Nice : le chantier de l’avenue Thiers, laid et complètement dépassé.

Ça y est, le chantier commence. Le premier projet de Christian Estrosi était d’une laideur redoutable, l’actuel est complètement dépassé. L’architecte quasiment inconnu dans la région, Daniel Libeskind, a pourtant construit le musée juif de Berlin, celui de Copenhague, celui de San Francisco et un centre commercial de 46.000 m2 à Las Vegas. Le problème de ce que l’on nomme « le projet diamant » ressemble à un pastiche de Franck Gehry (Louis Vuitton à Paris et le musée Guggenheim de Bilbao). Parois de verres inclinées dans tous les sens et totalement en désaccord avec le quartier.

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En 1867 on inaugure la gare centrale de Nice, bâtiment de style Louis XIII, très inspiré des bâtiments publics parisiens. Sur le trottoir en face, de beaux immeubles, dont deux hôtels longent l’avenue Thiers jusqu’à l’avenue de la Gare (aujourd’hui Jean-Médecin). L’ensemble est harmonieux, élégant et toutes les hauteurs des immeubles à l’identique créent un ensemble plaisant.

La gare de Nice en 1900 La gare de Nice en 1900

Le premier projet Le premier projet

Les monumentales parois de verre vont refléter le soleil sur les trottoirs et les immeubles de l’alentour, ce qui sera pénible l’été, mais surtout vont devoir utiliser de la climatisation à plein temps, beau témoignage de cette époque où l’on cherche à faire des économies d’énergie. Mais à quoi va donc servir ce mastodonte ? Une salle de spectacles de 600 places (975 m2), des bureaux et des surfaces commerciales (7.000 m2, un minimum pour Nice qui en manque), des cafés (308 m2, puisque les autres ont quitté l’Avenue Jean-Médecin) des restaurants (424 m2) et surtout un hôtel Hilton de plus de 4.600 m2 ; hôtel une étoile probablement, car il n’aura pas la vue sur mer et surtout pas de parking ! En effet les clients ne pourront venir qu’en tramway ou en train.

Ceux qui disent que c’est hyper laid se trompent car comme l’a dit Christian Estrosi le projet a obtenu l’avis positif de Jean-Jacques Aillagon, le deus ex machina de la culture niçoise depuis qu’il a quitté Versailles, ce qui visiblement ne l’a pas inspiré. Puis, après tout, un chantier de plus à Nice, la ville des trous, voilà qui doit satisfaire celui qui a signé le permis de construire.

Christian Gallo - © Le Ficanas ®

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