Maroc Quand le roi critique le modèle de développement de son pays

 

Mohammed VI, roi du Maroc Mohammed VI, roi du Maroc
Le modèle de développement du Maroc est dépassé et ne répond plus aux attentes des citoyens. Le constat n’est pas d’un opposant ou d’un quelconque institut de recherches économiques. Il est du roi Mohammed VI lui-même. Le deuxième vendredi d’octobre est un jour spécial au Maroc, c’est la rentrée parlementaire et c’est le roi qui ouvre la session. Son discours est toujours attendu, c’est en quelque sorte l’état de la nation. C’est l’occasion que le roi choisit pour s’adresser aussi bien aux élus qu’au gouvernement et aux instances institutionnelles auxquels il a rappelé que leur existence n’a de sens que si elle répond aux aspirations des citoyens.

Le roi veut du courage dans les solutions à apporter aux grandes questions qui se posent au pays, sachant, dit-il que tout le monde connaît les problèmes et le diagnostic, même si ces solutions sortent des sentiers battus. Même si elles doivent susciter un séisme politique, a-t-il dit.

Le discours de cette session a mis l’accent, en outre, sur deux points essentiels pour le roi : l’Afrique et la jeunesse.

Concernant l’Afrique, il a confirmé que l’engagement du Maroc en Afrique n’est pas une envie passagère. A ce titre, il a annoncé la création d’un ministère délégué auprès du ministère des Affaires étrangères chargé de l’Afrique. Le continent aura son département qui suivra l’évolution des relations bilatérales et multilatérales, surtout que le pays a regagné l’Union africaine et se prépare à rejoindre la CEDEAO. Un vœu qui a de grandes chances de se réaliser vu l’accueil favorable des pays de cette communauté.

Pour la jeunesse qui a eu la grande part du discours, le roi du Maroc a évoqué la création d’un Conseil supérieur de la jeunesse, conçu comme un lieu de débat et de conception de solutions innovantes pour permettre aux jeunes de mieux vivre. Il leur faut un enseignement performant qui leur permettra de s’intégrer dans le marché du travail. A ce titre, le roi n’a pas manqué de soulever, sans complaisance, mais avec élégance tout de même, les défaillances du système éducatif marocain.

Quant aux jeunes qui s’activent dans le secteur informel, le roi a demandé au gouvernement et aux élus de leur inventer des solutions qui puissent leur permettre de travailler dans les meilleures conditions et dans la dignité. La balle est donc dans le camp du gouvernement et des législateurs.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.