CARTON ROUGE

Les Policiers sont au centre des commentaires et polémiques actuelles ;  il nous faut préciser notre position à tous points de vue :

L’affiche d’info-com CGT énonçait un principe véridique : nous devons protéger les gens, pas les frapper. Si nous devons faire usage de la force il faut des motifs légitimes, que ce soit fait avec discernement  et de façon mesurée, proportionnelle aux attaques.

Il semble que cela n’ait pas été toujours le cas et de nombreux témoignages font état  d’usages abusifs, d’interventions inutilement violentes, de dispositifs inadaptés aux circonstances et aux évènements et de blessés.  Le déni est irresponsable et provocateur.

Il appartient à la justice de déterminer les suites à donner à tous les faits qui lui sont signalés, de poursuivre et de sanctionner leurs auteurs, quels qu’ils soient.

Un policier respectueux des lois et des personnes n’a pas toutefois à se sentir visé par cette image certes brutale mais qui a le mérite de faire réfléchir sur la notion de maintien de l’ordre, de conduite des opérations  et d’emploi  des effectifs. 

Pour autant les Policiers n’ont pas à être  des cibles tant de défoulements aveugles que d’attaques délibérées de la part d’éléments incontrôlés comme ceux qui ont dernièrement  incendié un véhicule de patrouille mettant la vie des fonctionnaires en danger. Pareils actes hautement condamnables  ne peuvent que desservir le mouvement protestataire et exciter  les tenants d’une répression à tout crin.

Nous comptons à ce jour dans les rangs des forces de l’ordre trop de blessés et aussi  trop de surmenés, trop de personnes insuffisamment aguerries. Il doit être remédié à ces dysfonctionnements.

Il devient urgent que le gouvernement prenne la réelle mesure des évènements  et cesse d’exposer la population et les forces de Police ou de Gendarmerie à des violences qui ne peuvent que croitre en intensité et gravité. Le strict respect de la loi s’impose : les manifestations autorisées doivent pouvoir se dérouler de bout en bout sous la protection des forces de l’ordre et seules les infractions caractérisées aux personnes quelles  qu’elles  soient   et aux biens doivent faire l’objet de leur intervention.  

Restaurer la confiance mutuelle nous semble passer par la concertation préalable .Exacerber les tensions de chaque côté ne peut que conduire à une catastrophe.

En cela les rassemblements contre une prétendue haine anti-flic apparaissent comme des postures démagogiques participant à la manipulation de l’opinion publique  et comme du pur racolage politicien.  Les policiers et gendarmes, à tous les niveaux de la hiérarchie,  qui assument correctement leurs missions sont généralement appréciés. Ils n’ont aucun souci à se faire.

L’exploitation médiatique dirigée participe également à l’aggravation du climat social ; une information plus neutre, plus équitable serait souhaitable comme de mettre l’accent sur ce qui rassemble les gens  plutôt que de les monter les uns contre les autres, oubliant au passage d’exposer et d’analyser  les causes profondes des mobilisations.  

Quant aux instances syndicales, administratives,  politiques, gouvernementales  « Errare humanum est, perseverare est diabolicum »  pourraient  leur dire les tenants des citations.

Ce projet de loi El Khomri est mal inspiré, hâtivement et mal ficelé, rejeté par une majorité de gens. Revoir sa copie n’est nullement déshonorant ! L’imposer dans ces conditions : si !

 

Ne négligeons pas le fait qu’Il impacte déjà par certains aspects et certaines dispositions la Fonction publique qui ne tardera pas à faire les frais des diktats libéraux. Emmanuel MACRON ne s'en est pas caché.  Les fonctionnaires ont tout à craindre et je les invite à se solidariser avec les travailleurs du secteur privé et à exprimer leur mécontentement et leurs inquiétudes.

C'était l'expression de l'UFR CGT POLICE . 

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