Canjuers - confirmation de la contamination radioactive

Trois fois la radioactivité naturelle à Canjuers - confirmation qu'on y utilise des armes à uranium "appauvri". L'environnement est pollué pour très longtemps (l'uranium a une durée de demi-vie de 4,5 milliards d'années !), c'est une contamination extrêmement coûteuse à nettoyer, et le risque pour la santé des militaires est immédiat.

A Canjuers, dans la zone militaire, avec un compteur Geiger MKS-05 de marque Terra-Power, on trouve jusqu’à plus de trois fois la radioactivité naturelle. Cette radioactivité est bien localisée dans les zones d’entraînement – dès qu’on s’en éloigne, elle diminue pour revenir à la normale.

 

La radioactivité naturelle est de 0,10 microSieverts par heure. On obtient des pics à 0,34 / 0,36 microSieverts par heure dans la zone du camp. Un ami qui est allé avec ce même appareil Terra-Power à l’intérieur de la zone interdite, dans les zones où circulent les chars, obtient des valeurs supérieurs à 0,2 dans ces zones d’entraînement, avec plusieurs pics au-dessus de 0,3, ce qui déclenche l’alarme du compteur. Quant à moi j’ai aussi entendu l’alarme (à 0,36) un jour près de la table du panorama du col du Bel Homme, plus en retrait des zones d’entraînement. Un jour sans tir les valeurs au col du Bel Homme sont proches de la normale. Mais le jour où j’ai entendu l’alarme au col du Bel Homme était un jour particulier : c’était un jour de tir (il y avait un panache de fumée provenant d’une colline à 5 ou 7 kilomètres de là, à l’ouest).

 

Une radioactivité localisée dans le camp militaire indique bien que des armes à uranium sont utilisées par les militaires, et il n’est pas impossible que, plus près des sites d’explosion des bombes, la radioactivité soit plus élevée encore.

 

L’uranium est surtout dangereux lorsqu’on en respire les poussières fines formées lors de l’explosion des bombes (d’où la dangerosité des panaches de fumée lors des tirs). Il suffit qu’une particule métallique de quelques microns vienne se loger dans la paroi pulmonaire pour qu’en quelques années se développe à coup sûr un cancer. C’est la faute aux particules alpha produites par l’uranium. Les particules alpha, à l’extérieur du corps, sont inoffensives, mais à l’intérieur, sont extrêmement agressives pour les tissus.

 

Des prélèvements de sols et de lichens pourraient compléter l’analyse mais il n’y a aucune autre raison que l’emploi d’armes à uranium qui peut expliquer la contamination radioactive localisée sur Canjuers. La radioactivité est bien plus faible que dans les zones de guerre mitraillées par les obus mais elle dépasse aussi largement la radioactivité naturelle.

 

Dans le passé, il y a eu de nombreux scandales similaires : à Bourges près du polygone militaire, en Ecosse à Dundrennan (site militaire), en Sardaigne à Quirra (un autre site militaire), pour ne citer que les cas les plus proches. Partout les taux de cancers étaient supérieurs à la normale. A Quirra il y a eu des agneaux difformes… car oui, la contamination est capable de traverser les générations. La durée de demi-vie de l'uranium 238 est de 4,5 milliards d'années, la contamination pour l'environnement est donc éternelle.

 

Plus loin de nous n’oublions pas les soldats victimes du syndrome de la guerre du Golfe, causé entre autres par l’exposition à ces armes, et les civils contaminés par ces armes dans les zones de guerre, en Irak, en Afghanistan, à Gaza, en Yougoslavie notamment. Pensez aussi à signer ma pétition pour l’interdiction de ces armes.

 

Le gouvernement français prétendait ne pas utiliser d’armes à uranium à Canjuers, la radioactivité sur le site démontre le contraire, et démontre également que nos opérations militaires au Moyen-Orient sont la cause d’une contamination radioactive qui ne doit certainement pas améliorer la popularité des pays occidentaux vis-à-vis des populations locales. La France doit cesser d’utiliser ces armes, à Canjuers comme sur les champs de bataille (rappelons que la Belgique a voté en 2007 la loi « Mahoux » qui interdit ces armes), et négocier un traité d’interdiction complète, en application du droit humanitaire (notamment l’article 35 du protocole additionnel à la convention de Genève de 1979).

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