Fatoumata Diawara lance un appel à la solidarité

Retour sur le concert de la chanteuse malienne Fatoumata Diawara vendredi 7 décembre au Théâtre de Sartrouville (Yvelines).

Le Théâtre de Sartrouville affichait complet vendredi soir pour accueillir la divine Fatoumata Diawara. L'artiste malienne, qui enchaîne les concerts aux quatre coins du globe, venait présenter "Fenfo", son deuxième album. Un cadeau tombé du ciel à l'heure où la France se perd dans un certain chaos social.

Fatoumata Diawara en concert le 7 décembre 2018 au Théâtre de Sartrouville (Yvelines). © Florian Dacheux Fatoumata Diawara en concert le 7 décembre 2018 au Théâtre de Sartrouville (Yvelines). © Florian Dacheux


Alors qu'elle vient d'être nominée aux Grammy Awards 2019 dans la catégorie "world music", c'est avec un large sourire qu'elle est entrée sur scène sans pour autant perdre de vue son but. « Je vais présenter avec mon micro tous les enfants qui vivent dans des pays de guerre dans un monde aussi fou que le nôtre, lance Fatou à son public du soir. Je suis là pour représenter la voix des enfants, la voix des sans voix. De quoi sera fait leur lendemain ? Nul ne le sait. Ce qui est sûr, c’est que nous allons tous droit dans le mur. Mais nous pouvons retourner en arrière à condition que nous acceptions nos différences. C’est tellement beau d'être différent ».

« On continue de se focaliser sur le détail de la couleur »

A travers son nouvel opus qui signifie « quelque chose à dire », Fatoumata Diawara chante avec conviction en bambara les préoccupations qui l’entourent de "Takamba" à "Bonya" en passant par "Nterini". « Depuis le Moyen-Age, on se bat comme des animaux, poursuit Fatoumata entre deux morceaux. Les enfants se demandent pourquoi les humains se battent depuis la nuit des temps. Quand est-ce que les humains comprendront que le monde est au final basé sur deux choses ? La lumière et le noir. La terre et le ciel. Le monde est composé d'un sang rouge. Nous sommes le monde des sangs rouges, même les animaux ont le sang rouge. On croit à la différence alors qu'aucun sang rouge n’est plus rouge qu'un autre sang. On continue de se focaliser sur le détail de la couleur. Les enfants demandent la paix et surtout beaucoup d'amour ».

Fatoumata Diawara en concert le 7 décembre 2018 au Théâtre de Sartrouville (Yvelines). © Florian Dacheux Fatoumata Diawara en concert le 7 décembre 2018 au Théâtre de Sartrouville (Yvelines). © Florian Dacheux


Outre ses appels à la solidarité, Fatou est avant tout une artiste complète, capable d’entrer en transe sur des pas de danses endiablées. Accompagné par un quatuor de musiciens qui mêle avec brio la tradition musicale wassoulou aux touches subtiles de jazz, de pop et de blues, Fatou est à la fois douce et poignante au moment d’aborder les maux de nos sociétés. Sans oublier de dresser un tableau positif d’une Afrique jeune et dynamique dont aucun média ou presque ne parle.

Fatoumata Diawara sur la scène du Théâtre de Sartrouville (Yvelines) avec son public le 7 décembre 2018. © Florian Dacheux Fatoumata Diawara sur la scène du Théâtre de Sartrouville (Yvelines) avec son public le 7 décembre 2018. © Florian Dacheux


Comme à son habitude, la déesse de Bamako a invité le public à la rejoindre sur scène pour clore un show rempli d'espoir. La jeunesse sartrouvilloise s’en est alors donnée à cœur joie, remuant un public composé majoritairement d’abonnés soudain réjouis d’un tel enthousiasme spontané. Et si cette voix d'Afrique n'était pas la voie ? Certains parleront d'utopie. Tant pis pour eux.

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