CA VALSE CHEZ VALLS

1° Des policiers mutés de force après avoir dénoncé des dérives dans leur service LE MONDE | 14.03.2013 à 11h22 • Mis à jour le 15.03.2013 à 09h50Laurent Borredon    Extraits :

L'IGPN assure que les "comportements dénoncés ont déjà fait l'objet d'un traitement disciplinaire local". Surtout, elle retient contre les sept policiers la visite à la police des polices, qui "témoigne d'un état d'esprit irrespectueux de la chaîne hiérarchique". Mais elle leur reproche dans le même temps de ne pas avoir prévenu le procureur.

 "Nous avons respecté les règles administratives, assure Mme Baccanini. Le traitement est le plus humain possible

Mais l'un d'entre eux se trouve rétrogradé de fait, et deux autres basculent aux contrôles radars – pas franchement une promotion.

On le vit comme une sanction, on est passionné par notre travail, et on doit laisser tous nos chiens", se désole l'un des mutés. "

NOTA : ce sont 7 policiers de la brigade canine de Seine et Marne qui avaient fini de guerre lasse avec la hiérarchie par s’adresser à l’instance supérieure , l ‘inspection générale des services .
Quand on connait leur investissement personnel auprès de leurs chiens,  on conçoit que cette sanction est un crève cœur pour eux  et une ineptie administrative de ruiner  ainsi engagement, formation et expérience))

A l'inverse, les deux policiers proches des chefs sont mutés à la BAC départementale, très demandée

2°BACNORD MARSEILLE :  les ripoux sont réintégrés... pas le lanceur d'alerte  article de Louise FRESSART dans Mediapart le 26 janvier  extraits :

Un proche du dossier, stupéfait de ces réintégrations éclair, y voit la patte des syndicats de police.( Note : Alliance)  Le syndicaliste ajoute quand même : « On partait sur du criminel, là on s'aperçoit qu'on est plutôt sur du disciplinaire. L'emballement du début commence à s'amenuiser. »

« Seule une minorité sont accusés d'enrichissement personnel, soutient Me Frédéric Monneret, qui défend deux des policiers mis en examen. La majorité des policiers sont victimes d'un amalgame et ce qu'il leur est reproché est plus de l'ordre d'une faute déontologique. »

Il incrimine la politique du chiffre et un « laxisme ambiant ». « En l'état de la politique du chiffre, on leur expliquait qu'il ne fallait pas perdre de temps en formalisme quand ils trouvaient des cartouches de cigarettes ou des barrettes de shit », affirme l'avocat. 

Il y a pire : Dans une note en date du 8 février 2012, le commissaire divisionnaire Didier Cristini, chef de la délégation marseillaise de l’IGPN, indiquait que des policiers de la BAC Nord auraient divulgué « auprès du milieu des dealers » l’identité de leur indicateur Lyes Gouasmia, ensuite retrouvé carbonisé dans une voiture brûlée.  Enquête en cours

La hiérarchie policière marseillaise n'a en revanche pas de mots assez durs contre l'un de ceux par qui le scandale est arrivé, Sébastien Bennardo, un ancien de la BAC Nord révoqué en août 2012. C'est une tête dure, du genre à faire des interpellations le vendredi, alors que la consigne à Marseille était de lever le pied avant le week-end », explique de son côté Christophe Pouly, le rapporteur de l'ex-Commission nationale de déontologie de la sécurité que Sébastien Bennardo avait alerté en février 2011

Traduction : faut pas donner  trop de travail aux services de permanence… seulement les malfrats sortent  aussi le vendredi  Faut il les laisser faire ? Ou réorganiser les services avec davantage d’effectifs  pour les rotations confortables ?

Le Procureur de la République de Marseille ne comprend toujours pas pourquoi il n'a pas jamais été alerté par l'ancien directeur départemental de la sécurité publique des Bouches-du-Rhône, Pascal Lalle, depuis promu par Manuel Valls directeur central de la sécurité publique.

Après avoir multiplié les alertes auprès de sa hiérarchie et d'autres instances, comme la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), Sébastien Bennardo a finalement été révoqué le 6 août 2012 pour « insubordination » par un arrêté du ministre de l'intérieur. Il lui est reproché d'avoir relâché un indicateur de la Busserine, en possession de plusieurs barrettes de shit, sans avoir avisé son supérieur direct, en juillet 2011.

