (6.000 personnes à bouffer !). L’un est proche de Wauquiez, et l’autre de Macron. La droite populiste contre la droite républicaine dirait-on. Alors les deux draguent les politiques départementaux : à ce jeu Ciotti est le meilleur en ramassant son clone départemental Charles-Ange Ginésy, Lionel Lucas, David Lisnard, Henry Leroy, Jean Leonetti et même Michèle Tabarot dont il dit du mal depuis tant et tant d’années.

Les dernières armes sont fiscales. Parfois c’est amusant : dans le Figaro du 6 septembre Christian Estrosi déclare  « La fiscalité a atteint un record absolu… … Il faut stopper l’hémorragie. »  Il s’agit bien du président de la métropole Nice-Côte d’Azur dont les habitants viennent de recevoir un nouvel impôt foncier qui les taxe de 6.5%. Pourquoi Estrosi veut-il arrêter une hémorragie dont il est le premier responsable ? Tout simplement parce que dans la guerre qui l’affronte à Ciotti on utilise maintenant des cadeaux fiscaux pour se livrer bataille.

Le problème est qu’Eric Ciotti est député de la République et peut donc agir au niveau national en votant ou pas le budget au parlement, mais il n’a aucune compétence locale. Alors, comme Estrosi qui en son temps s’était offert un faux maire, il s’est offert un faux président du Conseil départemental, Charles-Ange Ginesy qui a repris le siège de papa.

Estrosi baisse alors la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, mais il semble qu’il n’a pas eu le choix car elle excédait le coût du service rendu. Il va baisser la taxe foncière sur sa commune mais pas sur la métropole, ce qui ne compense pas du tout la hausse qu’il a décrété.

Du coup Ciotti, qui parle en lieu et place du président départemental, annonce une baisse « hors normes » des impôts fonciers départementaux de -5%. C’est l’orgie… Pourtant en 2019 les frais de notaires devraient augmenter au profit des conseils départementaux. 

On veut des élections tous les six mois : à coup de baisse de la fiscalité locale, département, métropole et ville vont finir par donner de l’argent aux contribuables.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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