Wauquiez s’enfonce dans l’opportunisme.

Dimanche Laurent Wauquiez avait sa grimpette sur le mont Mézenc, le pendant de la roche de Solutré de Mitterrand. 1.500 fans l’accompagnaient et le patron de Les républicains s’est empressé de faire un discours avec seulement deux thèmes principaux : les migrants et la politique du gouvernement.

Laurent Wauquiez au sommet du Mont Mézenc © Radio France - Mahauld Becker-Granier Laurent Wauquiez au sommet du Mont Mézenc © Radio France - Mahauld Becker-Granier

L’immigration pour Wauquiez elle est forcément massive ! Situation que l’on peut comprendre en Grèce et en Italie, et probablement bientôt en Espagne, mais qui est très loin d’être le cas en France. Mais l’avantage de le faire croire est que l’on s’adresse à un électorat populiste qui cherche à faire retomber la responsabilité sur les autres, et pourquoi pas sur les migrants ! D’arriver à faire glisser Les républicains vers l’extrême-droite nécessite une dialectique bien orchestrée. Il est vrai qu’il ajoute dans « les Français refusent de devenir étrangers dans leur propre pays » on entendrait presque crier « Maréchal, nous voila! » Mais à l’horizon se profile la campagne pour les élections européennes. Et puisque même la Le Pen ne parle plus de quitter l’Europe, la droite, qui a toujours soutenu l’Union européenne, envisage des solutions « Nous ne devons plus laisser ces bateaux rentrer dans les ports européens ». On ferme aussi les voix maritimes…

L’objectif suivant c’est Emmanuel Macron car nous sommes arrivés à « la fin du mirage du macronisme ». Et il ajoute « Il n'y a pas de résultats, cette première année est un échec »… Qu’il n’apprécie pas la politique choisie par le Président et par Edouard Philippe, c’est normal puisqu’il dirige un parti d’opposition? Mais alors que propose-t-il ? Mis à part « il faut rendre l’argent aux Français » et le renoncement aux augmentation d’impôts prévues on attendait un aperçu de programme économique de l’ancien major de l’E.N.A. Pas grand chose à l’horizon sauf supprimer les régimes spéciaux, aligner les retraites du privé et du public, augmenter le temps de travail dans la fonction publique et supprimer l’accès à l’Assurance maladie aux étrangers. On ne voit pas là un programme économique pour développer le pays et ses entreprises.

Alors Laurent Wauquiez est-il un leader populiste ? Pour lui c’est une « volonté populaire confisquée par un petit milieu qui lui admoneste des leçons de morale. Ils ont même inventé ce mot de populisme pour justifier la censure et faire taire tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Quel mot extraordinaire pour qui écouter les Français, c'est être populiste! » Soit, ce n’est pas du populisme, alors c’est de la droite opportuniste, celle d’Eric Ciotti, et maintenant de Jean Leonetti.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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