…Quand ses collègues se servaient dans les fouilles des interpellés, prélevaient leur dîme sur les butins et les trafics…

 Le 15 octobre 2012, Sébastien Bennardo a déposé plainte pour menace de mort à la police des polices contre X... et contre deux agents de la BAC. « La veille, deux anciens collègues m’avaient menacé devant l’école maternelle de mon fils, raconte Sébastien Bennardo. Ils sont venus me dire : “Fais gaffe à toi, on va te flinguer”. »

Il n'en revient pas que les 17 policiers mis en examen aient repris leur travail. « Eux qui n’ont rien dénoncé ont eu gain de cause, et nous, nous restons punis, au placard, dit-il. On nous a oubliés. Aujourd’hui, plus personne ne parlera, dégun (personne) ! Manuel Valls a gagné ça. »

  3°DEUX SUICIDES ET UNE TENTATIVE EN DEUX JOURS DANS LA POLICE

Après le suicide d'un policier de 23 ans mercredi à Sarcelles, un gardien de la paix a tenté jeudi de se suicider avec son arme de service et est finalement décédé de ses blessures, y a-t-il un malaise dans la police ? Interroge une nouvelle fois la presse.( Les précédents au nombre de trois  c’était à l’automne 2012)

 Tentative à Melun (Seine-et-Marne) :  une adjointe technique de la police scientifique âgée de 53 ans, s'est ouvert les veines dans les locaux de l'antenne de la Police judiciaire et a été hospitalisée, a déclaré Alexandre Langlois, secrétaire général de la CGT police.

Selon le syndicaliste, la fonctionnaire disait faire l'objet de harcèlement moral au travail et plusieurs plaintes avaient été déposées la semaine dernière tandis que la CGT alertait différents échelons hiérarchiques.

et avant hier au commisariat de  Denain (59) un policier de 30 ans a mis fin à ses jours .

A Denain où samedi 6 avril à 15h30 à la maison de quartier TONINI rue Berthelot l'assoication SOSFONCTIONNAIREVICTIME organise une réunion sur la souffrance au travail dans la fonction publique en présence de Nadège GUIDOU auteure du " Malaise dans la Police" et Christophe BELLAN gendarme retraité auteur du "Paria" Débats et dédicaces.

COMMENTAIRES :

 Combien d’autres cas semblables  médiatisés ou non pourrions nous citer,  qui illustrent les mêmes procédés , les mêmes méthodes de management,  les mêmes représailles sur les victimes , les dénonciateurs et leurs témoins. Et pas seulement dans la Police.   

Les mêmes incohérences quand on pense à ce CRS lourdement sanctionné pour avoir simplement évoqué son émotion et le malaise dans la Police dont ces exemples démontrent  pourtant manifestement  l’existence. N’est ce pas disproportionné, injuste ?

Pour cela Vous de l'Administration vous retranchez derrière l’obligation de réserve, cet oripeau sensé protéger auprès des citoyens l’image et la réputation de la Police contre les « mauvaises langues »

Que faites vous alors  contre ceux qui contreviennent activement aux lois et règlements qu’ils sont sensés défendre et faire appliquer et bafouent les principes républicains ? Donnent-ils une bonne image de l’institution ?

Que n’appliquez vous pas la loi qui protège, dixit leur statut,  les fonctionnaires victimes de harcèlement, de discrimination et leurs témoins!

Peut être faudrait il enfin tenir compte de ce que signifie ce nombre grandissant de fonctionnaires qui ne trouvent  remède, soulagement , écoute qu’auprès des médecins et des psychologues et qui s’éternisent dans cette voie, coûteuse à plus  d’un titre,  faute de réponse à leur quête de justice, de considération et de reconnaissance.

La JUSTICE,  pénale ou administrative,  ne pourrait elle pas être plus rapidement rendue quand on voit des procédures s’éterniser des mois et des années parfois.

Et ne pourrait on pas plutôt éviter qu’il y ait motif à y recourir , par une gestion  juste, compréhensive, participative ,  respectueuse des individus, une gestion tout simplement humaine ?     

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